Marie Nageotte-Wilbouchewitch

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Marie Nageotte-Wilbouchewitch
Biographie
Naissance
Décès
Activité

Marie Nageotte-Wilbouchewitch, née le à Białystok (en Russie)[a] à l'époque, en Pologne depuis 1919) et morte le dans le 6e arrondissement de Paris, est la première femme à avoir terminé l'internat de médecine.

Pédiatre, mariée au neurologue, neuroanatomiste et neuropathologiste Jean Nageotte, elle a écrit de nombreux articles scientifiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Acte de mariage Nageotte-Wilbouchewitch.

Marie Wilbouchewitch, dite Macha dans sa famille[JP 1], est née le à Białystok (Russie)[1].

Elle arrive à Paris en [JP 2].

Le à Paris, elle épouse Jean Nicolas Denis Eugène Nageotte (1866-1948), médecin, et acquiert la nationalité française[1].

Formation[modifier | modifier le code]

À la rentrée 1883, Marie Wilbouchewitch s’inscrit en première année à la faculté de médecine de Paris ; parmi les 3 933 étudiants dont 603 étrangers, il y a 78 femmes dont 65 étrangères[JP 2]. En , elle est reçue 28e sur 46 au concours de l'internat où son futur mari est reçu 10e ; elle est ainsi la deuxième femme à être reçue au concours de l'internat, après l'Américaine Augusta Klumpke (1859-1927) reçue 16e en 1886, qui épousera Jules Dejerine (1849-1917)[JP 3]. Augusta démissionne l'année suivante, Marie Wilbouchewitch est donc la première femme à avoir terminé l'internat de médecine[JP 4].

Le , elle obtient son diplôme de docteur en médecine après avoir soutenu une thèse sur le traitement antiseptique des brûlures[JP 5],[2].

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Interne à l'hôpital des Enfants malades, elle exerce à Paris. Elle contribue au traitement des scolioses et cyphoses, et introduit le service social à l'hôpital. Pionnière de l'orthopédie pédiatrique, elle dirige bénévolement la salle de gymnastique de l'hôpital des Enfants malades pendant des années.

Marie Nageotte-Wilbouchewitch fait partie du petit groupe des premières femmes médecins (avec Augusta Klumpke, Blanche Edwards-Pilliet, Madeleine Pelletier, Nicole Girard-Mangin) « tombées dans l’oubli le plus profond car elles n’ont pas parlé, pas écrit »[3].

Pédiatre réputée, elle adhère à la Société de Pédiatrie de Paris en 1905, dont elle élue présidente en 1930.

Patriote pendant la Première Guerre mondiale, elle s'engage comme assistante bénévole au service des premiers blessés à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris du au et à nouveau en 1939. Guillaume Apollinaire, blessé à la tempe par un éclat d'obus le , est soigné par elle au Val-de-Grâce[4] et lui dédicace en reconnaissance son recueil de poèmes Alcools.

Acte de décès de Marie Wilbouchewitch épouse Nageotte.

Elle aide son mari dans ses travaux.

Elle meurt le dans le 6e arrondissement de Paris[5], puis est inhumée dans le caveau de la famille Nageotte au cimetière du Montparnasse dans le 14e arrondissement de Paris[JP 1].

Publications[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Pianiste, elle a composé plusieurs œuvres, principalement des chants pour voix et piano, textes russes et français, notamment à partir de poèmes du « poète du Caucase » Mikhaïl Lermontov[6].

Médecine[modifier | modifier le code]

Marie Nageotte-Wilbouchewitch publie de nombreux articles dans le Bulletin de la Société de Pédiatrie de Paris de 1905 à 1939. Elle écrit également de nombreux articles ainsi que deux chapitres d'un Traité de Kinésithérapie. La liste de ses publications est disponible sur le site de la BnF[7] :

  • sa thèse : Traitement antiseptique des brûlures, 1893[8] ;
  • Atlas-manuel de gymnastique orthopédique, traitement des déviations de la taille, 1903 [présentation en ligne] ;
  • (en coll.) Kinésithérapie, massage, mobilisation, gymnastique, 1909 [lire en ligne]
  • Traitement des déviations de la colonne vertébrale et de l'insuffisance respiratoire, 1937[9].

Mémoires[modifier | modifier le code]

Marie Nageotte-Wilbouchewitch a rédigé ses mémoires en trois tomes :

  • Ma famille[10] ;
  • Mes années de médecine[11] ;
  • Au Val-de-Grâce pendant la Grande Guerre[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Białystok est en Pologne depuis 1919.

Références[modifier | modifier le code]

Biographie de Jacques Poirier[modifier | modifier le code]

  1. a et b p. 475.
  2. a et b p. 476.
  3. p. 477.
  4. p. 486.
  5. p. 478.

Autres sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Poirier, « Le docteur Marie Wilbouchewitch-Nageotte (1864-1941) Pionnière de l’orthopédie pédiatrique et musicienne » in Histoire des sciences médicales, tome LII, n°4, 2018 p. 475-488 [lire en ligne]

Liens externes[modifier | modifier le code]