Lemna minor

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Petite lentille d'eau


Lemna minor, la petite lentille d’eau, est une espèce de lentille d’eau, végétal de la famille des Araceae et de la sous-famille des Lemnoideae (autrefois, famille des Lemnaceae). C'est l'une des espèces les plus courante et cosmopolites de lentille d'eau, qui se reproduit très rapidement quand l'ensoleillement (espèce dont le développement est optimal en pleine lumière[1]) et la température lui conviennent. Dans certains contextes, elle présente un fort potentiel pour l'épuration de l'eau[2] et comme engrais organique[3],[4], mais elle peut aussi bioconcentrer certains polluants non biodégradables et les transférer dans d'autres compartiments de l'environnement.

Description[modifier | modifier le code]

En cas de pullulation, les tapis flottant et parfois denses de Lemna minor tamisent la lumière voire empêchent parfois tout à fait sa pénétration sous l'eau.

C'est une plante flottante de petite taille, maintenue en surface par une réserve d'air interne qui la fait flotter.

Ses feuilles ovales mesurent de 1 à 8 mm de long et de Modèle:Unité/0.2 de large,

Elles sont vert clair sur la face supérieure, et plus foncée sur la face inférieure [réf. nécessaire].

La face inférieure est plate ou très légèrement ondulée. Chaque feuille mature porte une racine unique et centrale (longue de 1 à 2 cm en général) ; cette racine, blanche à verdâtre, descend presque toujours verticalement dans l'eau, en se recourbant parfois dans sa partie terminale où elle prend une forme de palette absorbante.

Les feuilles comportent 3 à 5 nervures, difficilement visibles à l'œil nu.

Sur chaque individu, de petites feuilles bourgeonnent et finissent par se séparer pour donner une nouvelle plante. ce mode de reproduction, asexué, est largement dominant.

Les fleurs n'apparaissent que très rarement ; elles mesurent environ 1 mm de diamètre, elles forment une coupelle membraneuse abritant un unique ovule et deux étamines. La graine est de 1 mm de long, côtelé et caractérisée par 8-15 côtes[5],[6],[7]

En zone fraiche et tempérée, quand la température de l'eau chute sous 6 à °C, la lentille produit des granules d'amidon qui sont stockés dans un organe dit «turion». La plante meurt et le turion coule dans l'eau où il passera l'hiver. Au printemps ou en début d'été, une plantule se forme qui va croitre et flotter en surface et le cycle saisonnier reprend [8]

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Lemna minor et une espèces à distribution subcosmopolite (c'est-à-dire potentiellement présente presque partout, tant que les eaux sont lentes ou stagnantes), considérée comme autochtone dans la plupart des pays de l'Afrique, de l'Asie, d'Europe et en Amérique du Nord. Cette espèce est absente des climats arctiques et subarctiques et en haute montagne. Elle a été introduite en Australasie et en Amérique du Sud où elle s'est naturalisée[9],[10]

Habitat[modifier | modifier le code]

Mares et eaux stagnantes[modifier | modifier le code]

Lemna minor est une plante qui colonise facilement les eaux douces à fort taux de nitrates, riches en matières organiques et bien éclairées. Sa croissance est optimale à un pH compris entre 6,5 et 7,5 (bien qu'elle supporte des eaux dont le pH est compris entre 5 et 9). Les températures doivent être comprises entre 6 et 33 °C [11].

Une prolifération excessive peut la rendre gênante pour le bon développement des plantes aquatiques enracinées (qui sont alors privées de lumière). D'autres espèces, en aquarium, peuvent apprécier la lumière tamisée et diffuse sous une couverture de lentilles d'eau. Enfin, certains animaux (porc) et poissons tropicaux l'apprécient ou peuvent la consommer comme nourriture végétale. Lemna minor ne fleurit pas en aquarium sans doute à cause d'une luminosité insuffisante mais ceci ne l'empêche pas de proliférer par une multiplication végétative.[réf. nécessaire]

Nuisances dues à l’invasion[modifier | modifier le code]

Sur la biodiversité : La prolifération, très rapide dans de bonnes conditions (doublement de la population en 3 à 15 jours)[réf. nécessaire] des lentilles d’eau aboutit à la formation de tapis (parfois sur plusieurs centimètres d’épaisseur) à la surface de l’eau, ce qui empêche la pénétration de la lumière et les échanges gazeux entre l’air et l’eau. Cela peut occasionner une asphyxie du milieu, entraînant ainsi la disparition de la flore et de la faune aquatiques et une accumulation rapide de matière organique qui ne peut être dégradée sans dioxygène. Pour l’homme : Les tapis peuvent constituer une gêne physique pour des activités (navigation, baignade, pêche) et sont parfois perçus par les riverains comme une pollution visuelle.


Bioindication[modifier | modifier le code]

L'invasion d'un plan d'eau ou cours d'eau lent par cette espèce peut indiquer une situation naturelle ou anthropique d'eutrophisation [12];

Les lentilles d'eau peuvent être tuées par certains désherbants, mais présentent une certaine tolérance à des ions écotoxiques pour les espèces animales (ex nickel[13], plomb[14], cuivre, chrome) en solution[15]. A certaines condition[16],[17], et notamment si ellessont exportées (autrement qu'en tas déposés près de l'eau, ce qui conduirait à la recontaminer) elles peuvent contribuer à l'épuration de l'eau par des molécules non biodégradables. Elle peut aussi contribuer à diminuer certaines pollutions azotées[18] et organiques[19] ou liées au phosphore[15]. Pour ces raisons elles sont parfois utilisées comme plante épuratrice dans certains lagunages naturels, avec des avantages (système peu couteux en région chaude si l'eau est disponible[20]) et limites (saisonnalité[21], c'est à dire pas de croissance en saison froide, mais peut être cultivée sous serre)[22]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Références autres que taxonomiques[modifier | modifier le code]

  1. Filbin G.J. & Hough A.R., (1985) Photosynthesis, photorespiration and productivity in Lemna minor L. ; Limnol. Oceanogr. , 30 (2), 322-334
  2. Oron G., Porath D. & Wildschut L.R., (1986). Wastewater treatment and renovation by different duckweed species. J. Environ. Eng ., 112 (2), 247-263
  3. Leng R.A., 1999. Duckweed: a tiny aquatic plant with enormous potential for agriculture and environment , http://www.fao.org/ag/aga/AGAP/FRG/DW/Dw2.htm, (13/02/2012).
  4. irschky J. & Reed S.C., (1988) The use of duckweed for wastewater treatment. J. Water Pollut. Control Fed ., 60 (7), 1253-1258
  5. Flora of NW Europe: Lemna minor
  6. Flora of North America : Lemna minor
  7. Plants of British Columbia: Lemna minor
  8. http://www.rook.org/earl/bwca/nature/aquatics/lemna.html
  9. Germplasm Resources Information Network : Lemna minor
  10. Den Virtuella Floran: Northern Hemisphere map
  11. AO : Duckweed - A potential high-protein feed resource for domestic animals and fish
  12. Tangou Tabou, T., Baya, D. T., Liady, M. N. D., Musibono Eyul'Anki, D., & Vasel, J. L. (2014). Apport du traitement d'images dans le suivi de l'influence des teneurs en nutriments sur la croissance des lentilles d'eau (Lemna minor). Biotechnologie, Agronomie, Société et Environnement= Biotechnology, Agronomy, Society and Environment [= BASE], 18(1), 37-48.
  13. Demirezen D., Aksoy A. & Uruç K., 2007. Effect of population density on growth, biomass and nickel accumulation capacity of Lemna gibba (Lemnaceae). Chemosphere , 66 (3), 553-557
  14. Rahmani G.N.H. & Sternberg S.P.K., (1999) Bioremoval of lead from water using Lemna minor. Bioresour. Technol ., 70 , 225-230
  15. a et b Ater, M., Ali, N. A., & Kasmi, H. (2006). Tolérance et accumulation du cuivre et du chrome chez deux espèces de lentilles d’eau: Lemna minor L. et Lemna gibba L. Revue des sciences de l'eau/Journal of Water Science, 19(1), 57-67
  16. Radoux M. & Kemp D., 1992. Rôle de la fréquence des prélèvements de la biomasse produite sur les capacités épuratrices de Lemna minor L. Rev. Sci. Eau , 5 , 55-68
  17. Oron G. & Willers R.H., (1989) Effects of wastes quality on treatment efficiency with duckweed. Water Sci. Technol ., 21 , 639-645
  18. Cedergreen N. & Madsen T.V., 2002. Nitrogen uptake by the floating macrophyte Lemna minor. New Phytol ., 155 , 285-292
  19. Al-Nozaily F., Alaerts G. & Veenstra S., 2000. Performance of duckweed-covered sewage lagoons–I. Oxygen balance and COD removal. Wat. Res ., 34 (10), 2727-2733
  20. Dalu J.M. & Ndamba J., 2003. Duckweed based wastewater stabilization ponds for wastewater treatment (a low cost technology for small urban areas in Zimbabwe). Phys. Chem. Earth Parts A/B/C , 28 (20-27), 1147-1160
  21. Debusk T.A., Ryther J.H. & Hanisak M.D., 1981. Effects of seasonality and plant density on the productivity of some freshwater macrophytes. Aquat. Bot ., 10 , 133-142
  22. Bonomo L., Pastorelli G. & Zambon N., 1997. Advantages and limitations of duckweed-based wastewater treatment systems. Wat. Sci. Technol ., 35 (5), 239-246

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]


Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Référence Forum-bassin [2] Lentille d'eau

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hillman W.S (1961) The Lemnaceae, or duckweed: a review of the descriptive and experimental literature. Bot. Rev ., 27 , 221-287.
  • Lawalrée A (1945) La position systématique des Lemnaceae et leur classification. Bulletin de la Société Royale de Botanique de Belgique/Bulletin van de Koninklijke Belgische Botanische Vereniging, 77(Fasc. 1/2), 27-38 (résumé).
  • Strauss R (1976) Effet de divers sels alcalins sur la croissance et la nutrition minérale de Lemna minor L. Internationale Revue der gesamten Hydrobiologie und Hydrographie, 61(5), 673-676 (résumé).