Kinji Imanishi

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Kinji Imanishi
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Kinji Imanishi en 1956.
Nom de naissance 今西錦司
Naissance
Décès (à 90 ans)
Nationalité japonais
Profession

Kinji Imanishi (今西錦司) est un écologue, primatologue[1],[2] et anthropologue japonais né le et mort le .

Imanishi a été le premier, dans les années 1950, à parler de cultures animales. Considéré comme le cofondateur de la primatologie au Japon avec Jun'ichirō Itani, il est en outre à l'origine de l'Institut de recherche sur les primates de l'université de Kyōto.

Son ouvrage le plus connu s'intitule Le Monde des êtres vivants.

Les macaques de Koshima laveurs de patates[modifier | modifier le code]

« Dès 1952, Kinji Imanishi, qui est déjà un biologiste de premier plan, publie un article intitulé Evolution of Humanity. Il y évoque le succès rencontré par les primatologues japonais pour approvisionner les macaques de la presqu'île de Koshima, au sud du Japon[3]. »

En août 1952, les macaques (macaca fuscata) de la presqu'île de Koshima commencent à être approvisionnés. En septembre 1953, une femelle, F-111 âgée d'un an et deux ou trois mois, porte une patate douce dans un ruisseau qui coule près de la plage de sable. De ses deux mains elle lave le légume pour enlever le sable avant de le manger. En novembre 1953, Shunzo Kawamura observe la troupe de macaques avec Masao Kawai ; le mâle M-10, qui a un an de plus que F-111, lave lui aussi les patates douces. En janvier 1954 un autre mâle M-12 d'un âge similaire adopte le même comportement. La mère, F-105, de F-111 montre un comportement sensiblement différent. Très attentive à la nouvelle pratique observée, elle ne se résout à l'adopter que plus tard.

"En février 1954, l'acquisition des nouvelles pratiques "culinaires" s'accélère." Quatre singes trempent les patates dans de l'eau de mer. Shunzo Kawamura explique cette situation en recourant à la notion "d'opportunité d'imitation". M-10 et M-12 ont acquis le comportement par le jeu et la proximité sociale avec F-111. "Que F-105 soit le seul adulte à avoir acquis le comportement peut être attribué à l'intensité de la relation mère/enfant."[4]

Dès l'automne 1955, lors de la réunion générale de la société japonaise d'éthologie, Kinji Imanishi et Shunzo Kawamura n'hésitent pas à parler de culture chez les singes sauvages japonais. L'observation continue et au cours des années onze à trente singes de la troupe plongent des patates dans l'eau et en 1958 ils sont dix-sept, trente-six en 1962 sur cinquante-neuf membres (73,4 %). Le nouveau comportement se répand à travers la génération la plus jeune et dans les groupes apparentés à travers les lignées maternelles[5].

"F-111 ne s'est par ailleurs pas arrêtée là. Elle invente d'autres comportements. Pour séparer le sable et le blé, par exemple, elle les jette dans l'eau.Quant au lavage du froment, en 1959, huit macaques recourent à cette pratique inventée par Imo."[6]

"Ces travaux étonnants ne commencent à être connus des primatologues étrangers qu'à partir de 1957. Les primatologues japonais sont, en effet, les premiers à aborder les cultures singes. Pourquoi eux ? "[7]. Le bouddhisme insiste sur l'affinité entre l'homme et l'animal et sur le lien qui unit toutes les créatures vivantes. Le "groupisme" des Japonais, qui les conduit à privilégier les petits groupes et les relations personnelles, incite les primatologues à se focaliser sur les interactions entre des animaux bien identifiés, à montrer les différences comportementales entre groupe et à s'intéresser à ces derniers plutôt qu'à l'espèce en général.

Biographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Tetsuro Matsuzawa et William C. McGrew, « Kinji Imanishi and 60 years of Japanese primatology », Current Biology, vol. 18, no 14,‎ , R587-R591 (ISSN 0960-9822, DOI 10.1016/j.cub.2008.05.040, lire en ligne).
  2. (en) Hiroyuki Takasati, « Imanishi, Kinji », The International Encyclopedia of Primatology, John Wiley & Sons, Inc.,‎ , p. 1 (DOI 10.1002/9781119179313.wbprim0351, résumé), in (en) Agustín Fuentes (dir.), The International Encyclopedia of Primatology, Chichester, West Sussex, John Wiley & Sons, Inc., , xlvii + 1535 p., 3 volumes (ISBN 978-0-470-67337-9 et 0-470-67337-0, DOI 10.1002/9781119179313).
  3. Dominique Lestel dans Les origines animales de la culture, livre de poche Flammarion, Champs essais, 2001, page 122.
  4. Les origines animales de la culture, page 123.
  5. De ces mêmes observations de 1958, il faut lire aussi l'article en ligne fort intéressant de la revue La Recherche : « Machiavel chez les macaques »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) sur les systèmes de dominance matrilinéaire décrites par Masao Kawai et Shunzo Kawamura disciples de Kinji Imanishi.
  6. Les origines animales de la culture page 123.
  7. Les origines animales de la culture page 126-127. Cette question de Dominique Lestel et les éléments de réponse qu'il donne a frappé aussi François Flahault dans Où est passé le bien commun ? (page 91) car les primatologues japonais ne jetaient pas sur les singes le même regard que les occidentaux parce qu'ils n'étaient pas marqués par la tradition dualiste qui établit une coupure entre l'homme et les animaux et qu'ils étaient plus disposés à reconnaître une individualité à chacun des membres du groupe de singes qu'ils observaient.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Imanishi est l’abréviation habituelle de Kinji Imanishi en zoologie.
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