Marc Pulvar

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Marc Pulvar
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Marc Louis Fernand PulvarVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
SyndicalisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
Organisation
Parti politique

Marc Pulvar, né le à Rivière-Salée et mort le à Fort-de-France, est un syndicaliste français et un nationaliste martiniquais. Il a été aussi professeur de mathématiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de mathématiques, Marc Pulvar enseigne à l'Institut martiniquais d'études (IME), une école privée qu'il crée avec son beau-frère Édouard Glissant. Toutefois, ses activités syndicales et politiques l'accaparant de plus en plus, il délaisse par la suite l'enseignement pour des cours particuliers[1].

En 1962, il devient membre de l’Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique et signataire du Manifeste de l'OJAM » (« La Martinique aux Martiniquais »), placardé dans toute l'île les 23 et , notamment avec Joseph René-Corail « Kokho »[2], Rodolphe Désiré, Renaud de Grandmaison, Henri Pied et Hervé Florent[3].

Il est l'un des fondateurs et le secrétaire général de la centrale syndicale des travailleurs martiniquais (CSTM), premier syndicat indépendant des organisations françaises, créé en 1974 à la suite de la répression de la grève du Chalvet[4].

Le 8 décembre 1983, il est arrêté alors qu'il allait porter plainte contre la tentative d'assassinat dont il avait été victime de la part d'un dog[5] patronal, Victor Ledoux. Après plus de deux mois d'emprisonnement, il est condamné à 18 mois de prison dont 12 fermes, tandis que Ledoux est relaxé. En appel, la condamnation de Pulvar est réduite à un an avec sursis contre un mois au nervis patronal[6],[7].

Avec Alfred Marie-Jeanne, Lucien Veilleur et Garcin Malsa, il crée en 1973 le mouvement « La Parole au Peuple », qui devient en 1978 le Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM), organisation qui revendique le droit à l'autodétermination du peuple martiniquais et dont il sera le secrétaire général[4] et l'inspirateur de la ligne politique[8].

Après s'être mis en 1977 à l'étude du droit pour pouvoir défendre les travailleurs, il devient un expert redouté par le patronat au Conseil des prud'hommes, gagnant le surnom de « Monsieur Auroux » en raison de sa connaissance intime des lois Auroux sur le droit du travail[1].

Marc Pulvar est aussi connu pour son engagement en faveur de l'environnement[2].

Il meurt d'un cancer dans la nuit du au CHU de la Meynard à Fort-de-France en Martinique à l'âge de 71 ans[9]. Il est enterré dans le cimetière de Rivière-Salée[10].

La même année, l'écrivain Raphaël Confiant lui a consacré un hommage en rappelant son implication au premier rang des grèves, la tentative d'assassinat dont il avait été victime et son emprisonnement, toutes choses ayant impressionné les Martiniquais[7],[1],[6].

Famille[modifier | modifier le code]

Marc Pulvar est le père de la journaliste Audrey Pulvar[10], née de l'union avec Emma (Marlène) Auspice, membre d'une grande famille de l'île[11].

Accusations posthumes[modifier | modifier le code]

En février 2021, il est accusé posthumément d'avoir été un « pédocriminel » par trois femmes de sa famille qui expliquent, dans une tribune, vouloir mettre un terme à l'« héroïsation du personnage[12],[13],[14] ». Audrey Pulvar qualifie alors son père de « monstre »[15],[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Raphaël Confiant, « Marc Pulvar : un Martiniquais vertical nous a quittés », Potomitan.
  2. a et b Marc Pulvar (1936-2008), Une autre histoire : histoires oubliées, histoires occultées.
  3. Pascal Perri, Le Tourisme à la Martinique, Karthala éditions, 2004, 174p., p. 59.
  4. a et b La Martinique et Audrey Pulvar orphelines, Assemblée Martinique, 4 février 2008.
  5. En créole martiniquais, dog signifie « sbire », « nervis, cf Raphaël Confiant, Dictionnaire du créole martiniquais, 2007, p. 58.
  6. a et b 1981-1988, bilan du septennat Mitterrand dans les dernières colonies, dans Alliance ouvrière et paysanne, 1988, 38 p., p. 26 : « L'arrestation du dirigeant de la Centrale syndicale des travailleurs martiniquais, Marc Pulvar. L'arrestation du dirigeant de la CSTM le 8 décembre 1983, jeté en prison alors qu'il allait porter plainte contre la tentative d'assassinat dont il avait été victime de la part d'un dog patronal, Victor ledoux. / Bilan pour Pulvar : plus de deux mois d'emprisonnement, condamnation à 18 mois de prison dont 12 fermes, peine accompagnée de la relaxe de Ledoux, puis condamnation en appel à un an avec sursis contre un mois au dog patronnal (sic). »
  7. a et b Raphaël Confiant, « Marc Pulvar : un Martiniquais vertical nous a quittés », Potomitan : « Il était tout le temps sur le terrain, au premier rang dans les grèves lorsqu’il fallait parfois affronter les policiers ou les gardes mobiles. Si bien qu’un beau jour, il finit par se retrouver coincé entre quatre conteneurs sur le port de Fort-de-France où une bande de « dogs », payés par les Békés, tentèrent de le tuer. Pour sauver sa peau, Marc Pulvar fit feu et fut évidemment emprisonné pendant quatre mois. Son courage et sa dignité à cette époque impressionnèrent tous les Martiniquais, y compris ceux qui d’habitude le vouaient aux gémonies. Bien entendu, les commanditaires de cette tentative d’assassinat ne furent jamais inquiétés ! Comme dans l’affaire André Aliker, seuls les exécutants payèrent la note ».
  8. Christine Chivallon, L'Esclavage, du souvenir à la mémoire. Contribution à une anthropologie de la Caraïbe, Karthala éditions, 2012, 624 p., p. 414, note 16 : « Marc Pulvar, syndicaliste et indépendantiste, qui jouera plus tard un rôle important au MIM dans la définition de sa ligne politique. »
  9. L'adieu à Marc Pulvar, sur Grioo.com.
  10. a et b [vidéo] « Décès de Marc Pulvar » sur YouTube, nécrologie au journal de France O.
  11. Besma Lahouri, Prends garde à toi si je t'aime, Michel Lafon, 114 p. (n. p.) : « Sa mère, Marlène Auspice, appartient à une grande famille de l'île. Elle est fonctionnaire à la Sécurité sociale. Son père, Marc Pulvar, enseigne les mathématiques, mais il est surtout "un syndicaliste pur et dur", selon Olivier Laouchez ».
  12. Marc Pulvar, figure du syndicalisme martiniquais, accusé de pédophilie, lefigaro.fr, 6 février 2021.
  13. Marc Pulvar, syndicaliste martiniquais et père d’Audrey Pulvar, accusé de pédophilie, leparisien.fr, 6 février 2021.
  14. Marc Pulvar, figure du syndicalisme martiniquais, accusé de pédophilie, lepoint.fr, 6 février 2021.
  15. Pierre Lepelletier, « Audrey Pulvar, émue, qualifie son père, accusé de pédophilie, de « monstre » », sur lefigaro.fr, (consulté le 15 février 2021).
  16. Raphaëlle Rérolle, « L’encombrant souvenir de Marc Pulvar, leader indépendantiste accusé d’inceste », sur lemonde.fr, 24 mars février 2021 (consulté le 24 mars 2021).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]