Nancy Storace

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Nancy StoraceAnna Selina Storace
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Portrait de Nancy Storace par Pietro Bettelini

Naissance
Londres,
Décès (à 51 ans)
Londres
Activité principale Artiste lyrique
Soprano
Style Opéra
Lieux d'activité Vienne (Autriche) puis Londres
Années d'activité 1773 - 1808
Collaborations Mozart, Salieri, Joseph Haydn
Maîtres Antonio Sacchini
Conjoint John Abraham Fisher
Famille frère Stephen Storace

Répertoire

Nancy Storace, née Ann (ou Anna) Selina Storace à Londres le et morte à Dulwich le , est une chanteuse d’opéra (soprano).

Connue maintenant sous son sobriquet de « Nancy » que lui donnait son ami Michael Kelly, elle signait sa correspondance avec « Ann », « Anna » ou « AS ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Stefano, est un contrebassiste d’origine napolitaine et sa mère, Elizabeth Trusler, la fille du propriétaire des jardins d'agréments de Marylebone.

En 1773, elle débute au concert à Southampton ; elle n'a « pas encore huit ans », selon les annonces parues dans la presse[1]. Elle prend des leçons de chant auprès du castrat Venanzio Rauzzini, qui la fait débuter au King's Theatre le 29 février 1776 dans son opéra, Le Ali d'Amore.

En 1778, elle part en Italie avec ses parents, rejoindre son frère, le futur compositeur, Stephen Storace, qui suit un enseignement à Naples.

Elle fait ses débuts lyriques italiens dans un opera seria, en chantant un rôle de seconda donna dans Castore e Polluce de Bianchi (Florence, 10 septembre 1779). Elle change rapidement de répertoire et chante désormais les premiers rôles d'opera buffa à Florence, Lucques, Livourne, Parme, Turin… et Venise. En 1782, elle crée l'un des opéras les plus populaires du XVIIIe siècle, Fra i due litiganti de Giuseppe Sarti à la Scala de Milan en 1782.

En 1783, elle est engagée au Théâtre Impérial de Vienne (Burgtheater) où l'empereur Joseph II a formé une troupe d'opera buffa. Jusqu'à son départ, en février 1787, elle y créera une vingtaine d'opéras[2].

Elle crée le rôle de Suzanne des Noces de Figaro de Mozart le . Mozart composa pour elle l'air Ch'io mi scordi di te?, K. 505, avec accompagnement concertant de piano, parfois considéré comme une véritable déclaration d'amour du compositeur à son interprète[3]. Cet air a été joué lors du concert d'adieu de Nancy Storace à Vienne le , comme l'a par la suite écrit l'élève de Mozart Thomas Attwood[4].

Le 29 mars 1784, elle épouse le violoniste et compositeur anglais John Abraham Fisher. Le mariage est désastreux car son mari la maltraite. Après quelques mois de mariage, ils vivront séparés. Leur fille, Josepha, ne vivra que quelques mois.[5]

En 1787, Nancy retourne en Angleterre où elle chante au King’s Theatre jusqu’à sa destruction par un incendie en 1789. Elle y récolte un immense succès et se produit également au concert et dans des oratorios, aussi bien à Londres qu'en province. En 1789, elle est engagée au théâtre de Drury Lane où son frère Stephen est compositeur. Elle réussit parfaitement sa reconversion, bien que certains l'accusent d'avoir un accent italien.

En 1796, elle quitte Drury Lane à la mort de Stephen. En août 1797, elle entame une tournée européenne (Paris, Italie, Allemagne) avec son compagnon, le ténor John Braham. Elle lui donnera un fils, William Spencer Harris, né en 1803.

À leur retour en Angleterre, elle suit son amant à Covent Garden (1801-1805) puis à Drury Lane (1805-1808) d'où elle prend sa retraite en 1808, ses détracteurs critiquant une femme devenue très grosse avec une voix bien abîmée. Mais sa popularité ne se démentira pas, tout du long de sa carrière. Nancy Storace est l'une des interprètes les plus célèbres de son temps, dont le renom est relayé par les journaux, ses portraits, les caricatures ou les imitations qu'on en fait, etc.[6]

En 1815, elle est très affectée par l'infidélité de John Braham, qui s'enfuit avec une femme mariée. Leur séparation, houleuse, est arbitrée par l'architecte John Soane, leur ami commun. Les lettres témoignant de cette séparation se trouvent toujours dans les archives de l'architecte [7]. Nancy Storace meurt dans sa demeure d'Herne Hill, près de Londres. Elle a été enterrée à St Mary at Lambeth à Londres[8]. Une partie de sa plaque commémorative y est toujours visible. (Une aquarelle témoigne du soubassement et du soubassement qui ont désormais disparus.[9]

Mozart et Haydn[modifier | modifier le code]

La cantatrice eut des relations amicales avec les deux compositeurs.

En plus de Susanna, Mozart pensa également à Nancy Storace pour le personnage d'Eugenia dans Lo Sposo Deluso ; resté inachevée, l’œuvre n'est datable que la mention de l'interprète appelée "Mme Fisher". Il participa à la cantate Per la ricuperata salute di Ofelia (K. 477a) co-écrite avec Salieri et un certain Cornetti, en 1785[10]. Pour son récital d'adieu viennois du 23 février 178, il lui écrit une grande scène avec clavier obligé, « Ch’io mi scordi di te ? » (KV. 505).

Haydn révisa à son intention le rôle d'Anna dans son oratorio Il Ritorno di Tobia pour les concerts donnés les 28 et 30 mars 1784 à Vienne. Il écrira également à son intention la cantate Miseri noi misera patria, Hob XXIVa. 7, qu'elle chantera sans doute à Londres. Bien que le nom de Storace soit attaché à celui de Mozart, elle chanta davantage la musique de Haydn.[11]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Betty Matthews, The Childhood of Nancy Storace, , p. 735
  2. (en) Dorothea Link, Arias for Nancy Storace. Mozart’s First Susanna., (lire en ligne), xiv–xvi.
  3. Alfred Einstein, Mozart, l’homme et l’œuvre., Paris, 1991. (rééd.), p. 469-470
  4. (en) Cliff Eisen, New Mozart Documents. A Supplement to O. E. Deutsch’s Documentary Biography., Standford, , p. 39 (n°64).
  5. (de) « Michael Lorenz, Review of Melanie Unseld: Mozarts Frauen. Begegnungen in Musik und Liebe., Mozart-Jahrbuch 2007/08. Bärenreiter, Kassel etc., 2011, p. 228 »,
  6. Emmanuelle Pesqué, Nancy Storace, muse de Mozart et de Haydn, E. Pesqué (CreateSpace), , 510 p. (ISBN 9782956041009, lire en ligne), p. 353-380
  7. (en) « Sir John Soane's Museum »
  8. (en) « Find a Grave »
  9. (en) « Memorial To Nancy Storace, St Mary's Church, Lambeth », sur Lambeth Landmark (consulté le 7 avril 2017)
  10. « Per la ricuperata salute di Ofelia (Mozart, Salieri, Cornetti) », sur Nancy Storace (1765-1817) Anna Selina, L'Italiana in Londra, (consulté le 30 septembre 2016)
  11. « Ann Selina (Nancy) Storace (1765-1817) », sur Forum Haydn,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • PESQUE, Emmanuelle, Nancy Storace, muse de Mozart et de Haydn. [CreateSpace] 2017
  • BRACE, Geoffrey, Anna... Susanna. Anna Storace, Mozart’s first Susanna: Her Life, Times and Family. London, 1991.
  • LINK, Dorothea, Arias for Nancy Storace. Mozart’s First Susanna. Middleton, 2002
  • MATTHEWS, Betty, « The Childhood of Nancy Storace » dans Musical Times, 110, n° 1517 (1969), p. 733-735.
  • Mozart, les airs de concert, Avant-Scène Musique, avril-juin 1984, nº 2

Liens externes[modifier | modifier le code]