Monotrope sucepin

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Monotropa hypopitys

Le Monotrope sucepin (Monotropa hypopitys), est une plante de la famille des Éricacées selon la récente classification phylogénétique. Cette espèce vie en symbiose avec des champignons basidiomycètes.

Description[modifier | modifier le code]

Cette plante charnue peut atteindre une hauteur de 10 à 40 cm, avec une seule tige non ramifiée et poilue ; toutes les parties de la plante sont d'un blanc pâle jaunâtre parfois teinté de rougeâtre. Ses feuilles sont réduites à des écailles de 5 à 10 mm de long, qui recouvrent la plus grande partie de la tige. Ses fleurs sont pendantes, de 9 à 12 mm de long, réunies en grappes de 2 à 10 vers le sommet de la tige, toutes tournées du même côté. Elle fleurit entre le début de l'été et le début de l'automne ; les plantes qui fleurissent en été sont plutôt jaunes, tandis que celles qui fleurissent en automne sont plus souvent rougeâtres. Avant la floraison, avec l'orchidée Épipogon sans feuilles, à la tige plus grêle[1].

Article détaillé : Mycohétérotrophie.

Contrairement à la plupart des plantes, le Monotrope sucepin ne contient pas de chlorophylle et n'utilise donc pas la photosynthèse; elle est myco-hétérotrophe, tirant son alimentation par symbiose avec des champignons, spécifiquement les Tricholomes. Ces champignons forment des ectomycorhizes sur les racines des arbres et des mycorhizes particulières appelées « monotropoïdes », avec les racines des Monotropes. Ces tisssus conduisent ainsi les produits de la chlorophylle des arbres vers les Monotropes. Leur nom français « suce-pin » est donc tout à fait approprié. Ceci lui permet de vivre dans des conditions de très faible luminosité, dans les sous-bois de forêts denses[2].

Écologie et distribution[modifier | modifier le code]

Le Monotrope sucepin est originaire des régions tempérées de l'hémisphère nord. En France, il est assez commun sur le territoire métropolitain excepté la Bretagne, le Sud-Ouest et la Corse. Cette espèce est présente de l'étage collinéen à subalpin[1].

Monotropa hypopitys est une espèce d'ombre voire de demi-ombre. Ses préférences édaphiques sont très larges : elle se développe sur les sols secs à frais, au pH basique à acide, à litière plus ou moins épaisse et à humus plus ou moins inactif. Elle vit dans les hêtraie-chênaie, les pinèdes, pessières, sapinières et mélèzin[1].

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • Monotropa hypopitys subsp. hypopitys (L., 1753)[3] ; le Monotrope sucepin type, sous conifères.
  • Monotropa hypopitys subsp. hypophegea (WALLR.) HOLMOBOE 1922[4] ; le « Monotrope du hêtre », presque entièrement glabre, sous chênes[1].

Usages[modifier | modifier le code]

Monotropa hypopitys est une plante pectorale qui fut utilisée contre la coqueluche[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e JC Rameau, D Mansion, G Dumé, Flore forestière française tome 2 : Montagnes, Institut pour le développement forestier, 1999, ISBN 978-2904740411
  2. Jean Garbaye, La symbiose mycorhizienne, une association entre les plantes et les champignons, Éditions QUAE, 2013, ISBN 9782759219636
  3. (fr) Référence INPN : Monotropa hypopitys hypopitys (L., 1753)
  4. (fr) Référence INPN : Monotropa hypopitys hypophegea (Wallr.) Holmboe, 1922