Louis-César de La Baume Le Blanc de La Vallière

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Louis-César de La Baume Le Blanc de La Vallière
Portrait par Charles-Nicolas Cochin
Portrait par Charles-Nicolas Cochin

Titre Grand Fauconnier de France
(1748-1780)
Autre titre Duc de La Vallière
Prédécesseur Louis-François Dauvet
Successeur Louis-Gaucher de Châtillon (1762)
Jules-César de Crémeaux (1780)
Biographie
Naissance
Décès
Père Charles François de la Baume Le Blanc
Mère Marie-Thérèse de Noailles
Conjoint Anne-Julie Françoise de Crussol d'Uzès
Catalogue de la première partie de la vente des livres du duc de La Vallière (1783.)

Louis César de La Baume Le Blanc, duc de Vaujours, puis duc de La Vallière, est un militaire et bibliophile français, né le et mort le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Charles François de la Baume Le Blanc, marquis puis duc de La Vallière, petit-neveu de la duchesse de La Vallière, maîtresse de Louis XIV, et de Marie-Thérèse de Noailles. Louis César de la Baume Le Blanc épouse (1732) Anne-Julie Françoise de Crussol d'Uzès (11 décembre 1713 – 2 janvier 1797)[1].

Le duc de La Vallière est colonel du régiment d’infanterie de son nom en 1727, à dix-neuf ans. En 1730, son père démissionne de sa pairie de France en sa faveur. Il est alors connu sous le nom de duc de Vaujours. En 1739, il hérite de son père le duché de la Vallière et le gouvernement du Bourbonnais. Le duc de la Vallière est capitaine des chasses de la capitainerie royale de Montrouge et Grand Fauconnier de France en 1748. Apprécié de Louis XV, il est également proche de Madame de Pompadour, qui le nomme directeur de son théâtre de société personnel.

Il avait apparemment piètre réputation puisqu'on lit dans les Mémoires secrets de Bachaumont (19 novembre 1780) : « M. le duc de La Vallière vient de mourir. C'était un des seigneurs les plus corrompus de la vieille cour, ami du feu roi et voué à toutes ses maîtresses. Il mérite cependant qu'on conserve son nom à la postérité comme auteur distingué, comme protecteur des lettres et même comme faiseur. Il avait vendu une fois sa bibliothèque très renommée alors pour les manuscrits. Il s'en était composé une autre d'un nouveau genre, fort précieuse encore ; il avait des tableaux et, moderne Lucullus, il possédait des jardins délicieux, comme ce Romain. »[2]

Il est surtout connu comme l'un des plus grands bibliophiles du XVIIIe siècle[3]. Avec l'aide de son bibliothécaire, l'abbé Rive, il achetait des bibliothèques entières et revendait les ouvrages qu'il avait en double. Il a laissé son nom à une teinte de maroquin, de nuance feuille morte. Sa bibliothèque a été vendue en trois vacations en 1767, 1783 et 1788. Une partie en a été acquise par le comte d'Artois et incorporée au fonds de la bibliothèque de l'Arsenal.

De 1739 à 1763, il possède le château de Champs-sur-Marne, dont son père avait reçu en 1718 la nue-propriété de la princesse de Conti, fille légitimée de Louis XIV et de Louise de La Vallière. Il y mène une vie brillante, recevant des hommes de lettres comme Diderot, Voltaire, d'Alembert, Moncrif. Après la construction de son magnifique château de Montrouge (aujourd'hui remplacé par l'hôtel de ville de Montrouge[4]), vers 1750, il délaisse Champs, qu'il loue à Madame de Pompadour, et finit par vendre en 1763.

Il est fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit le .

Le duc de La Vallière a fait publier Ballets, opera, et autres ouvrages lyriques (1760) et la Bibliothèque du Théâtre-Français (1768, 3 vol. in-12) dont le principal rédacteur est Barthélemy Mercier de Saint-Léger.

En 1777 il fait obtenir à son protégé Pierre Robert Alixand de Montceau un brevet de conseiller du Roi en sa Capitainerie des Chasses du Louvre. Ce geste n'est pas tout à fait désintéressé car il a des vues sur la fille de ce dernier qui se trouve au couvent du Petit-Luxembourg, à Paris. Il échange une correspondance de près d'un an et demi qui laisse penser à sa lecture qu'il s'agit bien d'une liaison amoureuse. À son décès le 16 novembre 1780, il laisse à la jeune Anne Charlotte Alixand de Montceau qu'il nomme « son bel enfant », une rente annuelle de 3000 livres.

Références[modifier | modifier le code]

  1. André René Le Paige, Dictionnaire topographique, historique, généalogique et…, (1777) Vol. 2, p. 500
  2. Gustave Vapereau, « Louis César de La Baume Le Blanc, duc de La Vallière » in Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, 2 volumes
  3. Grende Georges cardinal (dir.), Dictionnaire des lettres françaises. Le XVIIIe siècle, nouvelle édition revue et mise à jour sous la direction de François Moureau, Paris, Fayard, 1995
  4. « L'Hôtel de Ville et son kiosque », sur le site de la ville de Montrouge (consulté le 13 juin 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Coq, « Le parangon du bibliophile français : le duc de La Vallière et sa collection », dans Histoire des bibliothèques françaises, Cl. Jolly dir., Paris, Promodis Cercle de la Librairie, 1988