Augusta Dejerine-Klumpke

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Augusta Dejerine-Klumpke
Portrait de Augusta Dejerine-Klumpke
Augusta Dejerine-Klumpke (date inconnue).
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à San FranciscoVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Enterrement Cimetière du Père-LachaiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Père John Gerard Klumpke (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère Dorothea Mathilda Tolle (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Jules DejerineVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Faculté de médecine de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Médecin, neurologue (en) et physicienVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Officier de la Légion d'honneur (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Augusta Dejerine-Klumpke, née le à San Francisco et morte le à Paris, est une neurologue française d'origine américaine, épouse de Jules Dejerine, neurologue lui aussi. Elle fut la première femme diplômée de l'Internat des hôpitaux de Paris[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Le couple Dejerine au travail (date inconnue).

Elle fait ses études à la faculté de médecine de Paris, la seule faculté française à l'époque à accepter l’inscription d’une femme. Elle se présente au concours de l'internat des hôpitaux de Paris en 1885 et obtient la meilleure note à l’écrit, 29/30, sur le sujet : « Circonvolutions de l’écorce cérébrale, signes et causes de l’hémiplégie organique ». Mais le jury s’arrange pour ne pas lui permettre d’avoir la moyenne à l’oral. Obstinée, elle se représente l'année suivante et est cette fois reçue, soutenue par Paul Bert, ministre de l'Éducation et ardent défenseur de l'émancipation féminine. Elle est, en 1886, la première femme interne des hôpitaux de Paris[1].

Elle suit les cours d’histologie du professeur Ranvier au Collège de France, ce qui lui permettra plus tard d’approfondir la neuropathologie. Le dimanche matin, elle assiste à la leçon de clinique de Charcot à la Salpêtrière. En stage chez le professeur Hardy à l’Hôpital de la Charité de Paris, son chef de clinique est Jules Dejerine qu’elle épouse en 1888[1],[2].

Jules Dejerine la fait entrer au laboratoire du professeur Alfred Vulpian pour compléter sa formation. En 1889, elle soutient une thèse intitulée « Des polynévrites en général, des paralysies et atrophies saturnines en particulier ».

Suivant son mari devenu professeur de neurologie, elle quitte l’hospice de Bicêtre pour rejoindre la Salpêtrière en 1895. Elle rédige la plus grande part de deux traités cosignés avec son mari[réf. souhaitée], « Anatomie du système nerveux » en 1895 et « Sémiologie des affections du système nerveux » en 1914. Élue membre de la Société de neurologie en 1901, elle en sera présidente en 1914 et 1915. Elle s’occupe, alors, pendant la Grande Guerre, d’un service de 300 lits de blessés à la Salpêtrière. Elle en tirera des travaux sur « les blessures et lésions des gros troncs nerveux » (avec Mouzon), et sur « les blessures de la moelle épinière » (avec Landau et Jumentié).

En 1906, elle fut décorée de la médaille du courage, pour avoir secouru une jeune fille qui se noyait dans la Seine, en y plongeant et en la ramenant à la berge. En 1913 elle fut faite chevalier de la Légion d'honneur et en 1921 elle fut élevée au rang d'officier.

Elle eut avec Jules Dejerine une fille, Yvonne[2], qui devint médecin, épousa le professeur Étienne Sorrel et se consacra à la tuberculose osseuse à l’hôpital de Berck.

Augusta Dejerine-Klumpke survécut dix ans à la mort de son mari, survenue en 1917. Avec l'aide de sa fille et de son gendre, elle consacra ces dix années à reconstituer son ancien laboratoire et sa bibliothèque pour en faire un musée destiné à conserver les souvenirs scientifiques du couple Dejerine.

Elle est décédée le à Paris où elle est enterrée au Cimetière du Père-Lachaise à côté de son mari (division 28). Dans son éloge de 1928, André-Thomas conclut que « La physionomie de Madame Dejerine restera comme celle d’une des personnalités médicales et scientifiques les plus marquantes de son temps et son nom sera respecté comme celui d’un grand savant ».

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

Page de garde de la thèse d'Augusta Dejerine-Klumpke.
  • Des polynévrites en général et des paralysies et atrophies saturnines en particulier, Thèse de médecine, Davy (Paris), 1889, Texte intégral
  • Des Polynévrites en général et des paralysies et atrophies saturnines en particulier, étude clinique et anatomopathologique, F. Alcan (Paris), 1889, disponible sur Gallica

En collaboration:

  • Anatomie des centres nerveux [Tome 1 : Méthodes générales d'étude-embryologie-histogénèse et histologie, anatomie du cerveau] par J. Dejerine avec la collaboration de [A.] Dejerine-Klumpke, Rueff (Paris), 1895-1901, Texte en ligne , disponible sur Gallica
  • Anatomie des centres nerveux [Tome 2, Fascicule 1 : Anatomie du cerveau (suite), anatomie du rhombencéphale ] par J. Dejerine avec la collaboration de [A.] Dejerine-Klumpk, Rueff (Paris), 1895-1901, Texte en ligne

Éponymie[modifier | modifier le code]

Son nom est resté attaché à la paralysie du plexus brachial inférieur, constitué des racines C8 et D1, encore appelée syndrome de Dejerine-Klumpke[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Elle était la sœur de l'astronome Dorothea Klumpke Roberts, de la peintre Anna Klumpke (compagne et biographe de Rosa Bonheur, elle-même peintre animalière) et de la violoniste Julia Klumpke.

La Rue des Docteurs-Déjérine, dans le 20e arrondissement de Paris, lui rend hommage, ainsi qu'à son mari, Jules Dejerine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • G. Roussy, Éloge de Mme Déjerine-Klumpke 1859-1928, Paris, 1928, 21 p.
  • A. Baudoin, « Nécrologie », in Paris médical : la semaine du clinicien, 1928, n° 68, p. 115-116, Texte intégral
  • J. Poirier, Augusta Dejerine-Klumpke, 1859-1927 pionnière de la médecine et féministe exemplaire, Montceaux-les-Meaux, éditions Fiacre, 2019. 319 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) Julien Bogousslavsky, « The Klumpke Family — Memories by Doctor Déjerine, Born Augusta Klumpke », European Neurology, vol. 53, no 3,‎ , p. 113-120 (ISSN 0014-3022, PMID 15860915, DOI 10.1159/000085554, lire en ligne [PDF])
  2. a et b Christian Morin et Jean-Claude Leonard, « Histoire de la chirurgie orthopédique : "la bande des quatre" », Histoire des sciences médicales, vol. 39, no 3,‎ , p. 285-290 (ISSN 0440-8888, OCLC 2432739, lire en ligne [PDF]) :

    « En 1920, il [Étienne Sorrel] épouse Mlle Yvonne Dejerine, fille du neurologue célèbre et d'Augusta Klumpke, d'origine américaine et première femme interne des Hôpitaux de Paris en 1896. »

  • André-Thomas, « Augusta Dejerine Klumpke, 1859-1927 », in L'Encéphale, no 1, 1929

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]