Martin Broszat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Martin Broszat, né le à Leipzig et mort le (à 63 ans), est un historien de l'Allemagne de l'Ouest, spécialiste du nazisme.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Martin Broszat fit partie des Jeunesses hitlériennes, puis de la Wehrmacht. Il fut porté membre du parti nazi en 1944, mais il n'est pas impossible qu'il s'agisse là d'une incorporation d'office dont l'intéressé n'ait rien su lui-même[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Broszat a étudié l'histoire à l'université de Leipzig (1944-1949) et à l'université de Cologne (1949-1952). Il a travaillé comme professeur à l'université de Cologne (1954-1955), à l'Institut d'histoire contemporaine de Munich (1955-1989) et a été professeur honoraire à l'université de Constance (1969-1980). Il était à la tête de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich entre 1972 et 1989.

Durant la querelle des historiens sur l'origine et les cause de la Shoah, Martin Broszat a défendu les positions du courant « fonctionnaliste ».

En 1960[2], il écrivit au journal Die Zeit une lettre qui fut publiée sous le titre « Keine Vergasung in Dachau » (« Pas de gazages à Dachau »)[3]. Dans cette lettre, souvent utilisée par les négationnistes[4], il disait notamment :

« Ni à Dachau, ni à Bergen-Belsen, ni à Buchenwald des juifs ou d’autres détenus n’ont été gazés. La chambre à gaz de Dachau n’a jamais été complètement terminée ni mise “en service”. Des centaines de milliers de détenus, qui périrent à Dachau ou dans d’autres camps de concentration situés à l’intérieur des frontières de l’Ancien Reich, furent victimes avant tout des catastrophiques conditions d’hygiène et d’approvisionnement : rien que dans les douze mois allant de juillet 1942 à juin 1943, 110 812 personnes moururent de maladie et de faim dans tous les camps de concentration du Reich, d’après les statistiques officielles de la SS. L'anéantissement massif des juifs par le gaz commença en 1941-1942 et il prit place uniquement en de rares points choisis à cet effet et pourvus d'installations techniques adéquates, avant tout en territoire polonais occupé (mais nulle part dans l'ancien Reich) : à Auschwitz-Birkenau, à Sobibor-sur-Bug, à Treblinka, Chelmno et Belzec. »

Toutefois, dans un ouvrage collectif publié en 1979 sous la direction de M. Broszat lui-même, il est fait état de quelques gazages expérimentaux pratiqués à Dachau par le docteur et Haumptsturmführer SS Rascher en relation avec des expériences médicales[5].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Der Nationalsozialismus: Weltanschauung, Programm und Wirklichkeit, 1960 (OCLC 12542611).
  • Der Staat Hitlers: Grundlegung und Entwicklung seiner inneren Verfassung, 1969 (OCLC 2939624).
  • (éd.), Bayern in der NS-Zeit, 4 volumes, 1977-1983 (ISBN 978-3-4864-8361-1).
  • Die Machtergreifung: der Aufstieg der NSDAP und die Zerstörung der Weimarer Republik, 1984 (ISBN 978-3-4230-4516-2).
  • Nach Hitler: der schwierige Umgang mit unserer Geschichte, 1987 (ISBN 978-3-4865-3882-3).

Traduit en français[modifier | modifier le code]

  • L'État hitlérien, Fayard, coll. « L'espace du politique », 1986, 625 p. 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. N. Frei, « Hitler-Junge, Jahrgang 1926. Hat der Historiker Martin Broszat seine NSDAP-Mitgliedschaft verschwiegen – oder hat er nichts davon gewusst? », dans Die Zeit, 11 septembre 2003, en ligne.
  2. Martin Broszat, « Keine Vergasung in Dachau », Die Zeit, 19 août 1960, no 34, p. 16.
  3. (de)La lettre de Martin Broszat, Die Zeit n°34, 1960.
  4. Analyse de la lettre de Martin Broszat par le PHDN (Pratique de l'Histoire et Dévoiements Négationnistes).
  5. Gunther Kimmel, « The Concentration Camp Dachau. A study of the Nazi crimes of violence in Bavaria in the NS-time », dans Martin Broszat et Elke Froehlich (dir.), Bayern in der NS-Zeit, t. 2, R. Oldenburg Press, Munich, 1979, p. 349–413 (ici p. 391). Mentionné sur le site Pratique de l'Histoire et dévoiements négationnistes