Joseph René-Corail

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Joseph René-Corail
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Joseph Sainte-Croix René-Corail, dit Khokho René-Corail, artiste de premier plan en Martinique[1], né le à Beaufond, dans la campagne des Trois-Îlets, mort le .

Il fut en 1962, l'un des auteurs du Manifeste de l'OJAM.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Barnabé Justin René-Corail (1887-1974) et de Marguerite Louise Giscon (1910-1965), agriculteurs. Il a vingt-quatre frères et sœurs, dont dix du même lit. Il a « incarné » et « illustré » l’insoumission et la résistance[2].

Chronologie de la vie de Khokho René-Corail

1932

Joseph Sainte-Croix René-Corail naît le 14 septembre 1932 à Beaufond, dans la campagne des Trois-Îlets, en Martinique. Il est le fils de Bernabé Justin René-Corail (1887-1974) et de Marguerite Louise Giscon (1910-1965), agriculteurs. Il a vingt-quatre frères et sœurs, dont dix du même lit.

1939

Il a sept ans quand il entre dans une vieille bâtisse à moitié en ruine faisant office d’école maternelle. Allergique à l’école, c’est une institutrice, Mademoiselle Coma, qui lui fait y trouver un quelconque intérêt.

Parution de Cahier d’un retour au pays natal, d’Aimé Césaire.

1941

Il obtient son certificat d’études primaires et entre en sixième, au cours complémentaires des Terres-Sainville. C’est dans cet établissement qu’il suivra les enseignements artistiques dispensés par Fernand Peux, une rencontre qui déterminera sa vocation artistique.

Escale d’André Breton en Martinique, fuyant le nazisme.

1939-1943

Deuxième Guerre mondiale. La Martinique, colonie, est placée sous tutelle de l’Amiral Georges Robert, Haut commissaire de la France aux Antilles et maître d’œuvre du régime de Vichy dans la région.

1943

Création de l’École des arts appliqués par le gouverneur Georges Louis Ponton, à la suite de vœux émis par le Conseil général. Cette école avait pour but, «en utilisant les richesses de la Martinique, tant matérielles que pittoresques, le sentiment artistique et l’habileté de l’artisan antillais, de développer un artisanat local de qualité et de donner à l’élite la possibilité de s’orienter vers les grandes écoles d’art de la métropole».

1945

Naissance de «L’atelier 45», mouvement pictural initié par Marcel Mystille, Jean-Germain Tiquant et Raymond Honorien.

1946

19 mars, loi de départementalisation.

1948

Échec de René-Corail au brevet élémentaire, mais brillant succès de ce dernier au concours d’entrée de l’École des arts appliqués – section céramique, que sa mère qualifie d’«École des ânes appliqués».

1950

René-Corail obtient son diplôme en deux années au lieu des trois requises, et part poursuivre ses études à l’École supérieure des arts appliqués de la rue Dupetit-Thouars, à Paris. Il a Pierre Roulot comme principal enseignant.

1952

Séjour à Savigny-sur-Orge, chez M. et Mme Ménil, où il réalise des objets en céramique.

Stages en province, séjours sur la Côte d’Azur: Cannes, puis Vallauris, où il réalise des céramiques pour Yves Montant et Simone Signoret.

Brèves rencontres avec Picasso, avec qui il collabore néanmoins intensément (tournage de pièces pour le Maître et moulage).

Parution de Peau noire, masques blancs, de Frantz Fanon.

1953

À 21 ans, il est appelé sous les drapeaux. Il refuse de faire son service militaire. Considéré comme déserteur, il est toutefois intégré sans sanction dans l’armée française. Muté en Tunisie, il sera confronté aux troubles qui s’y déroulent. Mais piètre soldat, il sera rapatrié en France. Mais il sera libéré de ses obligations avant la mise à exécution de son plan.

1956

Rappelé sur le front pendant la Guerre d’Algérie, qu’il qualifie de «boucherie humaine», il prend la décision de rompre avec la contrainte militaire coloniale.

Retour en Martinique. Il est professeur à l’École des arts appliqués (où il fut élève) et y enseigne la céramique.

Il commence à expérimenter de nouveaux médiums, tels le bambou, les métaux, le tissu.

Création du Centre des métiers d’art, en collaboration avec Alexandre Bertrand et Dumas Jean-Joseph.

Mise au point d’une méthode de fabrication de céramique avec une certaine terre de Martinique, terre rouge, ingrate, mais permettant de réaliser un type original de céramique.

1959

Décembre 1959. Événements sanglants, trois jours durant. Trois jeunes martiniquais sont tués: Marajo, Rosile et Betzi.

1960

Démission de l’École des arts appliqués. Il continue néanmoins ses recherches, dans son grenier de la rue du Capitaine Manuel, seul et sans grande aide. Il met au point des types de poupées créoles, des crèches martiniquaises avec étable en noix de coco et santons créoles. Tapisseries murales donnant à voir des scènes de vie quotidienne, des combats de coqs, la coupe de la canne, le carnaval.

Organisation de stages aux Trois-Îlets, à la demande du Docteur Robert Rose-Rosette (alors maire de la commune) à partir de matériaux du pays. But de ces stages: inventorier les produits de la région pouvant être transformés artistiquement, déceler les vocations parmi les jeunes et créer à terme un centre artisanal.

Animation de stages divers en Martinique, à Sainte-Anne et au Morne-des-Esses, pour la réhabilitation de la poterie et de la vannerie, en voie de disparition.

Le maire du Saint-Esprit de l’époque, Georges Fitte-Duval, l’accueille et un nouvel atelier, sous la direction de René-Corail, commence à produire.

Amoureux de la nature et fervent défenseur de la culture de son pays, il révèle un de ses traits de caractère les plus déterminants.

Cette vision de la vie contribue à conforter son engagement politique (il avait déjà été militant durant son séjour en France) au sein du Parti communiste martiniquais, appelé à l’époque, «Génération du Parti communiste français», et, par la suite, son implication dans la construction de l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martiniquaise (OJAM).

1961

«Discours sur les trois tombes» du leader communiste Georges Gratiant : «Qui veut du pain, aura du plomb, au nom de la loi, au nom de la force, au nom de la France, au nom de la force de la loi qui vient de France!»

1962

Création des six sculptures sur métal de l’église de Bellefontaine: «Les âmes du purgatoire», et de celle du frontispice de l’église de Bellevue: «Cœur immaculé de Marie», avènement d’un type nouveau d’art religieux dans le pays.

Participe à des expositions organisées à Paris par le ministère de la Culture, où il obtient une médaille d’or pour une tapisserie en patchwork et une médaille d’or pour une de ses sculptures sur métal.

1963

Affaire de l’OJAM. René-Corail est emprisonné à la maison d’arrêt de la rue Victor Sévère (avril), puis transféré en France, à la prison de Fresnes. Il est un prisonnier politique. Il sera acquitté et relâché quatre mois plus tard, le 30 juillet 1963. Décembre 1963, retour en Martinique après l’affaire de l’OJAM.

1964 à 1977

Durant ces années, René-Corail réalise des travaux importants, organise des stages et forme de nombreux élèves au travail du bambou, de la sculpture sur bois, de la création de tabourets en bois de mahogany.

Essai d’affirmation d’une identité martiniquaise au niveau de la mode, avec la création du style Corail: robes, boubous, bijoux.

Expérience similaire sur le plan de la coiffure, avec Josépha et Jacqueline Labbé.

1971

Réalisation de la statue de la Place du 22 mai, à Trénelle, Fort-de-France, à la demande d’Aimé Césaire.

À d’autres moments, la ville de Fort-de-France va acquérir d’autres œuvres de René-Corail, dont le célèbre «Christ guérillero».

1973

Fresque monumentale du Vauclin, sur le thème «La pêche et la mer».

1974

En février, il tire deux œuvres magistrales des événements tragiques de Chalvet.

1974-1975

Début du séjour de Morne-Étoile, entre Saint-Pierre et Morne-Rouge.

Projet de création d’ateliers pilotes pour les jeunes en difficulté, création de chouval bwa, avec les pensionnaires de la Tracée.

Soirées culturelles avec Victor Permal, Eugène Mona, Luc Marlin, l’Atelier-théatre de Roger Robinel.

Atelier de recherches où il expérimente sa technique Zolpan-sable-white-spirit-feu, à Morne-Étoile.

Fresques du SERMAC de Fort-de-France.

1976

Du 26 novembre au 11 décembre, voyage au Sénégal: exposition de peintures, sculptures et tentures sur le thème «Recherches», au théâtre national Daniel Sorano de Dakar.

1978

Création du parti politique le MIM (Mouvement pour l’indépendance de la Martinique qui devient Mouvement indépendantiste Martiniquais) issu du Mouvement «La parole au peuple».

1979

Fresques sur les murs de la Pharmacie Chomereau-Lamotte du boulevard Allègre, à Fort-de-France.

1982

Sculpture monumentale: «Mémorial Frantz Fanon», réalisée au Macouba, à la demande de Marcel Manville et Victor Permal, du Cercle Frantz Fanon, à partir de la lecture de Peau noire, masques blancs, avec l’aide du maire communiste Sévère Cerland. Elle sera placée à l’entrée du campus universitaire de Schœlcher. L’atelier du diable, court métrage réalisé par Euzhan Palcy dans lequel Khokho joue le rôle principal.

1983

Fresque monumentale au collège de Basse-Pointe, réalisée dans le cadre du 22 mai: «La fête de l’école et de la liberté». Fresques de l’enceinte de l’église du Lamentin, 13 panneaux: «La colonisation dans la Caraïbe et les Amériques» réalisées durant le tournage de Rue Cases Nègres, d’Euzhan Palcy.

Entre 1984 et 1992

Acquisition par le Conseil régional de Martinique de trois œuvres majeures de René-Corail: «Maternité chevaline», «Le souci» et «Les vieux».

1986

Exposition à la MJC du Lamentin.

1987

Illustrations du livre Canne, sucre et rhum aux Antilles françaises, du XVIIe au XXe siècle, ouvrage collectif dirigé par Alain Grillon-Schneider. Réalisation d’une célèbre affiche pour les trente années de «L’Impératrice».

1988

Fresque murale à l’Anse-à-l’Âne: «Un certain jour de novembre chez Jojo».

Exposition collective des Anciens élèves des Arts Appliqués de la Martinique.

1988 -1989

Décoration d’une boîte de nuit en Suisse, à Genève.

Exposition de peintures et sculptures au Conseil général de Martinique: «L’insolite de Khokho».

1990

Réalisation d’une deuxième fresque à l’Anse-à-l’Âne «Chez Jojo, c’est chez toi».

1992

7avril, inauguration de la galerie Khokho René-Corail à la rue de la Croix Mission à Fort-de-France.

1993

Exposition historique à la Galerie Khokho René-Corail, de la Croix Mission (Fort-de-France): «L’amour de l’homme envers l’homme», du 5 au 17 octobre. Exposition de travaux de Khokho au Salon «Coup de Soleil» de l’Association pour le rayonnement des peintres sculpteurs d’Outre-mer, du 4 au 24 octobre. Séjour en Guyane où il réalise quelques œuvres.

1994

Exposition collective organisée au siège social de la société Alcatel autour du thème «Art et communica-tion»: «Les Alcat’arts, 1994», du 11 au 22 juin.

1995

Exposition collective – Galerie Khôkhô René-Corail – «Le sacré dans l’Art» du 5 au 20 janvier.

Exposition rétrospective au Musée du Rhum de Sainte-Marie – Sculptures, peintures, dessins – en décembre.

Fresque murale du restaurant «Chez Nini» à l’Anse Dufour, aux Trois-Îlets.

1996

Invité d’honneur de la manifestation artistique «Indigo, 1996» en Guadeloupe.

1998

13 février, décès de l’artiste Khokho René-Corail, dans le dénuement.

Source http://www.potomitan.info/bibliographie/khokho1.php

Études[modifier | modifier le code]

  • Certificat d’études primaires et entre en sixième, au cours complémentaires des Terres-Sainville.
  • Échec de René-Corail au brevet élémentaire
  • Études à l’École supérieure des arts appliqués de la rue Dupetit-Thouars, à Paris.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

C'est un sculpteur peu connu en France, c'est aussi un peintre très connu dans la Caraïbe. Voici une liste non complète avec certaines de ses œuvres :

  • La Statue du Nèg Mawon[4] : réalisateur de la statue du Nèg Mawon située sur la place du 22-mai du quartier Trénelle à Fort-de-France. La statue du Nèg Mawon a été érigée en 1971 à la demande d'Aimé Césaire le maire de l'époque. Elle symbolise l'abolition de l'esclavage mais aussi la lutte des esclaves par eux-mêmes pour leur propre émancipation. Le Nèg Mawon étant celui qui se libère de ses chaînes par lui-même.
  • Le Mémorial Frantz Fanon : réalisateur du monument situé dans le giratoire du Campus universitaire à Schœlcher. Il est une illustration du livre Peau noire, masques blancs du psychiatre Martiniquais Frantz Fanon. Il a été érigé en 1982 sous la direction de Marcel Manville et de Victor Permal du Cercle Frantz Fanon.
  • Le choc des deux mondes : réalisateur de la grande fresque au Lamentin sur un mur en face de la mairie. La fresque illustre la rencontre des premiers habitants de la Martinique (Les Caraïbes) et avec les Européens.
  • L'Arbre de la Liberté[5] : concepteur du monument situé au Lamentin sur la place du Nèg Mawon. Le monument a été terminé par l'artiste cubain Alberto Lescaye car Khôkhô René Corail est mort avant d'avoir terminé son œuvre.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]