Mohamed Deriche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Deriche.

Bachagha Mohamed Deriche
Illustration.
Bachagha Mohamed Deriche
Fonctions
Bachagha du Khachna
Caïd du Khachna
Biographie
Nom de naissance arabe : محمد دريش
kabyle : Moⵀⴰⵎⴻⴷ ⴹⴻⵔⵉⵛⵀⴻ
Date de naissance
Lieu de naissance Souk El Had, Daïra de Thénia, Wilaya de Boumerdès, Basse Kabylie, Algérie.
Date de décès
Lieu de décès Boudouaou, Daïra de Boudouaou, Wilaya de Boumerdès, Basse Kabylie, Algérie.
Nationalité Algérienne
Père Ali Deriche (1850-1928)
Profession Agriculteur, Caïd, Bachagha.
Religion Islam, Sunnisme, Malikisme.
Résidence Département d'Alger, Algérie.
Site web www.thenia.net

Mohamed Deriche (1888-1960) est un bachagha kabyle natif de Souk El Had dans le Département d'Alger durant l'Algérie française[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

Mohamed Deriche est né dans le douar kabyle des Aïth Hamadouche en 1865[2].

Les Aïth Hamadouche sont une tribu berbère dont le village est situé sur la partie septentrionale du massif du Khachna et qui surplombe l'Oued Isser[3].

Son père est Ali Deriche, agriculteur à Béni Amrane, et son grand-père est Mohamed Deriche, ancien Zouave[4].

Mohamed est ainsi originaire de la région du Khachna qui fait partie de la Basse Kabylie qui s'étend de Oued Sebaou jusqu'à l'Oued Mazafran[5].

Le patronyme Deriche a été attribué à la famille de Mohamed par les Bureaux arabes lors de l'établissement de l'État civil indigène d'Algérie à l'époque du gouverneur Louis Tirman.

Ce nom Deriche est soit une modification du nom arabe Derviche, soit une signification d'opulence française « De Riche »[6].

Caïdat[modifier | modifier le code]

Mohamed Deriche a été nommé dans le caïdat à partir de 1919 jusqu'à sa retraite en 1946[7].

Il a ainsi été caïd du Khachna qui était une partie du Canton de Ménerville[8].

Le caïd Mohamed Deriche siégeait au Conseil municipal de Ménerville et était secondé par un Comité indigène de conseillers municipaux dont les membres étaient Rabah Maref, Dahmane Deriche, Rabah Timizar, Hocine Fazez, Mohamed Amraoui, Lounès Deriche et Ahmed Deriche[9].

Ce caïd assistait aux réunions administratives, électorales et festives qui se déroulaient au niveau de la mairie de Ménerville en 1931 et 1932[10].

Mohamed Deriche a eu à collaborer avec les maires César Boniface et Jérôme Zévaco[11].

Activités[modifier | modifier le code]

Le caïd Mohamed Deriche veillait à la paix et la sérénité dans les Douars du Khachna[12].

C'est sous la tutelle du juge de paix du tribunal de Ménerville que Mohamed Deriche avec le cheikh Mohamed Seghir Boushaki, aidés par des agents français, arrivaient à élucider beaucoup de tracasseries et de faits divers[13].

Propriétés[modifier | modifier le code]

Mohamed Deriche a reçu la Médaille d'honneur du travail à plusieurs reprises. La Médaille de vermeil avait été décernée en 1913 au père de Mohamed Deriche qui comptabilisait plus de 30 ans de services agricoles depuis 1880[14].

L'administration coloniale française a attribué à Mohamed Deriche d'autres biens agricoles, immobiliers et fonciers dans plusieurs communes du Département d'Alger[15].

Mouvement nationaliste[modifier | modifier le code]

De par sa position politique, Mohamed Deriche avait des relations privilégiées avec l'Association des oulémas musulmans algériens dès sa création en 1931.

Il recevait Mohamed Bachir El Ibrahimi chez lui à Ménerville et l'accompagnait à la zaouïa d'Aïth Hamadouche dans les hauteurs du Souk El Had dans le col des Aïth Aïcha pour recevoir les conseils réformateurs en religion et en politique. L'imam prédicateur de cette zaouïa était à l'époque Mohamed Boushaki (1876-1950) dont l'oncle Mohamed Seghir Boushaki (1869-1959) était le cheikh El Ferka des Aïth Aïcha et un conseiller municipal à la mairie de Ménerville.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

C'est le petit-fils de Mohamed Deriche, Lyès Deriche, qui abrita dans sa villa dans la commune algéroise du Clos-Salembier la réunion du Groupe des 22 baptisé Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA)[16].

Le , dans la modeste villa appartenant à Lyès Deriche, vingt-deux Algériens se sont prononcés pour la révolution illimitée jusqu'à l'indépendance totale. Ils étaient tous des anciens de l'Organisation spéciale qui ont été convoqués dans la deuxième quinzaine de [17]. Beaucoup parmi eux étaient issus de familles où il y avait des caïds et des bachaghas, et qui avaient étudié dans les écoles de l'Association des oulémas musulmans algériens[18],[19].

Lyès Deriche, ami de Zoubir Bouadjadj, était un ancien militant du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques qui avait exploité la notoriété de sa famille pour tisser un réseau révolutionnaire clandestin en Basse Kabylie. Il a accueilli Mohamed Boudiaf qui était le responsable révolutionnaire d'Alger, et avait préparé le repas pour les participants à la réunion historique[20]. Vers midi, le propriétaire de la maison, Deriche, invita les présents à un couscous, et après une petite pause, ils revinrent au travail[21].

Algérie indépendante[modifier | modifier le code]

C'est le fils de Mohamed Deriche, Dahmane Deriche, qui a été chargé de représenter l'ancienne commune de Souk El Had au sein de la délégation spéciale responsable de la nouvelle commune de Ménerville après la proclamation de l'indépendance algérienne en 1962[22].

Dahmane gérait auparavant une exploitation agricole à Souk El Had et maintenait une relation intime avec le mouvement nationaliste Algérien.

C'est par l'arrêté du 21 août 1962 paru dans le Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire que le préfet d'Alger Nadir Kassab a nommé Dahmane Deriche à ce poste administratif[23].

Dahmane sera commissaire politique du FLN pour la période post-coloniale en Basse Kabylie.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]