Memnon de Rhodes

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Memnon de Rhodes est le chef des mercenaires grecs au service de l'empire des Achéménides lors de la conquête d'Alexandre le Grand.

Memnon est né probablement vers 380 av. J.-C. et il entre, avec son frère aîné Mentor, au service du satrape de Phrygie et de l'Hellespont, Artabaze, en révolte contre Artaxerxès III. Mentor et Memnon doivent conduire son armée. Pour conclure cet accord Artabaze épouse la sœur des deux mercenaires et Mentor épouse Barsine la fille du satrape en 355 av. J.-C.. Battu en 354 av. J.-C. par les troupes d'Artaxerxès III, Mentor s'enfuit en Égypte tandis qu'Artabaze, Barsine et Memnon se réfugient auprès du roi de Macédoine Philippe II, à Pella où ils reçoivent un bon accueil.

En 343 av. J.-C. Mentor entre au service d'Artaxerxès III par un retournement de situation qui n'a rien d'exceptionnel à l'époque, et joue un rôle important dans la reconquête de l'Égypte par les Perses. Il obtient les pardons pour son beau-père Artabaze et son frère Memnon. Ceux-ci, de retour dans l'empire, donnent des indications précieuses sur les projets de Philippe II et sur le danger que constitue la Macédoine. C'est à cette époque que Barsine donne le jour à une fille qui deviendra la femme de Néarque. En 340 av. J.-C., Mentor meurt et Memnon épouse Barsine. Il est chargé en 337/336 av. J.-C. de repousser l'offensive de Parménion en Asie mineure, qu'il contraint à se réfugier dans Abydos (335 av. J.-C.). Parménion ne reçoit pas de renforts dans un premier temps parce qu'Alexandre est occupé sur ses frontières du nord et en Grèce. Mais quand en 334 av. J.-C. Alexandre débarque en Asie, Memnon propose d'éviter le combat et de pratiquer la politique de la « terre brûlée » devant lui. Il est persuadé, sans doute à juste titre, que le faible approvisionnement dont disposent les Macédoniens va les contraindre à rebrousser chemin. Arsitès refuse ce plan et les Perses sont battus à la bataille du Granique.

À l'automne -335, les cités grecques se révoltent contre la politique de Darius III Codoman qui, par l'intermédiaire de Memnon, reconquiert les territoires pris par Parménion à la fin du règne de Philippe, et tente en même temps de susciter une révolte en Grèce sur les arrières macédoniens en répandant la rumeur de la mort d'Alexandre (Memnon compte sur une révolte des Grecs et prend contact avec le roi Agis III de Sparte et les factions aristocratiques de diverses cités hostiles à Alexandre). La nouvelle déclenche la rébellion de Thèbes que promettent d'aider Athènes et Sparte. La riposte d’Alexandre est foudroyante, impitoyable, mais Alexandre épargne Athènes grâce à une intervenion de Démade, tandis que la ville de Thèbes est entièrement rasée (automne -335) à l’exception de la citadelle de la Cadmée, de la maison natale de Pindare (par égard pour sa réputation, sa gloire et ses relations avec les rois de Macédoine) et des temples des dieux ; sa population est réduite en esclavage et les terres partagées entre les vainqueurs[1]. Memnon tente alors de résister à l'avance d'Alexandre ; il ne peut sauver Milet, mais réussit à résister dans la citadelle assiégée d'Halicarnasse, qu'il incendie (été 334 av. J.-C.)[2]. Nommé commandant en chef par Darius III à l'hiver -334, il s'oppose sur mer au général Antipatros, cherchant à utiliser sa flotte pour s'emparer des îles Égéennes et couper le ravitaillement de l'armée Macédonienne, dont c'est le point faible. Memnon reprend Cos et Chios[3] et entreprend le siège de Mytilène sur l'île de Lesbos, mais meurt de fièvres au début de 333 av. J.-C.. Ce décès est un soulagement pour Alexandre car les successeurs de Memnon, Autophradatès ou Thymondas ou encore Pharnabaze III par exemple, ne se révèlent pas à sa hauteur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Justin, Abrégé des Histoires philippiques de Trogue Pompée, Livre XI
  2. La ville ne se relèvera jamais vraiment du siège
  3. Aristonicos et Pharnabaze, tous deux satrapes, y sont faits prisionniers