André Aliker

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André Aliker
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André Aliker, né le dans le quartier Roches-Carrées sur la commune du Lamentin en Martinique, France et retrouvé mort ligoté le à Case-Pilote, est un militant communiste martiniquais. La mort d'Aliker est un détonateur pour le mouvement ouvrier en Martinique.

Biographie[modifier | modifier le code]

André Aliker est né dans une famille d’ouvriers agricoles. Il est frère de Pierre Aliker. Il suit ses études à l’école du bourg. Durant la Première Guerre mondiale, il se porte volontaire. Sa citation à l'ordre du régiment souligne : « modèle parfait de dévouement et de courage. Toujours volontaire pour les missions les plus périlleuses au cours desquelles il entraîne ses hommes par son allant, son mépris du danger[1]. »

De retour au pays en 1918, il travaille dans une épicerie à Fort-de-France, rue Blénac, puis s’installe ensuite à son compte dans le commerce de gros et demi-gros[2].

Militant, il est membre du groupe communiste Jean Jaurès et animateur du syndicat des employés de commerce. Parallèlement, il se passionne pour le journalisme, y voyant un moyen de dénoncer la situation sociale des ouvriers agricoles. Il est rédacteur en chef, correcteur et diffuseur du journal Justice, l’organe de presse du Parti communiste en Martinique, fondé par Jules Monnerot[3]. La première édition du journal date du .

Affaire Aubéry et assassinat[modifier | modifier le code]

Un jour de 1933, il apprend qu’Eugène Aubéry, l’une des figures les plus puissantes de l’île, est au cœur d’un vaste scandale financier mêlant fraude fiscale et corruption de magistrat. Il dévoile alors l'affaire dans le journal. Le gendre Aubéry se rend chez Aliker pour tenter de le corrompre ; ce dernier raconte l'anecdote dans son journal. Le , il est passé à tabac sur la place de la Savane, à Fort-de-France, alors qu'il sortait d’une représentation de cirque à laquelle il venait d'assister avec son épouse et ses deux enfants. Le , Aliker est enlevé, ligoté et bâillonné, et jeté à la mer. Il parvient à survivre grâce à ses talents de nageur. Il écrit à son frère Pierre qu'Eugène Aubéry a mis sa tête à prix. Le port d’arme qu’il réclame pour se protéger lui est refusé. Le , son corps ligoté est rejeté par la mer : André est retrouvé mort sur la plage de Fond-Bourlet, sur la commune de Case-Pilote[2].

Deux émigrés originaires de Sainte-Lucie, Moffat et Mellon, et une Martiniquaise soupçonnée d’avoir acheté la corde, sont arrêtés. La Martiniquaise est mise hors de cause[4]. Le , les assassins présumés d'Aliker sont acquittés par la cour d'assises de Gironde.

Son autre frère Marcel Aliker, tenant Aubéry (1879-1942) pour responsable de la mort d'André, tire sur lui avec un révolver. L'arme s'enraie. Marcel est acquitté par la cour d'assises de la Martinique sous la pression populaire[2].

Nombre de Martiniquais continuent de voir dans Eugène Aubéry le commanditaire du crime[5].

Film[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]