Maïssa Bey

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Maïssa Bey
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Maïssa Bey, Comédie du Livre 2010, Montpellier.
Naissance
à Ksar el Boukhari, Algérie
Activité principale
Distinctions
Grand Prix de la nouvelle de la Société des gens de lettres 1998,
Prix Marguerite Audoux
Prix Cybèle 2005,
Grand Prix du roman francophone SILA 2008,
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

Nouvelles d'Algérie,
Cette fille-là,
Au commencement était la mer,
Hizya,
Entendez vous dans les montagnes.

Maïssa Bey, nom de plume de Samia Benameur, née en 1950 à Ksar el Boukhari (Algérie), est une femme de lettres algérienne[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Maïssa Bey suit des études universitaires de lettres à Alger puis elle enseigne le français à Sidi-Bel-Abbès dans l'ouest algérien, où elle anime l'association culturelle "Paroles et écritures", créée en 2000, dont l'objectif est d'ouvrir des espaces d'expression culturelle (création d'une bibliothèque en 2005, avec organisation de rencontres avec des auteurs, ateliers d'écriture, lecture de contes, animations diverses pour les enfants…)[2].

Elle a écrit des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des poèmes et des essais. Elle a reçu en 2005 le grand prix des libraires algériens pour l'ensemble de son œuvre.[réf. nécessaire]

Appartenances littéraires[modifier | modifier le code]

La littérature féminine est un phénomène récent où les auteures expriment le désir de prendre la parole et d’extérioriser leurs idées et leurs souffrances internes, l’envie de se libérer de l’exclusion sociale et crier l’existence souvent marginalisée par une distinction entre les sexes[3].

« Assia Djebar, Malika Mokeddem, Leila Sebbar, Maïssa Bey, Nina Bouraoui sont parmi les plus connues. Née en 1936, Assia Djebar est la première féministe algérienne, historienne et romancière, qui ouvre le chemin à ses consœurs pour prendre la parole de libération en Algérie dans leur combat pour l’émancipation des femmes et leurs libertés. »[4].

Les écrits des romancières avaient pour but de parler et de s'exprimer au-delà du silence, d'ailleurs certaines écrivaines comme Maissa Bey utilisent des pseudonymes afin de s'exprimer plus librement. Les sujets de l’écriture étaient dans un but de quête d’identité propre, et une recherche d’un sens plus clair des issues sociales, politiques et sexuelles auxquelles les femmes de la société sont confrontées, et ce à travers des récits autobiographiques ou semi-autobiographiques, ou à travers des protagonistes féminins[5].

Maissa Bey est l'une des figures de l'écriture féministe qui s'est intéressée à la situation de la femme algérienne depuis les années noires en Algérie. Elle incarne un personnage féminin social dans ses écrits où elle incite les femmes par le biais de l'écriture a revendiquer leurs droits et de s'assumer dans une société patriarcale. Cette écrivaine est considérée comme l'une des porte-paroles des femmes algériennes car elles ont trouvé dans sa plume les mots qui décrivent leurs situations et leur oppression[6].

Maissa Bey illustre dans ses œuvres des personnages ( souvent des femmes) qui vivent une situation complexe et qui se trouvent dans un contexte de violence, d'injustice et de soumission, et où la révolte est sévèrement réprimée. Les femmes se sont prises en proie dans ces conditions et des contraintes objectives d'un quotidien en Algérie. L’écrivaine montre une réalité et dénonce (malgré elle) à travers ses textes cette réalité où elle se bat elle-même en tant que femme, avant l’écrivaine qu'elle est devenue[7].

Son roman Cette fille là a été adaptée au théâtre par la féministe et directrice de théâtre Jocelyne Carmichaël en 2003[8].

Elle a déclaré lors d'une interview : «  Pour moi, tout s’est passé comme si tout à coup garder le silence équivalait à se rendre complice de ce que nous devions subir. Et les mots ont été et sont toujours - salvateurs en ce sens qu’ils m’ont aidée à mettre de l’ordre dans le chaos que nous vivions au quotidien »[9].

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Grand Prix de la nouvelle de la Société des gens de lettres 1998
  • Prix Marguerite Audoux[10]
  • Prix Cybèle 2005
  • Grand Prix du roman francophone SILA 2008,

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans
  • Au commencement était la mer[11], Éditions Marsa, 1996
  • Cette fille-là. Éditions de l'Aube, 2001 (Prix Marguerite Audoux)
  • Entendez-vous dans les montagnes, Éd. de l'Aube, 2002
  • Surtout ne te retourne pas. Éd. de l'Aube et Barzakh, 2005 (Prix Cybèle 2005)
  • Bleu, blanc, vert. Bleu, Éd. de l'Aube, 2006
  • Pierre, Sang, Papier ou Cendre, Éd. de l'Aube, 2008 (Grand Prix du roman francophone SILA 2008)
  • Puisque mon cœur est mort, Éd. de l'Aube, 2010 (Prix de l'Afrique Méditerranée/Maghreb 2010)
  • Hizya, Éd. l'Aube, 2015
Nouvelles
  • Nouvelles d'Algérie. Grasset, 1998 (Grand Prix de la nouvelle de la Société des gens de lettres 1998)
  • Sous le jasmin la nuit, Éd. l'Aube et Barzakh, 2004
Poésie
  • Sahara, mon amour, Éd. l'Aube, 2005 (photos O. Nekkache)
Essai
  • L'une et l'autre, Éd. de l'Aube, 2009
Théâtre
  • Tu vois c'que j'veux dire ?, Éd. Chèvre-feuille étoilée, 2013
  • On dirait qu'elle danse, Éd. Chèvre-feuille étoilée, 2014
  • Chaque pas que fait le soleil, Éd. Chèvre-feuille étoilée, 2015
Textes divers
  • À contre-silence, entretien avec Martine Marzloff, Paroles d'Aube, 1998

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christiane Ndiaye (dir.), Introduction aux littératures francophones: Afrique, Caraïbe, Maghreb, Les presses de l’université de Montréal, , 276 p. (ISBN 2-7606-1875-7, lire en ligne), p. 248.
  2. Claire et Reno Marca, Algérie. Soyez les bienvenus, Aubanel- Minerva (Genève), (ISBN 978-2-7006-0569-3), p. 237
  3. lifim2011, « LA LITTERATURE FEMININE D’EXPRESSION FRANÇAISE », sur lifim2011 (consulté le 14 février 2019)
  4. S. Seza Yılancıoglu, « Unveiling the Individual Memory of War in the Work of Maïssa Bey », Human and Social Studies, vol. 4, no 3,‎ , p. 73–89 (ISSN 2285-5920, DOI 10.1515/hssr-2015-0025, lire en ligne, consulté le 6 février 2019)
  5. « La littérature féminine de langue française au Maghreb », sur www.limag.com (consulté le 14 février 2019)
  6. TV5MONDE, « Maïssa Bey : je me suis libérée au moment où j'ai commencé à écrire » (consulté le 16 décembre 2018)
  7. Lila Ibrahim-Ouali, « Maïssa Bey: « des mots sous la cendre des jours »: Au Commencement était la mer et Nouvelles d'Algérie », L'Esprit Créateur, vol. 40, no 2,‎ , p. 75–85 (ISSN 1931-0234, DOI 10.1353/esp.2010.0139, lire en ligne, consulté le 9 février 2019)
  8. Filles du silence. Adaptation du roman de Maïssa Bey "Cette fille-là" - Jocelyne Carmichael (lire en ligne)
  9. « Entretien avec l’écrivaine Maïssa Bey pour la revue Binatna », sur La France en Algérie (consulté le 1er décembre 2018)
  10. Charles Bonn, Échanges et mutations des modèles littéraires entre l’Europe et L’Algérie : Contre le silence sur l’origine : position narrative et foisonnement de voix féminines dans “Cette fille-là“, de Maïssa Bey, L’Harmattan, (ISBN 2-7475-6261-1, lire en ligne), p. 269.
  11. Ndiaye 2004, p. 248

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]