Nasu no Yoichi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Nasu no Yoichi
那須与一
Nasu no Yoichi, comme dépeint sur un rouleau conservé au musée Watanabe à Tottori
Nasu no Yoichi, comme dépeint sur un rouleau conservé au musée Watanabe à Tottori

Naissance env. 1169
Décès env. 1232 (à 64 ans)
Kōbe (Japon)
Allégeance Clan Minamoto
Conflits Guerre de Genpei
Faits d'armes Bataille de Yashima

Nasu Yoichi (那須与一?) (env. 1169 - env. 1232) ou de son nom complet, Nasu no Suketaka Yoichi, était un samouraï de la fin de l'époque de Heian (794 – 1185) qui doit sa célébrité à un haut fait militaire de la guerre de Genpei relaté dans le Heike Monogatari.

Naissance d'un héros historique[modifier | modifier le code]

Selon « Le Dit des Heike », une épopée du Japon médiéval narrant la lutte pour le pouvoir de deux clans rivaux : les Genji (ou Minamoto) et les Heike (ou Taira), à la bataille navale de Yashima en 1185, un archer de la province de Shimotsuke[n 1], Nasu no Yoichi, relève victorieusement un défi. D'une seule flèche, le samouraï, qui s'est avancé dans la mer aux ordres de Minamoto no Yoshitsune, atteint au loin le centre d'un éventail attaché au mât d'une embarcation dans laquelle se tient debout, malgré le tangage qui agite le bateau, une dame au service des Heike[2]. Cet éventail était censé protéger des flèches ennemies les navires de la flotte des Heike — selon l'historien Stephen Turnbull, le but de la manœuvre était de faire gaspiller de précieuses flèches aux Minamoto[3] ; selon Jonathan Clements, les Taira voulaient inciter le téméraire Yoshitsune à se découvrir[4]. Cet exploit fonde la légende du modeste guerrier du clan Genji, et les débris de la cible mouvante qui disparaissent dans les flots marins annoncent la chute de la famille Heike et la fin de l'époque de Heian (794 – 1185)[6],[2].

Après la guerre de Genpei[modifier | modifier le code]

Une fois la guerre de Genpei terminée et le clan Taira vaincu, le nouveau shogun Minamoto no Yoritomo le récompense en le faisant daimyō du château de Tottori, mais il perd cette position après avoir été battu par Kagetoki Kajiwara dans une compétition de chasse. Il quitte alors la province d'Echigo, et, après la mort de Yoritomo, devient moine bouddhiste au sein de la secte Jōdo shin.

On suppose qu'il est mort en 1232, à l'âge de 64 ans, au cours d'une cérémonie tenue à Kōbe en l'honneur des morts de la guerre de Genpei.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En 1871, la province de Shimotsuke a été découpée en deux préfectures : les préfectures de Tochigi et Utsunomiya, fusionnées cinq ans plus tard en une seule entité préfectorale : la préfecture de Tochigi[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ja) Asahi Shinbun, « 下野国 » [« Shimotsuke »], sur Kotobank (consulté le 25 janvier 2017).
  2. a et b (en) Burton Watson (préf. Haruo Shirane), The tales of the Heike [« « Le Dit des Heike » »], New York, Columbia University Press, coll. « Translations from the Asian classics », , 216 p. (ISBN 0231510837, OCLC 614995312), p. 126-130.
  3. Turnbull 2000, p. 214.
  4. (en) Jonathan Clements, A Brief History of the Samurai the True Story of the Warrior, Londres, Constable & Robinson, (1re éd. 2010), 160 p. (ISBN 9781472107725, OCLC 897025494), p. 82-83.
  5. Michaël Ferrier, Fukushima : récit d'un désastre, Paris, Éditions Gallimard, , 308 p. (ISBN 9782072481475, OCLC 937883909), p. 57-59.
  6. Ce haut fait militaire de la guerre de Genpei (1180 - 1185) est rapporté par l'écrivain Michaël Ferrier dans son livre Fukushima, récit d'un désastre[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :