Meero

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Meero
logo de Meero

Création [1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Thomas Rebaud (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société par actions simplifiée[2]Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Direction Thomas Rebaud (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité Activités photographiques (d) et activités photographiques (d)[3]Voir et modifier les données sur Wikidata
SIREN 800523664[3]Voir et modifier les données sur Wikidata
TVA européenne FR93800523664Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.meero.comVoir et modifier les données sur Wikidata

Meero est une start-up française fondée en 2014. C'est une place de marché spécialisée dans la sous-traitance photographique : les photographes sont des indépendants, mis à contribution à des tarifs qu'elle impose. La société revendique une activité dans une centaine de pays. Son mode de fonctionnement est critiqué en raison de l'ubérisation du métier de photographe qu'il induit.

Historique[modifier | modifier le code]

Créée en 2014[4],[5] par Thomas Rebaud[6] et Guillaume Lestrade, Meero propose une plateforme de mise en relation entre photographes et entreprises. Elle souhaite développer via une fondation une suite d'outils (comptabilité, CRM, marketing) aux photographes, dans la gestion de leur activité.

En , la start-up réalise une levée de fonds de 205 millions d'euros[7], soit une levée de fonds record de la French Tech, selon Les Échos[8], afin de décupler les services et investir massivement dans la construction d'une communauté[7]. D'ici la fin 2020, Meero devrait employer 1 200 personnes dans ses cinq bureaux. La start-up revendique 58 000 photographes inscrits[7].

Positionnement sur le marché[modifier | modifier le code]

À la suite de sa levée de fonds, l'entreprise a été qualifiée de licorne[9] par de nombreux médias français[10],[11] et internationaux[12]. Meero fait également partie du Next40. La robustesse de son modèle économique a toutefois été jugé floue, aussi bien lors de son démarrage[13] qu'après sa seconde levée de fonds[14].

Cette société revendique une postproduction informatisée, et donc rapide[15], et un service de retouche automatique piloté par une technologie d'intelligence artificielle développée en interne[16], ce qui fait réagir la profession, attachée au regard spécifique de chaque photographe : « Ils vendent une solution visuelle uniforme »[17].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Thomas Rebaud a reçu le prix EY de la start-up 2019 pour la région Île-de-France[18], et le prix national de l'Entrepreneur 2019 dans la catégorie start-up[19].

Critique du mode de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Meero est qualifiée par certains professionnels d'« Uber de la photo » en raison des tarifs bas pratiqués par cette société auprès des photographes non salariés qu'elle emploie comme prestataires[20],[17],[21],[22]. Cette expression, « Uber de la photo », est utilisée également par son président, Thomas Rebaud, dans une interview au journal Les Échos.

Les responsables de la société sont accueillis par les photographes au festival Visa pour l'image à Perpignan en , avec, selon le journal Le Monde, des qualificatifs peu flatteurs à leur encontre[23].

Outre les tarifs trop bas pratiqués, plusieurs photographes et avocats dénoncent une clause des contrats de la société, qui impose aux photographes de renoncer à leurs droits d'auteur, y compris à leur droit moral, et les empêche de revendiquer d'être auteurs de ces photos. Cette clause est jugée illégale par une avocate. Le dirigeant s'en explique en argumentant que les travaux commandés correspondent à un cahier des charges très strict, et ne peuvent selon lui être considérés comme une œuvre de l'esprit : « Ce n’est pas vraiment de l’art. La propriété intellectuelle est donc un peu moins présente »[24]. Cette interprétation des textes légaux fait vivement réagir le syndicat des auteurs des arts visuels et de l'image fixe (SAIF) qui lui demande de se mettre en conformité avec le code de la propriété intellectuelle[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « https://entreprise.data.gouv.fr/sirene/800523664 »
  2. Système national d'identification et du répertoire des entreprises et de leurs établissements, (base de données)Voir et modifier les données sur Wikidata
  3. a et b Système national d'identification et du répertoire des entreprises et de leurs établissements, (base de données)Voir et modifier les données sur Wikidata
  4. « Meero », sur societe.com
  5. La société, qui annonçait en 2016 une date de naissance en février 2014, conforme aux données d'inscription au registre du commerce, revendique depuis 2019, dans ses communiqués et sur son site une naissance en 2016.
  6. (en) « Crunchbase »
  7. a b et c Déborah Loye, « Thomas Rebaud (Meero) : “ Je lève 230 millions de dollars pour disrupter le monde de la photographie ” », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  8. La Redaction Des Echos Entrepreneurs, « Meero, Payfit, Deepki, Willo, Ekim : le StartUp Sum'Up #25 », sur Les Echos Executives, (consulté le )
  9. Thomas Lestavel, « Meero, une licorne aux ambitions internationales », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  10. BFM BUSINESS, « Levée de fonds record pour Meero qui devient une licorne », sur BFM BUSINESS (consulté le )
  11. « Start-up : avec sept licornes, la France rattrape son retard », sur Les Echos, (consulté le )
  12. (en) « French photo startup Meero joins unicorn club after $230 million... », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. Deborah Loye, « Meero : décryptage d'une levée record à 230 millions de dollars », sur lesechos.fr,
  14. La Lettre A, « Meero : les performances très floues de la licorne tricolore la mieux dotée », sur lalettrea.fr,
  15. Clément Bohic, « Meero lève 15 millions d’euros pour ubériser la photographie commerciale », ITespresso,‎ (lire en ligne)
  16. « Méga-levée de fonds de 205 millions d'euros pour la startup IA Meero », sur La Tribune (consulté le )
  17. a et b Jérôme Lefilliâtre, « Meero, le «Uber» de la photo », Libération,‎ (lire en ligne)
  18. Henri de Lestapis, « Thomas Rebaud (Meero), un startupper en pleine lumière », sur Les Echos Executives, (consulté le )
  19. Henri de Lestapis, « Thomas Rebaud (Meero) : « Nous restons une start-up fragile qui n'a que trois ans » », sur Les Echos Executives, (consulté le )
  20. Perrine Signoret, « Meero : derrière la nouvelle pépite française, la précarisation des photographes ? », Numérama,‎ (lire en ligne)
  21. Sarah Moran Garcia, « Meero, l’Uber de la photographie qui fait frémir, lève 204 millions d’euros », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  22. Jérémy Pellet, « La plateforme Meero va-t-elle encore plus précariser les professionnels de la photo ? », Télérama,‎ (lire en ligne)
  23. Claire Guillot, « Meero se défend d’être l’"Uber de la photo" », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  24. Marine Protais, « Travail à la chaîne, tarifs ridicules… Meero, la nouvelle licorne française, fait hurler les photographes », sur ladn.eu, .
  25. « Pierre Ciot, Président de la Saif, réagit à une interview consacrée à Thomas Rebaud, cofondateur de la start-up française Meero », sur saif.fr, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]