Leon Eisenberg

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Leon Eisenberg
Portrait de Leon Eisenberg
Leon Eisenberg en 2002
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à PhiladelphieVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
à CambridgeVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Carola Blitzman Eisenberg (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation École de médecine Perelman à l'université de Pennsylvanie (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Profession Psychiatre et pédopsychiatre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université HarvardVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Prix MacArthur, Walsh McDermott Medal (d) et Sarnat Prize (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Académie nationale de médecine des États-UnisVoir et modifier les données sur Wikidata

Leon Eisenberg ( - [1]), fils d’immigrants judéo-russes, est un pédopsychiatre américain et un psychiatre social[2], ainsi qu'un formateur médical « qui a transformé la psychiatrie pédiatrique en préconisant la recherche sur le développement des problèmes[trad 1],[3],[4]. » Il a proposé plusieurs « premières » en médecine et en psychiatrie. Il s'est illustré en pédopsychiatrie, en autisme (en s'impliquant dans des controverses), en essais cliniques aléatoires, en médecine sociale, en santé globale, en discrimination positive[5] et en psychiatrie fondée sur les faits.

Il a quitté le Department of Child and adolescent psychiatry du Johns Hopkins Hospital en 1967, où il était directeur du département depuis le départ de Leo Kanner en 1959[6]. Après son départ du Harvard Medical School en 1988, il a occupé le poste de professeur émérite en médecine sociale et en psychiatrie au Department of Global Health and Social Medicine du Harvard Medical School à Boston. Il y donnait des cours, rédigeait et supervisait des étudiants[7],[8]. Il a occupé ce poste jusqu'à quelques mois avant son décès en 2009.

Il a obtenu son baccalauréat et son diplôme de médecine de l'Université de Pennsylvanie. Alors qu'il suivait sa formation en psychiatrie dans deux institutions, le Johns Hopkins Hospital à Baltimore et le Massachusetts General Hospital à Boston, il y était Chief of Psychiatry pour les deux institutions.

Controverse[modifier | modifier le code]

Alors que toute sa vie il avait contribué à créer l’illusion de l’existence du trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) jusqu’à en être considéré comme le « père scientifique », Léon Eisenberg a fait, peu avant sa mort, cette ultime déclaration au journal Der Spiegel, paru le 6 février 2012 :

« Dans le DSM, le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité est apparue en 1968 et y a encore sa place aujourd'hui, sous le nom de TDAH, devenu banal entre-temps. C'était une maladie dans le monde qui plaisait à beaucoup de gens. L'idée que le TDAH ait des causes génétiques et qu'il soit donc congénital soulageait les parents, car cela les dédouanait par exemple d'une mauvaise éducation si leur enfant n'était pas « dans les normes ». C'est ainsi qu'en Allemagne, il y a maintenant statistiquement un enfant dans chaque classe d'école primaire avec le diagnostic de TDAH. Pour que ces enfants deviennent plus calmes, ils reçoivent des médicaments, comme par exemple la Ritaline. L'industrie s'en réjouissait : la consommation du méthylphénidate qu'il contient atteignit de nouveaux records chaque année. Alors que 34 kilos étaient encore fabriquées dans les pharmacies en 1993, l'an dernier (en 2008), ils étaient de 1 760 kilos. »

Un coup d'œil aux États-Unis montre qu'il y a encore place à l'amélioration. Parmi les garçons de dix ans, un sur dix avale maintenant un médicament contre le TDAH, et ce, tous les jours. Cependant, c'est le père scientifique du TDAH qui a suivi l'explosion des prescriptions avec une horreur croissante. Leon Eisenberg a ensuite pris la direction de la psychiatrie au célèbre Massachusetts General Hospital de Boston et est devenu l'un des neurologues les plus connus au monde.

Dans sa dernière entrevue, sept mois avant sa mort d'un cancer de la prostate à l'âge de 87 ans, il a pris ses distances par rapport à son péché de jeunesse. Il n'a jamais pensé, dit-il, que son invention deviendrait un jour si populaire.

« Le TDAH est un excellent exemple d'une maladie fabriquée » (ADHS ist ein Paradebeispiel für eine fabrizierte Erkrankung), a déclaré Leon Eisenberg[9].

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Citations originales[modifier | modifier le code]

  1. (en) « transformed child psychiatry by advocating research into developmental problems »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Boston Globe obituary
  2. (en) David Healy (psychiatre), The Creation of Psychopharmacology, 2002
  3. (en) [http://www.bmj.com/cgi/content/short/339/nov18_3/b4615
  4. (en) David DeMaso, http://www.childrenshospital.org/cfapps/research/data_admin/Site265/mainpageS265P0.html
  5. [PDF] (en) Alane Shanks, Thirty Years of Affirmative Action at Harvard Medical School: A Mixed Method Program Evaluation, U Mass EdD, 2004 (thèse)
  6. (en) L. Kanner et L. Eisenberg, Child psychiatry; mental deficiency, American Journal of Psychiatry, 1955 : 111:520-523
  7. Eisenberg occupait la chaire Maude and Lillian Presley
  8. (en) Biographie sur le site du Harvard Medical School
  9. Jörg Blech, « : Schwermut ohne Scham », Der Spiegel, vol. 6,‎ (lire en ligne, consulté le 30 juillet 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]