Lucien Fromage

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Lucien Fromage
Description de l'image Lucien Fromage.jpg.
Naissance
Lisieux, France
Décès
Darnétal, France
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence France
Diplôme
autodidacte
Profession
Autres activités
Homme politique
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur

Lucien Fromage, né le à Lisieux et mort le à Darnétal, est un manufacturier et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrivé à Rouen en 1837 avec son expérience de tisserand rural, Fromage entre comme contremaître chez Jeuffroy et Huet, fabricants de bretelles à Darnétal. Il met au point un métier mécanique pour couvrir le latex filé de coton ou de soie.

Promu directeur en 1842[1], il rachète la maison Huet dix ans plus tard, qui devient alors la société « Lucien Fromage et Cie ». Il rachète ses concurrents : Capron en 1855, Baron en 1860.

Il représente à lui seul la moitié de la production de tissu de bretelles et jarretières à Rouen. Le chiffre d'affaires de son entreprise s'élève à 1 800 000 francs par an, et 60 % de sa production est exportée[2]. Il est l'inventeur d'une partie des machines qui fonctionnent dans son usine[3], comme son métier à tisser. En 1868, il est relevé posséder 30 métiers rue des Petites-Eaux à Rouen et 430 à Darnétal[4].

Pendant la guerre de 1870, Lucien Fromage met un point d’honneur à faire fonctionner ses ateliers. À la sortie de la guerre, l’entreprise Fromage est constituée de trois établissements. Il conçoit alors le projet d’élever une grande usine, dont les plans sont sa réalisation. La construction commence dès 1875 avec l’aile gauche et se terminera en 1880. Cette usine fonctionne à la vapeur, d'où la présence d'une cheminée. Le bâtiment mesure 162 mètres de long, 24 mètres de large et 16 mètres de hauteur. L’usine s'organise autour de trois étages carrés en brique rouge couverts d’ardoise, qui constitue le corps central, duquel viennent se greffer deux ailes qui longent le Robec. Elle est édifiée sur un terrain de 2,5 ha acquis en 1867, ancien corps de ferme dite « Croix d’Alouette ». Sur ce terrain sont édifiés l'usine[5], la maison du directeur[6] et le reste compose un parc.

En 1885, il est délégué adjoint à la commission française d'organisation et président du Jury des Récompenses de la classe 32 à l'Exposition universelle d'Anvers. Il avait été à plusieurs reprises récompensé lors des précédent expositions.

Il avait été décoré de la croix de la Légion d'honneur en 1885.

À sa mort, l’affaire de Lucien Fromage est reprise par ses fils Albert et Georges et devient « Fromages Frères »[7]. À la fin du XIXe siècle, l'usine Fromage et le tissage Sauvage établi dans le quartier Saint-Sever à Rouen, produisent près de la moitié des tissus élastiques fabriqués en France. Georges Fromage s'associe en 1901 à Boyer-Vidal, gendre de son frère Albert, puis à Raymond Boyer-Vidal et René Marc, son propre gendre, en 1926. En 1957, le tissage produit cinq millions de mètres de tissus élastiques par an. L'usine ayant fermé en 1976, l'atelier de fabrication abrite aujourd'hui l'École nationale supérieure d'architecture de Normandie et une annexe des archives départementales de Seine-Maritime.

Mandats et actions politiques[modifier | modifier le code]

  • Conseiller municipal de Darnétal pendant 26 ans
  • Adjoint au maire de Darnétal pendant 7 ans
  • Maire provisoire de Darnétal pendant 3 ans
  • Commissaire cantonal et membre du conseil d’arrondissement de Rouen. Son action a mis en échec le projet de la ville de Rouen de capter les sources du Robec en 1864.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Transport maritime des trains de chemin de fer, Darnétal, Fruchart, , 5 p. (OCLC 457447459)
  • Ouverture d'une large voie de communication traversant la ville de Darnétal dans toute sa longueur, Darnétal, Fruchart, , 8 p. (OCLC 457447417)
  • Distribution d'eau dans la ville de Rouen : opposition au projet de la ville dans l'intérêt des riverains de Robec et d'Aubette, Rouen, Imprimerie de E. Cagniard, , 20 p. (lire en ligne)
  • Projet pratique d'une souscription nationale, soumis à l'Assemblée nationale, le 22 janvier 1872, Rouen, Imprimerie de E. Cagniard, , 6 p. (lire en ligne)
  • Aperçu de ce que doit être la souscription nationale pour arriver à payer l'indemnité de guerre due à l'Allemagne, Rouen, Imprimerie de E. Cagniard, , 7 p. (lire en ligne)
  • La Tour de Carville et urgence de sa restauration, .

Sources[modifier | modifier le code]

  • ENSAN, Carnet de visite à l'usine Fromage de Darnétal. Darnétal, Centre de documentation ENSAN, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Lambert-Dansette, Histoire de l'entreprise et des chefs d'entreprise en France, L'Harmattan, Paris, 2001.
  2. Michel Chevalier, Rapports du Jury international, volume 5, Imprimerie et librairies centrales des chemins de fer, Paris, 1862.
  3. Michel Chevalier, Rapports du Jury international, volume 4, Imprimerie administrative de Paul Dupont, Paris, 1868.
  4. Chambre de commerce de Rouen, Exposé de la situation des industries du coton et des produits chimiques dans la Seine-Inférieure et l'Eure, Impr. Ch.-F. Lapierre et Cie, Rouen, 1869
  5. Elle abrite aujourd'hui l'École nationale supérieure d'architecture de Normandie et une annexe des Archives départementales de Seine-Maritime.
  6. Située dans la partie Ouest du parc, elle s'est écroulée en 1987.
  7. Notice no IA00021017, base Mérimée, ministère français de la Culture

Articles connexes[modifier | modifier le code]