Manon Tardon

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Yvonne Renée Manon Tardon, dite Manon Tardon, née le à Fort-de-France (Martinique), et morte le dans la même ville est une figure de la Résistance intérieure française et de la France libre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et Famille[modifier | modifier le code]

Manon Tardon est la fille d'Asthon Tardon (1882-1944) et de Berthe Marie Waddy (1887-1961).

Manon Tardon est la troisième d'une famille de cinq enfants qui comptait trois garçons et deux filles, son père, Asthon (1882-1944) a été une des figures de la Martinique, propriétaire terrien de plus de 700 hectares, il produisait de la canne à sucre, des citrons, et du cacao. Au début du XXe siècle, il a été maire de la commune du Prêcheur pendant plusieurs décennies, et aussi conseiller général de la Martinique.

Son frère Raphaël Tardon était poète et écrivain, il décrivait l'Île et sa mixité sociale dans ses romans et recherches historiques. Elle est aussi la tante du scénariste et dialoguiste Bruno Tardon, qui a travaillé pour le cinéma et la télévision.

Études[modifier | modifier le code]

À l’âge où les enfants sont désignés pour suivre l'enseignement de l'école publique, on lui donne un précepteur à domicile. Plus tard, revenue à Fort-de-France elle sera inscrite au pensionnat colonial. Étant douée, elle mène de front les programmes de deux classes, seconde et première. Elle passe le Bac à 15 ans avec succès après avoir obtenu une dispense spéciale, vu son âge[1].

Ensuite, c'est le départ pour la Métropole et Paris, à l'avenue Mozart où elle va résider. Elle s'inscrit à la Sorbonne où elle se fait un ami du futur Président Georges Pompidou. En fin d'études, elle récolte une licence d'histoire et géographie et deux certificats supérieurs, une d'histoire moderne et contemporaine, l'autre d'histoire du Moyen Age.

Elle rencontre, au cours de ces années d’étude, Jack Sainte-Luce Banchelin qu’elle épousera. Celui-ci n’est autre que le fils du « Père » Banchelin, qui avait été censeur au vieux lycée Victor-Schœlcher, situé face au Palais du gouvernement, à angle des rues Liberté et Bertin. Son mari Jack est avocat au barreau de Paris et sera pendant la guerre commandant de parachutistes. De leur mariage naîtront une fille, morte en bas âge, et plus tard un fils, Pierre, né en 1942.

Engagement militaire[modifier | modifier le code]

La guerre venue, elle s'engage dans l'armée, et suit l'école des cadres du général de Lattre de Tassigny, des cours réguliers d'instruction militaire créés dès 1940 par le Général de Gaulle ; elle est confirmée spécialiste A.F.A.T., autrement dit « Arme féminine de l'armée de terre », d'abord admise au grade d'aspirant, puis d'officier Lieutenant.

Elle participe aux différents réseaux de résistance de la France libre, elle est réfugiée à Châteaudun en Eure-et-Loir, où elle se trouve au moment du débarquement des armées anglo-américaines en Normandie de 1944, elle accueille le les troupes du Général Bradley en route sur Paris qui suivirent celles du Général Leclerc de la 2e DB pour la libération de Paris.

Dans l'armée, elle sympathise avec une autre martiniquaise créole, Simone Beuzelin. Elle fera la campagne d'Alsace et de Vercors et recevra la croix de guerre avec palme vermeil pour son action menée pendant la guerre.

Le , elle fait partie de la délégation dirigée par le général de Lattre de Tassigny, pour recevoir l'acte de capitulation de l'Allemagne nazie. Elle y était présente en sa qualité d'officier spécialiste d'état-major de 1re catégorie, c'était certainement une des seules femmes présentes lors de cet événement historique.

Démobilisation[modifier | modifier le code]

En 1945 elle rentre à la Martinique en permission de 6 mois, pour régler des affaires familiales urgentes. Ensuite, elle est démobilisée sur place le 23 juin 1946. Manon apprit ensuite à piloter.

Combat personnel[modifier | modifier le code]

Elle livre, pendant une quinzaine d'années une longue et incessante bataille pour récupérer le domaine familial de l'Anse Couleuvre au Carbet, le patrimoine héréditaire, qui était occupé par un locataire. Elle parvient, enfin, à obtenir gain de cause dans le procès qui l'oppose à cet homme, et peut, ainsi reprendre définitivement possession de tous ses biens familiaux.

Calamity jane[modifier | modifier le code]

D'après le dires de sa famille, elle était considérée ainsi, elle faisait de longues siestes sur son rocking-chair dans le jardin de la propriété de L'anse Couleuvre, avec sa carabine Wincherter sur les genoux, elle dégommait ainsi les derniers serpents trigonocéphale restants sur la propriété, qu'avait tant combattu son père Asthon lors de son installation sur le domaine au début du XXe siècle.

Décès[modifier | modifier le code]

Manon est morte à 76 ans en 1989. Elle est tombée de l'escalier de la maison ancestrale sans que l'on sache pourquoi et a été déclarée morte lors de son transfert à l'hôpital de Fort-de-France. Elle a eu des obsèques officielles, où une délégation militaire était présente, son catafalque était recouvert du drapeau français, en hommage à son engagement pour la République.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Croix de guerre France Libre avec palme en vermeil.
  • Hommages militaires de la Nation lors de ses obsèques en 1989.
  • Nom d'une rue de Fort-de-France (quartier Plateau Didier) associée à son frère Raphaël.

Sources[modifier | modifier le code]

L'intégralité de cette note est issue des travaux et du témoignage de Madame France Tardon-Apprill (généalogiste et historienne amateur), nièce de Manon, qui a réussi à sauvegarder les archives écrites familiales, lors de la vente de la propriété ancestrale de sa famille à l'Anse-Couleuvre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notes de France Tardon-Apprill dans son cahier concernant sa famille

Liens externes[modifier | modifier le code]