Mémoires d'un moine aventurier tibétain

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Mémoires d'un moine aventurier tibétain
Auteur Tashi Khedrup et Hugh E. Richardson
Genre Autobiographie
Version originale
Langue Anglais
Titre Adventures of a Tibetan fighting monk
Éditeur Orchid Press
Date de parution 1986
ISBN 9748299171
Version française
Traducteur Marianne Guénot
Éditeur Olizane, Picquier
Date de parution 1991, 1998
Nombre de pages 208
ISBN 2-87730-397-7

Mémoires d'un moine aventurier tibétain (en anglais : Adventures of a Tibetan Fighting Monk)[1] est l'autobiographie, publiée en 1986, d'un ancien dob-dob, Tashi Khedrup, un moine tibétain entraîné aux arts martiaux. La version originale, en anglais, a été transcrite par Hugh E. Richardson qui écrivit l'avant-propos de l'ouvrage. La traduction de l'ouvrage en français par Marianne Guénot a été publiée aux éditions Olizane à Genève en 1991 sous le titre Mémoires de Tashi Khedrup, moine aventurier tibétain puis en format poche en 1998 aux éditions Philippe Picquier.

Résumé[modifier | modifier le code]

Ce récit décrit la vie d'un moine tibétain d'origine rurale qui finit par devenir un moine combattant ou dob-dob réputé[2]. Entraîné aux arts martiaux, il assure la sécurité dans un monastère et sert de garde du corps à de grands lamas lors de leurs déplacements au Tibet. L'histoire décrit aussi l'Intervention militaire chinoise au Tibet (1950-1951), le soulèvement tibétain de 1959 et d'autres événements. Tashi Khedrup a protégé la fuite d'un lama en Inde, et a lui-même été contraint à l'exil dans ce pays, puis en Angleterre[3].

Tashi Khedrup, aussi connu sous le nom de Lhakpa, naît en 1937 à Tshapanang, un village situé à 50 km (deux jours de voyage) de Lhassa en descendant la vallée de la rivière Kyi chu. À l'âge de 4 ans, il devient moine novice au quartier d'habitation ou labrang d'un lama réincarné, Sharpa Tulkou, du collège Mé du monastère de Séra[4],[5] après que ce lama, réputé pour son habileté médicale, l'eut soigné d'une inflammation de l’œil[6].

À la mort du lama, le jeune novice, qui n'a que neuf ans, fait de petits boulots : il s'occupe des chevaux dans les écuries du labrang où il dort, il vit avec des nomades sur des domaines appartenant au labrang dans la région de Dakpo, au sud de Lhassa[4],[7].

Il est ensuite assistant du gouverneur de Kyirong et intendant d'un domaine de Nyimo appartenant à une famille noble de Lhassa. Il travaille même dans un restaurant pendant quelque temps[4].

Peu après le soulèvement tibétain de 1959, il gagne l'Inde où il rencontre David Snellgrove dans le camp de réfugiés de Dalhousie. Tashi Khedrup demande à Snellgrove de lui obtenir une prothèse pour remplacer une de ses jambes perdue après sa fuite. Pour cela, Snellgrove doit l’amener en Angleterre, où Khedrup prend la nationalité anglaise[8],[9].

Son autobiographie est une mine d'informations sur la vie, l'économie et les mœurs de Séra et en particulier des moines de rang inférieur[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Tashi Khedrup, Adventures of a Tibetan Fighting Monk, ed. Tadeusz Skorupski, comp. Hugh Richardson, Orchid Press, Bangkok, 1998.
  2. (en) John Pinfold, Tibet, Clio Press, 1991, (ISBN 1851091580), p. 38 : « He was born in a rural village, ordained as a monk and eventually became one of the renowned Dob-dob or fighting monks. »
  3. Présentation de l'éditeur de Mémoires d'un moine aventurier tibétain: « Ce récit relate la vie d'un dob-dob, moine tibétain entraîné aux arts martiaux et destiné à assurer la sécurité à l'intérieur des monastères, au milieu de milliers de moines, servant parfois de "gorille" aux grands lamas lors de leurs déplacements dans le pays. Cette histoire n'est donc pas la biographie d'un dignitaire, mais la vie d'un simple moine qui a pu témoigner, en dehors de la hiérarchie et des conventions, de l'invasion chinoise, du soulèvement de Lhassa et d'autres événements dont nous ne connaissons souvent que la version officielle. Tashi a protégé également la fuite d'un grand lama en Inde, et se souvient ici de son propre exil forcé en Inde, puis en Grande-Bretagne. Le tibétologue anglais Hugh Richardson a transcrit de manière vivante les mémoires de son ami Tashi Khedrup. »
  4. a b c et d (en) José Ignacio Cabezón, Tashi Khedrup: A Sera Dob dob, Tibetan and Himalayan Library, 2004.
  5. Tashi Khedrup, op. cit., p. 9, p. 21. « Les labrang, quartiers d'habitation du lama (...) J'entrai comme novice au labrang de Sharpa attaché au Khamtsen de Kongbo du collège Me du monastère de Sera »
  6. Tashi Khedrup, op. cit., p. 18.
  7. Tashi Khedrup, op. cit., p. 35, 38-39.
  8. Bulletin critique du livre français, numéros 553 à 558, 1992, p. 236 : « Traduction française de la • biographie • d'un ancien moine guerrier tibétain qui, ayant gagné l'Inde peu après l'installation des Chinois à Lhassa, y a rencontré le savant bouddhologue Snellgrove, l'a suivi en Grande-Bretagne, et a finalement pris la nationalité anglaise. Ces souvenirs de Tashi (• Bonne chance •) ont été recueillis par Hugh Richardson, qui a ainsi découvert tout un pan de la vie tibétaine que neuf ans passés au Tibet ne lui avaient pourtant pas permis de connaître. »
  9. (en) David Snellgrove HOW SAMTEN GYALTSEN CAME TO EUROPE : « The “fighting monk” Lhakpa was a very different case. Having lost a leg soon after his flight, he approached me when I was on a visit to the Indian-run refugee settlement at Dalhousie (a well known Himalayan resort in the old British days). He asked if I could obtain for him an artificial limb. At that time this could only be done satisfactorily by accepting full responsibility for him and eventually taking him back to England. (His only given name was Lhakpa, meaning Wednesday, but I prefixed this by the name Tashi, meaning Good Fortune, and added the “surname” Khedrup from his village near Lhasa. For his life-story see Hugh E. Richardson, Adventures of a Tibetan fighting monk, Tamarind Press, Bangkok 1986.) »