Mérite de Trivulce

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Mérite de Trivulce, appelée aussi Marthe de Trivulce, ou encore "la dame de Cental", est une des filles du maréchal Jacques de Trivulce, (1448-1518), appelé aussi Jean-Jacques Trivulce ou "Trivulce le Grand"[1], héros de Marignan. Elle fut la châtelaine de La Tour d'Aigues, en jouant un rôle important au moment du Massacre de Mérindol[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Le mariage avec François de Bouliers[modifier | modifier le code]

La "Dame de Cental" devient l'épouse de[3] François de Bolliers, fils d'Antoine de Bolliers, vicomte de Reillanne, et seigneur de Centallo, Demonte et Roccasparvera, dans la province de Coni dans le Piémont en Italie, tout en étant propriétaire du château de La Tour d'Aigues, dans le Vaucluse. Pour défricher les hauteurs du Luberon, elle fait venir, comme son beau-père Antoine de Bolliers, des paysans vaudois du Piémont [4]. L'un de leurs fils sera Louis de Bolliers. Parmi leurs ancêtres, les prélats Michel de Bouliers Ier et Michel de Bouliers II.

L'intervention lors du massacre les vaudois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacre de Mérindol.

Lors de la persécution des Vaudois du Luberon en 1545, appelée aussi Massacre de Mérindol, Mérite de Trivulce s'oppose à Jean Maynier baron d’Oppède et premier président du Parlement d’Aix, qui a lancé la persécution, menée par Paulin de La Garde et Joseph d'Agoult. Selon l'historien Gabriel Audisio, spécialiste des vaudois, elle se montre "bonne pour ses sujets, fière et forte face au Parlement de Provence et à Maynier d'Oppède en particulier"[2]. Les paysans pourchassés peuvent trouver refuge, avec leur bêtes, dans son château.

La plainte de 1547[modifier | modifier le code]

Alors que l'armée du baron extermine 3000 personnes en cinq jours en détruisant 23 villages vaudois du Luberon, un procès contre les saccages et violences aux personnes sera réclamé par Mérite de Trivulce[5]. C'est elle qui est à l'origine de l'enquête royale, par une plainte déposée en 1547[6]. Le procès ne sera ouvert qu'après la mort de François Ier en 1547, à qui son père avait rendu de précieux services à Marignan. Défendue par plusieurs avocats, sa plainte fait état de terres brûlées[7]. Mais les soudards comme les parlementaires qui se sont enrichis sont tous acquittés[8].

Les travaux du futur château Renaissance[modifier | modifier le code]

Entre 1545 et 1550[9], devenue grand-mère, Mérite de Trivulce a procédé en son nom à l'achat de jardins et de maisons situés à proximité de l'ancien château La Tour d'Aigues, dans le Vaucluse., ce qui a permis à son petit-fils Jean-Louis Nicolas de Bolliers de Cental de finaliser à partir de 1550 la construction qui allait donner naissance, trente ans après, au plus grand et plus célèbre des châteaux Renaissance de la Provence, aujourd'hui partiellement détruit, qui a des émules au château de la Pouchade à Villelaure. Le petit-fils deviendra un assidu de la Reine Margot à la Cour de France[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie, copyright Jean Gallian [1]
  2. a et b "Guide historique du Luberon vaudois", par Gabriel Audisio, page 62, Éditions du Parc naturel régional du Luberon mars 2002
  3. "L'évolution pseudocyclique des civilisations", par Francis de Lestrac, 1985, page 166
  4. "La Chorographie ou Description de Provence, et l'histoire Chronologique du mesme pays" (1664) Tome premier Par le Sieur Honoré Bouche, docteur en théologie, page 622 [2]
  5. "L'État de la Provence", Volume 1, par Dominique Robert de Briançon (1693) [3]
  6. "Collection des ordonnances des rois de France: 2 janvier 1546-mars 1547, Académie des sciences morales et politiques, Imprimerie. nationale, 1892
  7. "La Chorographie ou Description de Provence, et l'histoire Chronologique du mesme pays" (1664) Tome premier Par le Sieur Honoré Bouche, docteur en théologie, page 622 [4]
  8. Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Club France Loisirs, (ISBN 2-7242-0785-8)., p. 129-135
  9. Histoire du Luberon [5]
  10. "La Provence Et L'amour", par Maurice Pezet, page 166 [6]