Moufette
Mouffette, Sconce, Skunk
l'appellation « Moufette » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Taxons concernés
Dans la famille des Méphitidés,
espèces des genres :
Moufette, ou Mouffette, est un nom vernaculaire ambigu en français désignant différentes espèces de mammifères carnivores de la famille des Méphitidés. Les moufettes sont des animaux caractéristiques par leur apparence semblable à celle des mustélidés comme les belettes ou les putois, mais pourvus d’un pelage généralement entrecoupé de noir et de blanc et caractérisées par leur glandes anales émettant une forte odeur. L’espèce nominale est la moufette rayée (Mephitis mephitis).
Définition
[modifier | modifier le code]Dans la plupart des dictionnaires de langue française généraliste définissent la moufette comme un petit mammifère carnivore originaire d’Amérique du Nord au pelage soyeux et estimé, mais sont considérées comme faisant partie de la famille des mustélidés[1],[2],[3].
Synonymes et étymologie
[modifier | modifier le code]Le mot « moufette » apparaît au XVIIIᵉ siècle et dérive de l’ancien terme « mofette », qui désignait une émanation de gaz toxique. Cette appellation fait référence à la sécrétion malodorante de l’animal[3]. Le terme a également été influencé par le napolitain mufeta, variante de l’italien moffetta, lui-même issu de muffa, signifiant « odeur fétide »[2].
En français, le terme moufette peut s’orthographier avec deux f ou s’écrire et se prononcer mofette[3]. Le mot possède également les synonymes de Sconce ou l’anglicisme Skunk[2], principalement utilisés dans le commerce de la fourrure de cet animal.
Le mot skunk date des années 1630, adapté d'une langue algonquienne du sud de la Nouvelle-Angleterre (probablement l’Abenaki) seganku, issu du Proto-algonquien *šeka:kwa, dérivé de *šek- « uriner » + *-a:kw « renard »[4].
En zoologie
[modifier | modifier le code]Les moufettes font toute partie de la famille des méphitidés, certaines sources avaient l’habitude de désigner vulgairement cette famille sous ce terme. Cependant, les espèces du genre Mydaus, les télagons, en raison du fait qu’ils ont été classés à part pendant longtemps, à cause de leur aspect atypique et de leur répartition géographique bien différente de celle des autres espèces, ne sont pas vraiment considérés comme des moufettes, bien que l’espèce du télagon de Java le fut dans un premier temps[5]. Des études récentes ont montré que les moufettes et les télagons étaient séparés par 20,7 millions d’années d’évolution[6].
Liste des espèces
[modifier | modifier le code]Les dictionnaires définissent les moufettes comme appartenant au genre Mephitis, Conepatus et Spilogale[2]. Seul le télagon de Java fut désigné comme une moufette au cours de son histoire. Ce tableau présente les noms attestés en français, ainsi que des synonymes scientifiques désignés sémantiquement sous le nom de « Moufette » (Mephitis), selon Mammal Diversity Database (16 décembre 2025)[7]
| Genre | Espèce | Noms vernaculaires | Noms scientifiques |
|---|---|---|---|
| Mephitis | Mephitis mephitis (Schreber, 1776) |
Moufette rayée[8] | Liste
|
| Mephitis macroura Lichtenstein, 1832 |
moufette à capuchon[8] |
Liste
| |
| Conepatus | Conepatus leuconotus (Lichtenstein, 1832) |
Moufette à dos blanc[8] Moufette orientale à nez de cochon[10] |
Liste
|
| Conepatus semistriatus (Boddaert, 1785) |
Moufette d’Amazonie[8] | Liste
| |
| Conepatus amazonicus (H. Lichtenstein, 1838) |
Liste
| ||
| Conepatus humboldtii Gray, 1837 |
Moufette de Patagonie[12] Moufette à nez de cochon[13] |
||
| Conepatus chinga (Molina, 1782) |
Moufette de Molina[8] Moufette de Gibson |
Liste
| |
| Spilogale | Spilogale putorius (Linnaeus, 1758) |
Moufette tachetée[8] Moufette tachetée du Mexique |
Liste
|
| Spilogale gracilis Merriam, 1890 |
Moufette tachetée occidentale Moufette gracile[8] |
| |
| Spilogale angustifrons Howell, 1902 |
Moufette de Howell[8] | - | |
| Spilogale pygmaea Thomas, 1898 |
Moufette naine[8] | ||
| Mydaus | Mydaus javanensis (Desmarest, 1820) |
Moufette de Java[5] |
|
La moufette et l’Homme
[modifier | modifier le code]Histoire
[modifier | modifier le code]En 1634, la moufette est décrite par les Relations des Jésuites :
« L'autre est un animal basset, de la grandeur des petits chiens, ou d'un chat ; ie lui donne place ici, non pour son excellence, mais pour en faire un symbole du péché ; i'en ay veu trois ou quatre. Il est d'vn poil noir assez beau et luisant, il porte sur son dos deux rayes toutes blanches, qui se ioignans vers le col et croche de la queuë, font une ouale qui luy donne tres belle grace ; la queuë est touffuë et bien fournie de poil, comme la queuë d'vn Regnard, il la porte retroussée, comme vn Escurieux, elle est plus blanche que noire : vous diriez à l'œil notamment quand il marche, qu'il meriteroit estre nommé le petit chien de Iupiter ; mais il est si puant, et iette vne odeur si empestée, qu'il est indigne d'estre appellé le chien de Pluton, il n'y a voirie si infecte ; ie ne l'aurois pas creu si ie ne l'auois senty moy mesme, le cœur vous manque quasi quand vous en approchez. On en a tué deux dans nostre court ; plusieurs iours apres il sentoit si mal par tout nostre maison, qu'on n'en pouuoit supporter l'odeur. Ie croy que le peché que sentit saincte Catherine de Sienne, deuoit estre de mesme puanteur[14]. »
Remèdes aux émanations malodorantes
[modifier | modifier le code]Malgré la croyance populaire, le remède aux émanations mouffettières (un bain de jus de tomate) ne contribue qu'à masquer l'odeur[réf. nécessaire]. Il existe sur le marché des crèmes et des onguents spéciaux contre les émanations mouffettières.
Paul Krebaum, un chimiste de l’Illinois, a mis au point une formule anti-odeurs. Il cherchait initialement à éliminer de son laboratoire des odeurs fétides dues aux thioalcools (alcools et phénols sulfurés) produits naturellement et souvent créés lors de la dégradation des protéines. À base d'eau oxygénée, de bicarbonate de soude et de savon, sa formule facilite la liaison des molécules d’oxygène avec les thiols, neutralisant ainsi leur odeur[2].
Paul Krebaum refusa de breveter sa formule et la publia en octobre 1993 dans Chemical and Engineering News.
La voici adaptée aux animaux de compagnie[2] :
- Un litre d’eau oxygénée (peroxyde d'hydrogène 3 %) ;
- 1⁄4 de tasse (62,5 grammes) de bicarbonate de sodium (levure chimique / soda à pâte) ;
- Une cuillère à café (5 ml) de savon liquide à vaisselle.
Confusion avec d’autres espèces
[modifier | modifier le code]La mouffette est très souvent confondue avec le putois dans les bandes dessinées (comme Gaston Lagaffe[15]) et les dessins animés (comme Fleur dans Bambi et Bambi 2 de Walt Disney Pictures, Pépé le putois chez Warner Bros., Stella dans Nos voisins, les hommes de DreamWorks, ou Fifi dans Les Tiny Toons), mais ces deux espèces sont membres de familles différentes : la mouffette (famille des méphitidés) est rayée de noir et de blanc alors que le putois (famille des mustélidés) est brun. Dans le dessin animé Candy, la mouffette qui accompagne Monsieur Albert s'appelle Bup.
Dans certains dialectes du sud des États-Unis, le terme putois polecat est parfois utilisé comme un terme familier pour désigner une l’animal[16].
Autres utilisations
[modifier | modifier le code]- Le Skunk est une variété de Cannabis
- Skunk est un liquide nauséabond utilisé comme arme pour dissiper les foules
- Moufette est le nom d'une streameuse de la Zawa Prod
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Skunk » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « Mouffette », sur CNRTL, consulté le 15 décembre 2025
- « Moufette », sur Larousse, consulté le 15 décembre 2025
- « Moufette », sur Dictionnaire de l'Académie française, consulté le 15 décembre 2025
- ↑ (en) « skunk (n.) », sur Online Etymology Dictionary, consulté le 18 mars 2021
- « Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, etc. », sur Biodiversity Heritage Library, Chez Deterville, 1816–1819 (OCLC 5723864, LCCN 06002713, DOI 10.5962/bhl.title.20211, consulté le )
- ↑ Katrin Nyakatura, Olaf R. P. Bininda-Emonds, « Updating the evolutionary history of Carnivora (Mammalia): a new species-level supertree complete with divergence time estimates », BMC Biology, vol. 10, (DOI 10.1186/1741-7007-10-12)
- ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le 16 décembre 2025.
- (en) Amy Chernack (dir. et Project Co-ordinator), Normand David et Michel Gosselin (French common names) (ill. Lluis Sogorb), All the Mammals of the World, Barcelone, Lynx Nature Books, , 800 p., 24 × 31 cm / 4,6 kg (ISBN 978-84-16728-66-4, présentation en ligne), p. 681
- Priscilla Barrett et Luke Hunter (trad. de l'anglais), Guide des Carnivores du monde, Paris, Delachaux et Niestlé, coll. « Les guides du naturaliste », , 240 p. (ISBN 978-2-603-01856-9)
- ↑ Mustélidés
- ↑ Thèse vétérinaire de Maison Alfort
- ↑ Règlement modifiant le Règlement sur le commerce d'espèces animales et végétales sauvages
- ↑ Selon la liste des espèces CITES (Voir [PDF] La liste en ligne, page 77/310)
- ↑ Jésuites, Relations des Jésuites contenant ce qui s’est passé de plus remarquable dans les missions des Pères de la Compagnie de Jésus dans la Nouvelle-France, Québec, Augustin Coté, (présentation en ligne), p. 212
- ↑ Dans l'album n° 10 de Gaston Lagaffe, Le Géant de la gaffe (p. 23), une mouffette est représentée en pleine nature, alors que la scène se passe vraisemblablement dans la campagne belge. Les protagonistes la prennent pour un putois, même s'ils n'emploient pas explicitement ce nom.
- ↑ (en) « Skunk Fact Sheet », sur The Georgia Department of Natural Resources Wildlife Resources Division
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :