Match de football Chili – URSS (1973)

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Chili - URSS
Image illustrative de l'article Match de football Chili – URSS (1973)
L'Estadio Nacional de Chile (en 2006) où s'est déroulé le match, le 21 novembre 1973.
Contexte
Compétition Éliminatoires de la Coupe du monde 1974
Date
Stade Estadio Nacional de Chile
Lieu Santiago, Chili
Affluence 15 000 ou 18 000 spectateurs
Résultat
Chili Drapeau : Chili 1 - 0 (mais 2 - 0, score officiel) Drapeau : URSS Union soviétique
Mi-temps 1 - 0 0
Acteurs majeurs
Buteur(s) But inscrit après ? minutes ?e Drapeau : Chili Francisco Valdés
Arbitrage ?

Le match de football Chili - URSS du est un match de football opposant, de façon fictive, l’équipe du Chili de football à celle de l'URSS à l'Estadio Nacional de Chile, remporté un but à zéro par le Chili sans adversaire. L'URSS ayant déclaré forfait pour ce match de barrage retour des qualifications pour la Coupe du monde de football 1974 pour des raisons liées au coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili, elle fut éliminée par la FIFA sur application de l’article 22 de son règlement et déclarée perdante sur tapis sur le score de 2 à 0 (le match aller à Moscou s'était terminé sur un score nul 0 à 0). Malgré tout, la junte militaire décide d’organiser un simulacre de rencontre pour célébrer sa qualification et transforme l’événement en un spectacle de propagande[1]. Le but est inscrit par Francisco Valdés[2].

Le contexte[modifier | modifier le code]

Vue du stade national et de militaires en septembre 1973.

Le 26 septembre 1973, et malgré le coup d'État du 11 septembre 1973, les équipes du Chili et d'URSS s'opposent (0 - 0) à Moscou pour le match aller du barrage qualificatif pour la coupe du monde de football de 1974.

À Santiago du Chili, la police, sous les ordres du géneral Pinochet, réquisitionne dès le 12 septembre 1973 le stade national pour y parquer, torturer et exécuter des milliers d'opposants[3]. Les autorités sportives chiliennes promettent alors que le stade sera disponible pour la date prévue du match retour[3].

Le comité d'organisation de la FIFA en prend acte et entérine la date du 21 novembre 1973, sous réserve, toutefois, du retour positif d'une délégation dédiée[3]. Les deux délégués la composant, le Suisse Helmut Käser et le brésilien Abilio de Almeida[Note 1], rendirent un rapport rassurant et même franchement surréaliste compte tenu de la situation chilienne à l'époque :

« Nous avons trouvé que le cours de la vie était normal, il y avait beaucoup de voitures et de piétons, les gens avaient l'air heureux et les magasins étaient ouverts[3]. »

— Helmut Käser, Abilio d'Almeida, (en) Report on visit by Mr. A. d'Almeida, Vice-President and Dr H.Käser, General Secretary, to Santiago de Chile on 23 and 24 october 1973.

Toujours selon le rapport précité, le stade national constituait un simple « centre d'orientation » [sic], alors même que la presse internationale le surnommait « stade de la mort »[3]. Un télégramme fut donc envoyé, par la FIFA, à la fédération soviétique, confirmant la faisabilité du match retour au Chili[3]. La fédération soviétique demanda alors expressément la tenue du match dans un pays tiers[4]. Cette proposition lui fut refusée[Note 2].

Le « match »[modifier | modifier le code]

Francisco Valdés, le buteur du « match ».

À la date du 21 novembre 1973, le stade national, camp de concentration depuis le 12 septembre, avait retrouvé l'apparence d'une enceinte sportive classique.

Contre toute attente, le match eut bien lieu : onze joueurs chiliens restèrent donc 90 minutes (sous un contrôle arbitral habituel et devant 15 000[5] ou 18 000 spectateurs[6] sur la pelouse du stade national[2], quand bien même aucun adversaire ne leur est opposé. L'équipe chilienne se contenta du score minimum permettant la qualification pour la coupe du monde, 1 à 0[Note 3], but de Francisco Valdés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. vice-président de la FIFA et proche de son compatriote João Havelange, alors président de la fédération brésilienne et futur président de la FIFA.
  2. Le refus de l'URSS d'aller jouer au Chili semble donc plus lié à l'utilisation du stade national à des fins de prison et de centre de tortures d'opposants qu'au coup d'État lui-même : en effet, le match aller s'étant déroulé après le coup d'État, l'URSS aurait alors pu boycotter la double confrontation dans son ensemble[réf. nécessaire].
  3. La FIFA a enregistré le score de 2 à 0, score à l’époque attribué en cas de forfait de l’équipe adverse.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Chili-URSS 73, les fantômes du Nacional », sur Les Cahiers du football (consulté le 1er juillet 2016).
  2. a et b (es) [vidéo] Gol fantasma de Francisco Chamaco Valdez sur YouTube.
  3. a, b, c, d, e et f Paul Dietschy, Histoire du football, Paris, Éditions Perrin (Pour l'Histoire), , 607 p. (ISBN 978-2-262-02710-0), p. 289-289.
  4. (en) News from the FIFA World Cup committee, FIFA News, numéro 127, décembre 1973.
  5. (es) Óscar G. Soto, « http://www.marca.com/2013/11/21/futbol/futbol_internacional/chile/1385026960.html », sur Marca.com, (consulté le 23 juin 2017)
  6. (en) Vadim Furmanov, « Pinochet, The Cold War, and the Most Pathetic Match Ever Played », sur Foot and Ball, (consulté le 1er juillet 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]