Kérygme

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Le kérygme (du grec ancien κήρυγμα / kérugma, « proclamation à voix haute », de κῆρυξ / kêrux, le « héraut ») désigne, dans le vocabulaire religieux chrétien, le contenu essentiel de la foi en Jésus-Christ annoncée et transmise aux non-croyants par les premiers chrétiens ; ce terme continue à être employé aujourd'hui pour évoquer la proclamation missionnaire de l'essentiel de la foi chrétienne[1].

Cette profession de foi se compose de trois énoncés essentiels :

Sources bibliques[modifier | modifier le code]

Dans le Nouveau Testament figure le kérygme de Pierre, le jour de la Pentecôte[2] :

« Hommes israélites, écoutez ces paroles : Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous-mêmes vous le savez, ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu — lui, vous l'avez cloué à une croix et vous l'avez fait périr par la main d'hommes iniques, lequel Dieu a ressuscité, ayant délié les douleurs de la mort, puisqu'il n'était pas possible qu'il fût retenu par elle. (...) Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins. (...) Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés; et vous recevrez le don du Saint Esprit. »

Le kérygme de saint Paul, plus court, insistant davantage sur la résurrection, figure dans la première épître aux Corinthiens (1 Co 15:1-8) :

« Or je vous fais savoir, frères, l'évangile que je vous ai annoncé, que vous avez aussi reçu, et dans lequel vous êtes, que Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures, et qu'il a été enseveli, et qu'il a été ressuscité le troisième jour, selon les écritures ; et qu'il a été vu de Céphas [Pierre], puis des douze. Ensuite il a été vu de plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont demeurés en vie jusqu'à présent, mais quelques-uns aussi se sont endormis. Ensuite il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres ; et, après tous, comme d'un avorton, il a été vu aussi de moi. »

C'est également le titre de deux épîtres apocryphes : le Kérygme de Saint Pierre, et le Kérygme de Saint Paul. Plus tard, face au développement des hérésies, le kérygme sera développé en profession de foi, comprenant davantage d'énoncés dogmatiques. Les deux principales sont :

Les citations du Nouveau Testament sont issues de la traduction de John Nelson Darby.

Renouveau de la référence au kérygme depuis la fin du XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'annonce du kérygme est considérée, dans l'Église catholique, comme l'un des moyens de parvenir à la nouvelle évangélisation prônée par Jean-Paul II. Le kérygme est un préalable à la catéchèse[3].

L'exhortation apostolique Evangelii gaudium du pape François fait référence à plusieurs reprises au kérygme.

Le kérygme est un moyen de s'affranchir des différences doctrinales entre les différentes branches du christianisme. C'est ainsi qu'est apparu sur la Toile un projet de l’ordre de ce que le sociologue des religions Sébastien Fath, spécialiste du protestantisme, appelle « l’œcuménisme kérygmatique » : la plate-forme évangélique Top chrétien comporte des initiatives de ce type[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Définition sur le site de la Conférence des évêques de France
  2. Ac 2:22-24 puis 32 et 38
  3. Mouvement des Cursillos francophones du Canada, « Qu'est-ce que la nouvelle évangélisation », lire en ligne
  4. Marie Malzac, « Les nouvelles voies de l'œcuménisme », La Croix, 28 octobre 2016, lire en ligne

Articles connexes[modifier | modifier le code]