Hugh E. Richardson

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Hugh Richardson
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Hugh Richardson en 1936 au Tibet

Naissance
St Andrews
Décès (à 94 ans)
St Andrews
Nationalité Britannique
Profession
Diplomate et tibétologue britannique
Activité principale
Autres activités
écrivain
Formation
Distinctions
Hugh Richardson

Hugh E. Richardson ( à St Andrews - à St Andrews) est un diplomate et tibétologue britannique qui représenta la Grande-Bretagne à Lhassa de 1936 à 1940 puis de 1946 à 1950, période à la fin de laquelle il fut le représentant de l'Inde nouvellement indépendante. Lee Feigon, historien américain spécialiste de la Chine et du Tibet, voit en lui « le dernier ambassadeur britannique au Tibet »[1].

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

Ses travaux universitaires ont porté sur l'histoire de l'empire tibétain, et en particulier sur l'épigraphie. Né à Saint Andrews, il étudia les lettres classiques au Keble College à Oxford.

Carrière de diplomate au Tibet[modifier | modifier le code]

Il intégra la fonction publique en 1930 et représenta la Grande-Bretagne à Lhassa, la capitale du Tibet, de 1936 à 1940 puis de 1946 à 1950, devenant, dans les dernières années, le représentant diplomatique de l'Inde, indépendante depuis 1947, son successeur indien n'étant pas encore formé[2]. Après avoir pris sa retraite de la fonction publique en 1951, il retourna à Saint Andrews, y passant le restant de sa vie comme chercheur indépendant.

Linguiste accompli, il parlait couramment le bengali, compétence qu'il exploita pour converser avec Rabîndranâth Tagore, ainsi que le tibétain, décrit par le politicien tibétain Tsepon W.D. Shakabpa comme « tibétain de Lhassa impeccable avec un léger accent d'Oxford » [3].

Il se fit l'avocat du droit des Tibétains à une existence politique séparée dans deux livres,Tibet and Its History (1962) et A Cultural History of Tibet (1968, écrit avec David Snellgrove (en)), ainsi qu'aux Nations unies quand « la question de l'oppression chinoise au Tibet fut soulevée par la République irlandaise ». Là, selon les mots d'un commentateur, « il a agi vaillamment comme un homme d'honneur pour une cause qui est perdue principalement à cause des notions d'opportunité politique, où l'on choisit son camp sans égard pour les principes et afin de ne pas risquer de s'aligner sur un perdant potentiel, malgré les mérites qu'il peut avoir » – une position qui lui valut, selon certaines sources, le déplaisir des délégations britannique comme indienne à l'Assemblée de l'ONU [4].

Il écrivit plus tard : « Le gouvernement britannique, le seul gouvernement parmi les pays occidentaux à avoir eu des relations de traité avec le Tibet, a trahi les Tibétains et leur a depuis constamment tourné le dos si bien qu'en 1959, il ne put même pas soutenir une résolution de l'ONU condamnant les violations des droits de l’homme par les Chinois au Tibet »[5].

Il déclara aussi qu'il se sentait « profondément honteux », non seulement du refus du gouvernement britannique de reconnaître le droit du Tibet à l'autodétermination, mais aussi du traitement réservé au 14e Dalai Lama par le gouvernement[6].

Rencontres avec des personnalités étrangères[modifier | modifier le code]

Quand il était en poste à Lhassa, Richardson eut à connaître Ernst Schäfer, le chef de l'Expédition allemande au Tibet (1938-1939)[7]. Il rencontra aussi l'alpiniste allemand Heinrich Harrer, membre de l'expédition allemande au Nanga Perbat en 1939, réfugié à Lhassa dans la deuxième moitié des années 1940. Ce dernier, dans son livre Sept ans d'aventure au Tibet, loue les qualités de joueur de tennis et de jardinier du représentant britannique[8]. Harrer et son compagnon, Peter Aufschnaiter, qui s'étaient échappés, en 1944, du camp de prisonniers de guerre de Dehra Dun en Inde britannique et avaient gagné Lhassa en 1946, purent y rester grâce à Richardson qui avait conclu que leur présence n'était pas de nature à causer du tort aux intérêts militaires de la Grande-Bretagne[9].

Il rencontra aussi Amaury de Riencourt[10], un historien et écrivain français qui visita le Tibet en 1947 et qui séjourna à Lhassa où il resta 5 mois[11].

Fondation de la Tibet Society[modifier | modifier le code]

Jeffrey Steinberg (en), un militant du mouvement de Lyndon LaRouche, écrit qu'« après son départ à la « retraite » en 1951, Richardson fonda la Tibet Society, premier groupe de soutien au Tibet, et à l'époque la seule ONG au monde à remettre en question la souveraineté de la Chine sur le Tibet »[12].

Cependant, la Tibet Society se présente comme ayant été fondée en 1959 précisant que tous ses fondateurs ont connu le Tibet libre et indépendant, ont vécu à Lhassa, ou ont été en relation directe avec le gouvernement tibétain. Elle mentionne le nom de Hugh E. Richardson, et celui de Robert Ford, qui en est encore de nos jours le vice-président[13].

Membre du Comité des Cent pour le Tibet[modifier | modifier le code]

Il fut membre du Comité des 100 pour le Tibet, une organisation fondée en 1992 et défendant le droit à l’autodétermination du peuple tibétain[14],[15].

Prix[modifier | modifier le code]

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

  • “Three ancient inscriptions from Tibet”, Journal of the Royal Asiatic Society of Bengal 15, (1949): 45-64.
  • Ancient historical edicts at Lhasa and the Mu Tsung / Khri Gtsung Lde Brtsan treaty of A.D. 821-822 from the inscription at Lhasa, London: Royal Asiatic Society Prize Publication Fund 19, 1952.
  • “Tibetan inscriptions at Zva-hi Lha Khang”, London: Journal of the Royal Asiatic Society, (1952): 133-54 (1953): 1-12.
  • “A ninth-century inscription from Rkong-po”, Journal of the Royal Asiatic Society. London, (1954): 157-73.
  • “A Tibetan Inscription from Rgyal Lha-khang”, Journal of the Royal Asiatic Society London, (1957): 57-78.
  • “A new inscription of Khri Srong Lde Brtans”, Journal of the Royal Asiatic Society London. (1964): 1-13.
  • 1965a "How old was Srong-brtsan Sgam-po ?", Bulletin of Tibetology, vol. 2, no. 1, 6-8. Repr. in Richardson 1998: 3-6.
  • 1965b "A fragment from Tun-huang", Bulletin of Tibetology, vol. 2, no. 3, 33-38. Repr. in Richardson 1998: 7-11.
  • “The inscription at the Tomb of Khri Lde Srong Btsan”, Journal of the Royal Asiatic Society (1969): 29-38
  • “Tibetan chis and tschis”, Asia Major 14 (1969): 154-6.
  • “The rKong-po Inscription”, Journal of the Royal Asiatic Society London. (1972): 30-39.
  • “The Skar-cung inscription”, Journal of the Royal Asiatic Society. (1973): 12-20.
  • Ch'ing Dynasty Inscriptions at Lhasa, (Serie Orientale Roma v. 47). Rome: Instituto italiano per l'africa e l'oriente. 1974.
  • “The Sino-Tibetan treaty inscription of A.D. 821/823 at Lhasa”, Journal of the Royal Asiatic Society: (1978): 137-62.
  • “Bal-po and Lho-bal”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 46 (1983): 136-8.
  • A corpus of Early Tibetan Inscriptions, (James G. Forlong (en) Series no. 29). Hertford: Royal Asiatic Society, 1985.
  • “Early Tibetan Inscriptions: Some Recent Discoveries”, The Tibet Journal 12.2.Dharamsala: Library of Tibetan works and archives, (1987): 3-15. (reprinted with 2 short notes added) Bulletin of Tibetology n.s. 3. Gangtok Sikkim Research Institute of Tibetology, (1987): 5-18. High Peaks, Pure Earth. London: Serindia, 1998: 261-275.
  • “More Early Inscriptions from Tibet”, Bulletin of Tibetology. New Series 2. Gangtok Sikkim Research Institute of Tibetology. (1988): 5-8. High Peaks, Pure Earth. London: Serindia, 1998: 276-278.
  • "Eary Tibetan law concerning dog-bite", Bulletin of Tibetology, new ser. 3, 5-10. Repr. in Richardson 1998: 135-139.
  • "Hunting accidents in early Tibet", Tibet Journal, 15-4, 5-27. Repr. in Richardson 1998: 149-166.
  • “The Tibetan Inscription attributed to Ye shes ‘od”, Journal of the Royal Asiatic Society. 3rd Series 5.3. (1995): 403-404.
  • “The inscription at Ra-tshag Dgon-pa”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 58 (1995): 534-9; High Peaks, Pure Earth. London: Serindia, 1998: 286-291.
  • Adventures of Tibetan Fighting Monk, with Khedrup Tashi, White Orchid Books; (ISBN 9748736873), Orchid Press, 2006, (ISBN 9748299171)
  • High peaks, pure earth: collected writings on Tibetan history and culture, Serindia publications, London, 1998.
  • Mémoires d'un moine aventurier tibétain, 1999

Hommage à Hugh Richarson :

  • Tibetan Studies in Honour of Hugh Richardson, sous la direction de Michael Aris et Aung San Suu Kyi, p. 284. (1979). Vikas Publishing house, New Delhi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Lee Feigon, Demystifying Tibet : unlocking the secrets of the land of the snows, Chicago, Ivan R. Dee, Publisher,‎ , 256 p. (ISBN 9781566631969), p. 63 : « Hugh Richardson, the last British ambassador to Tibet »]
  2. (en) Heinrich Harrer, Seven years in Tibet, translated from the German by Richard Graves; with an introduction by Peter Fleming; foreword by the Dalai Lama, E. P. Dutton, 1954; « India's declaration of independence settled the fate of the British Legation in Lhasa. The British staff were replaced by Indians, but Mr. Richardson stayed on until September 1950, as the Indians had no trained candidate for his post. »
  3. (en) Our Last Man In Lhasa, He Brought Unrivalled Knowledge Of Tibet To Warnings Of Chinese Ambitions.
  4. (en) Obituary -- Dr Hugh Richardson.
  5. (en) M. G. Chitkara, Buddhism, reincarnation, and Dalai Lamas of Tibet, New Delhi, A.P.H. Pub. Corp,‎ (ISBN 9788170249306 et 8170249309), p. 164 : « The British government, the only government among Western countries to have had treaty relations with Tibet, sold the Tibetans down the river and since then have constantly cold-shouldered the Tibetans so that in 1959 they could not even support a resolution in the UN condemning the violation of human rights in Tibet by the Chinese. »
  6. (en) My Direct Experience of Independence Tibet 1936-49.
  7. (en) Alex McKay, Tibet and the British Raj : the frontier cadre, 1904-1947, Richmond, Surrey, Curzon,‎ (ISBN 9780700706273, lire en ligne), p. 175
  8. (en) Heinrich Harrer, Seven years in Tibet, op. cit. : « Soon we had collected quite a number of players. Incontestably the best was Mr. Liu, the secretary of the Chinese Legation ; then came M. Richardson, the British Minister, a gaunt Scotsman, slim and tough in his professional work. He had only one hobby - his splendid flower and vegetable garden ».
  9. (en) David Snellgrove, Hugh Richardson (22 Dec 1905 - 3 Dec 2000), in Buddhist Studies Review 18, 1 (2001), pp. 107-111, en particulier p. 108 : « Better known perhaps in his kindly treatment of the two prisoners of war, Heinrich Harrer and Peter Aufschnaiter, who escaped from a prison-camp in Dehra Dun and arrived in Lhasa in 1946. Although it was his duty to return them to confinement in India, he soon realized that they were no danger to Britain's wartime interests and has allowed them to remain. »
  10. Amaury de Riencourt, Le Toit du monde : Tibet et Asie, traduit de l'anglais par René Jouan, 1955, Éditions France-Empire, p. 52 et 109
  11. Jamyang Norbu, Black Annals: Goldstein & The Negation Of Tibetan History (Part I), sur le blog Shadow of Tibet, 19 juillet 2008.
  12. (en) Jeffrey Steinberg, Great Eurasian War Drive site larouchepub.com : « Upon his "retirement" in 1951, Richardson established the Tibet Society of the UK, at the time the only non-governmental organization in the world that disputed Chinese sovereignty over Tibet (...) ». Steinberg qualifie Richardson d'« architecte de la fiction du Tibet "indépendant" » (« A recipient of the Order of the British Empire, Richarson was the architect of the "independent" Tibet hoax ».
  13. (en) Tibet Society
  14. (en) About Us Committee of 100 for Tibet, « We defend the right of Tibetans to their own national identity and chosen way of life and are committed to advancing the Tibetan people's legitimate right to decide their own future consistent with their United Nations-recognized right to self-determination. »
  15. Qualifiée d'« organisation anti-chinoise réunissant célébrités, érudits et agents de renseignement » par le militant du mouvement de Lyndon LaRouche Mike Billington (en) dans son compte rendu du livre de Christopher Hale, Himmler's crusade, John Wiley & Sons, Hoboken, N.J., 2003.
  16. Jeffrey Steinberg, op. cit.
  17. Hugh Richardson (1905-2000)


Liens externes[modifier | modifier le code]