Marcel Rubin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Marcel Rubin

Naissance
Vienne, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Décès (à 89 ans)
Vienne, Drapeau de l'Autriche Autriche
Activité principale Compositeur, chef d'orchestre, critique de musique, administrateur d'associations de musique
Lieux d'activité Mexico, Vienne
Formation Académie de musique de Vienne
Maîtres Franz Schmidt, Darius Milhaud

Marcel Rubin (né le à Vienne; † à Vienne) est un compositeur autrichien, chef d'orchestre, critique de musique, administrateur d'associations de musique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marcel Rubin a suivi un cours en harmonie avec Richard Stöhr à l'Académie de musique de Vienne, où il a étudié le contrepoint avec Franz Schmidt et le piano avec Richard Robert. En 1925-1927, il a pris des leçons privées de composition avec Darius Milhaud à Paris. Il a également étudié le droit à l'Université de Vienne et a obtenu un doctorat pour ces deux disciplines, Dr phil. 1933 et Dr iur. 1934.

Puis Rubin a travaillé dans un cabinet d'avocats tout en dirigeant en 1936 avec Friedrich Wildgans une série renommée de concerts de « musique contemporaine ».

Le jour de l'« Anschluss » de l'Autriche en 1938, Rubin a été contraint d'émigrer en tant que juif. D'abord, il a fui à Paris avec sa sœur. En , il a été interné comme « étranger ennemi ». Plus tard, il a été déplacé vers le camp de détention de Meslay-du-Maine, et en février 1940 vers le camp de Damigny près d'Alençon. Là, il compose la musique pour le « Dachau-Lied (de) » de Jura Soyfer (en), plus connu aujourd'hui dans la version de Herbert Zipper (en) qu'il ne connaissait pas. Avant la chute de la France, le camp qui était géré par les britanniques, a été fermé et les internés libérés. À l'automne 1940, Rubin a réussi à arriver à Marseille avec sa famille. Là, il est devenu membre du Parti communiste d'Autriche (KPÖ), et le restera jusqu'en 1969, quand il a démissionné en signe de protestation contre la répression du Printemps de Prague.

En 1942, Rubin réussit à fuir vers le Mexique. À Mexico, il a été répétiteur de chœur à l'Opéra, où avait fui aussi l'autrichien Karl Alwin (de) engagé comme chef d'orchestre. En tant que chef du « chœur des Allemands libres » (Chor der freien Deutschen[1]), il a fait exécuter quelques-unes de ses propres œuvres. Il a été membre du conseil d'administration du « Heine-Club » fondé par des émigrants.

En , il revient en Autriche. Il a vécu comme compositeur indépendant et gagnait sa vie comme critique de musique pour le « Österreichische Tagebuch » et jusqu'en 1969 pour la « Volksstimme ». De 1948 à 1965, il a travaillé comme secrétaire honoraire de l'Association des compositeurs autrichiens. Il a fondé en 1949 avec des personnes aux vues similaires la ÖGZM (Österreichische Gesellschaft für Zeitgenössische Musik, Société autrichienne pour la musique contemporaine). À partir de 1957, il a exercé diverses fonctions dans l'AKM (société autrichienne des auteurs), dont il est devenu le président de 1975 à 1984. Il a occupé ce poste de 1974 à 1978 à la CISAC.

Le , Rubin a été enterré au cimetière central de Vienne (Ehrenhain Gruppe 40, no 170).

Prix[modifier | modifier le code]

  • 1959 : Staatspreis für Musik
  • 1961 et 1965 : Förderungspreis der Theodor-Körner-Stiftung
  • 1964 : Professorentitel
  • 1969 : Prix de la Ville de Vienne de musique
  • 1970 : Großer Österreichischer Staatspreis für Musik
  • 1974 : Österreichisches Ehrenzeichen für Wissenschaft und Kunst
  • 1979 : Ehrenmitgliedschaft der Österreichischen Gesellschaft für zeitgenössische Musik
  • 1980 : Österreichisches Ehrenzeichen für Wissenschaft und Kunst
  • 1985 : Ehrenmitgliedschaft der Gesellschaft der Musikfreunde in Wien
  • 1986 : Ehrenmedaille der Bundeshauptstadt Wien in Gold

Œuvres[modifier | modifier le code]

Son œuvre comprend un opéra Kleider machen Leute, dix symphonies, sept concertos, de la musique de chambre et des lieder. Son style non conventionnel s'inspire de celui du Groupe des Six et en particulier de Milhaud. Les rythmes et l'instrumentation sont influencés par Igor Stravinsky et Dmitri Chostakovitch.

Un catalogue peut être trouvé dans les références en ligne.

Musique pour la scène[modifier | modifier le code]

  • Die Stadt (ballet, E. Canetti, d'après M. Gorki), 1933, rev. 1980
  • Kleider machen Leute (opéra comique, prologue, 4 actes, Rubin, d'après G. Keller), 1966-9, Vienne, 1973, suite orchestrale, 1973

Symphonies[modifier | modifier le code]

no 1, 1927-8, rev. 1957 no 2, 1937, rev. 1974 no 3, 1939, rev. 1962 no 4 Dies irae, 1943-4, rev. 1972 no 5, 1964-5 no 6, 1973-4, rev. 1983 no 7, 1976-7 no 8, 1980 no 9, 1984 (d'après A. Silesius) no 10 Hommage à Chartres, 1986

Autres œuvres orchestrales[modifier | modifier le code]

  • Ballade, 1948
  • Musik zu einer Nestroy-Posse, 1958
  • Rondo-Burleske, 1960
  • 3 Komodianten, 1963
  • Sinfonietta, cordes, 1965-6
  • Sonatine, 1965
  • Double Concerto, 1970
  • Pastorale, cordes, 1970
  • Concerto pour trompette, 1971-2
  • Concerto pour basson, 1976
  • Variationen uber einen Bach-Choral, 1978
  • Hymnen an die Nacht, 1982 (d'après Novalis)
  • Triptychon, 1984
  • Concerto pour piano, 1992
  • Concertino, violoncelle, orchestre de chambre, 1993-4
  • Sinfonia concertante, violon, trompette, basson, orchestre de chambre, 1993
  • Concerto pour flûte et cordes, 1994

Musique de chambre et instruments seuls[modifier | modifier le code]

  • Quatuor à cordes no 1, 1926, rev. 1961
  • Sonatine, hautbois, piano, 1927
  • Trio à cordes, 1927, rev. 1962
  • Sonate, violoncelle, piano, 1928
  • Divertimento, trio avec piano, 1966-7
  • Serenade, quintette à vent, 1971
  • Sonate, violon, piano, 1974
  • Concertino, 12 violoncelles, 1975
  • Variationen uber ein franzosisches Revolutionslied, clarinette, basson, cor, trompette, trombone, percussion, quatuor à cordes, contrebasse, 1976
  • Petite serenade, guitare, 1977
  • Variationen uber ein Schubert-Thema, clarinette, basson, cor, quatuor à cordes, contrebasse, 1979
  • 4 Impressionen, 8 violoncelles, 1981 (d'après A. Rimbaud)
  • Der Schneider im Himmel (J.L.C. et W. Grimm), récitant, quintette à vent, quatuor à cordes, contrebasse, 1981
  • Quatuor à cordes no 2, 1981
  • Quintette avec clarinette, 1985
  • Quatuor à cordes no 3, 1989-90
  • Quatuor à cordes no 4, 1990
  • Quatuor à cordes no 5, 1990-91
  • Quatuor à cordes no 6, 1991
  • Duo, violon, violoncelle, 1994
  • Serenade, quintette avec piano, 1994

Musique pour clavier[modifier | modifier le code]

Sonate no 1, piano, 1925, rev. 1974 Sonate no 2, piano, 1926-7 Sonate no 3, piano, 1928 Tageszeiten, 4 pièces, piano, 1955 Variationen uber einen Bach-Choral, orgue, 1980 Klaviermusik 94, piano, 1994 Sonate no 4, piano, 1994

Musique chorale[modifier | modifier le code]

  • Die Albigenser (N. Lenau), récitant, A, T, B, chœur, orchestre, 1957--61
  • O ihr Menschen (Ein Heiligenstadter Psalm) (oratorio, L. van Beethoven, Bible), baryton, chœur, orchestre/orchestre de chambre, 1977
  • Auferstehung (oratorio, Bible, A. Silesius, M. Claudius), S, A, T, B, chœur, orchestre, orgue, 1986
  • Licht uber Damaskus (oratorio, Bible, P. Gerhardt, C.F.D. Schubart, R.M. Rilke), S, A, T, B, chœur, orchestre, orgue, 1987-8
  • 4 Lieder aus Des Knaben Wunderhorn, chœur, 1991

Musique vocale[modifier | modifier le code]

  • 6 chansons (C. Marot), voix aigües, piano, 1927
  • 5 Gedichte (G. Apollinaire), baryton, piano, 1928
  • 4 Gedichte (A. Rimbaud), voix aigües, piano, 1936
  • Gegenwart (J.W. von Goethe), 6 lieder, voix aigües, piano, 1938 (orchestration, 1970)
  • Chanson satirique sur la Légion étrangère (Meslay-Du-Maine)
  • 4 Gedichte (Ballades de François Villon), baryton, piano, 1939-40, rev. 1966 (Meslay-Du-Maine)
    • 1. Au point du jour
    • 2. Je meurs de soif
    • 3. La ballade des pendus
    • 4. Au retour)
  • Lieder von unterwegs (Jura Soyfer, Ondra Lysohorsky), 3 lieder, voix medium, piano, 1940 (Damigny)
    • 1. Winter (Soyfer, 20-)
    • 2. Wenn der Himmel grau wird (Soyfer, 12-)
    • 3. Dem Morgen entgegen (Lysohorsky, 17-)
  • Dachau - Lied (Soyfer) (Damigny)
  • 3 Marienlieder nach Des Knaben Wunderhorn, voix aigües, piano, 1940, rev. 1971 (Paris)
  • 5 Gedichte (Goethe), baryton, piano, 1941 (Paris)
  • In den Bergen (C.F. Meyer), voix aigües, piano, 1956
  • Dorfbilder (A. Grun), 6 lieder, voix medium, piano, 1957
  • Nocturnes (Josefa Luitpold), 7 lieder, baryton/basse, piano, 1962
    • 1."Hier lebt ein Mensch"
    • 3."Erlebnis"
    • 4."Ich habe Licht gemacht"
    • 5."Erinnerung"
    • 6."Schwarze Madonna"
  • Licht ist Liebe (C. Morgenstern), 7 lieder, baryton, (flûte, Quatuor à cordes)/piano, 1979
  • 5 Gedichte (F. Holderlin), B-Bar, piano, 1984
  • Nachtgedanken (Li Bai [Le Tai-Po]), voix medium, piano, 1987
  • 7 Gedichte (H. Hesse), voix medium, piano, 1990
  • 4 Gedichte (Lenau), baryton, piano, 1991
  • Die 13 Monate (E. Kastner), voix medium, flûte, clarinette basse, violon, alto, violoncelle, 1991-2
  • Mein Gluck (F. Nietzsche), 4 lieder, voix aigüe, piano, 1993
  • 7 Gedichte (Silesius), S, A, T, B, quatuor à cordes, 1994

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Otto Mayer-Serra: Musica y musicos de Latinoamerica. Atlante, Mexico City 1947.
  • Rudolph Franz Brauner: Österreichs neue Musik. Ein Wegweiser und Überblick für den Musikfreund. Hollinek, Wien 1948.
  • Storm Bull: Index to biographies of contemporary composers. Scarecrow Press, New York 1964.
  • Walter Szmolyan: Großer Staatspreis für Marcel Rubin. In: Österreichische Musikzeitschrift. 25 (1970), S. 767f.
  • Hartmut Krones: Marcel Rubin. Eine Studie. Lafite, Österreichischer Bundesverlag, Wien 1975, (ISBN 3-85151-059-3) (Reihe Österreichische Komponisten des XX. Jahrhunderts; Bd. 22).
  • Walter Pass, Gerhard Scheit, Wilhelm Svoboda: Orpheus im Exil. Die Vertreibung der österreichischen Musik 1938–1945. Verlag für Gesellschaftskritik, Wien 1995, S. 205; (ISBN 3-851-15200-X).
  • Miguel Fischer, John M. Furman, Martha Furman-Schleifer: Latin American classical composers. A biographical dictionary. Scarecrow Press, Lanham (Md) 1996.
  • Felix Czeike: Historisches Lexikon Wien, Band 5. Verlag Kremayr & Scheriau, Wien 1997, S. 382, (ISBN 3-218-00547-7), S. 1.
  • Handbuch österreichischer Autorinnen und Autoren jüdischer Herkunft 18. bis 20. Jahrhundert. Band 2 J-R. Hrsg.: Österreichische Nationalbibliothek, Wien. Saur, München 2002, (ISBN 3-598-11545-8), S. 1160.
  • Österreichisches Musiklexikon. Band 4. Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, Wien 2005, (ISBN 3-7001-3046-5), S. 1966.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ou Chor der freien Deutschen Jugend (« Chœur de la jeunesse allemande libre »)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]