Evangelii gaudium
| Evangelii gaudium | ||||||||
| Exhortation apostolique du pape François | ||||||||
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| Date | ||||||||
| Sujet | Annonce de l'Évangile dans le monde d'aujourd'hui. | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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Evangelii gaudium (« la joie de l'Évangile ») est la première lettre d'exhortation apostolique émise par le pape François le lors d'une messe solennelle clôturant symboliquement l'« Année de la foi (de) ». Elle a pour thème principal la relance de l'évangélisation et de l'esprit missionnaire de l'Église dans le contexte de la globalisation (désignée désormais sous le terme de « mondialisation ») et appelle les baptisés à témoigner de leur appartenance évangélisatrice de façon toujours nouvelle. Elle touche différents sujets tels que les obligations qu'ont les chrétiens envers les pauvres ainsi que leur devoir de maintenir un ordre économique, politique et légal juste.
À la différence des lettres d'exhortation apostolique des papes précédents, Evangelii gaudium n'est pas écrite dans un style académique, mais plutôt dans un langage facilement compréhensible[1].
Contexte
[modifier | modifier le code]La lettre Evangelii gaudium a été émise par le pape François le lors d'une messe solennelle clôturant symboliquement l'« Année de la foi (de) ». Elle a été remise à 36 personnes, évêques, prêtres, religieux et religieuses, représentants des mouvements d'Église, deux journalistes et deux artistes, le sculpteur japonais Etsuro Sotoo et la peintre polonaise Anna Gulak, ainsi qu'à une aveugle qui a reçu le document sous forme auditive[2].
Elle constitue le premier texte qui porte la pensée du pape François, l'encyclique Lumen fidei qui la précède relevant davantage de celle de Benoît XVI ainsi que l'indique clairement son paragraphe 7. De grande ampleur, le pape François y développe plusieurs réflexions abordées jusque là dans des allocutions ou homélies où le pontife expliquait les défis de l'évangélisation dans le monde complexe d'aujourd'hui[3].
Présentation
[modifier | modifier le code]En règle générale, les exhortations apostoliques sont le fruit de travaux de synode, mais, dans le cas d'Evangelii gaudium, cette exhortation est le fruit du travail du pape François, même s'il s'est inspiré du Synode des évêques sur la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne dont l'assemblée générale ordinaire s'est tenue en (§ 14, 16). Le texte comporte aussi de nombreuses références aux exhortations de Jean-Paul II (qu'il canonise en 2014), à des textes écrits par des conférences épiscopales, dont celle de France (§ 66), et au document émis par l'épiscopat latino-américain et des Caraïbes, dit d'Aparecida, dont, en tant que cardinal, il a été l'un des principaux rédacteurs[3].
Cette exhortation s'adresse aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aux personnes consacrées, et à tous les fidèles laïcs. Elle concerne l'annonce de l'évangile dans le monde d'aujourd'hui.
Comportant 288 paragraphes, elle s'ouvre sur un long préambule puis se structure en cinq chapitres. Elle ne présente pas à proprement parler de conclusion mais comporte dans le dernier paragraphe, comme point d'orgue, une citation de Jésus ressuscité : « Voici, je fais l'univers nouveau » (Ap, 21, 5), avant de se clore sur une exhortation du pape à dire à Marie une prière d'espérance inspirée par cette affirmation.
Par contraste avec la « rigueur réflexive » de son prédécesseur[4], le pape François adopte pour convaincre un style direct, concret, avec des « paroles simples et percutantes », propres à susciter l'engouement[5]. Lors de la présentation de l'exhortation en 2013, l'archevêque Rino Fisichella, alors président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, évoque un langage « clair et immédiat, sans rhétorique ni sous-entendu »[6].
L'exhortation veut montrer que l'évangélisation est constitutive de l'Église et de la vie chrétienne. Elle expose un style de vie qui correspond à l'évangélisation et souhaite une « conversion pastorale » (§ 24) du clergé et des fidèles. L'apostolat doit avoir pour origine l'émerveillement du croyant devant la foi et doit « révéler la beauté et l'amour salvifique de Dieu manifesté en Jésus-Christ » (§ 36) puis instruire à la foi[7]. Elle indique également des points non négociables : le « sacerdoce réservé aux hommes » et la dignité des enfants à naître, autrement dit le refus de tout avortement. « On ne doit pas s’attendre à ce que l’Église change de position sur cette question », prévient-il[8].
L'exhortation appelle à un témoignage nouveau des disciples du Seigneur (§ 92) :
« En cette époque précisément, et aussi là où se trouve un « petit troupeau » (Lc 12, 32), les disciples du Seigneur sont appelés à vivre comme une communauté qui soit sel de la terre et lumière du monde (cf. Mt 5, 13-16). Ils sont appelés à témoigner de leur appartenance évangélisatrice de façon toujours nouvelle. »
Dans le chapitre 4 (la dimension sociale de l'évangile), en ce qui concerne le bien commun et la paix sociale (section III), reprenant une image qu'il avait déjà employée à Vérone, le 21 novembre 2013, lors d’un message vidéo commentant le thème d’un colloque sur la doctrine sociale de l’Église, le pape parle du polyèdre comme modèle pour exprimer la pluralité des peuples que compose l’unique famille humain (§ 236) :
« Le modèle n’est pas la sphère, qui n’est pas supérieure aux parties, où chaque point est équidistant du centre et où il n’y a pas de différence entre un point et un autre. Le modèle est le polyèdre, qui reflète la confluence de tous les éléments partiels qui, en lui, conservent leur originalité. Tant l’action pastorale que l’action politique cherchent à recueillir dans ce polyèdre le meilleur de chacun. Y entrent les pauvres avec leur culture, leurs projets, et leurs propres potentialités. Même les personnes qui peuvent être critiquées pour leurs erreurs ont quelque chose à apporter qui ne doit pas être perdu. C’est la conjonction des peuples qui, dans l’ordre universel, conservent leur propre particularité ; c’est la totalité des personnes, dans une société qui cherche un bien commun, qui les incorpore toutes en vérité. »
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Evangelii Gaudium (24 novembre 2013) - Vatican.
- ↑ « Le pape François expose les reliques de Saint-Pierre », sur L'Express, .
- Pierre-Marie Carré, « Préface », dans Pape François, La Joie de l'Évangile (Édition officielle de la Conférence des évêques de France), Paris, Bayard Éditions - Fleurus-Mame - Les Éditions du Cerf, coll. « Documents d'Église », , 245 p. (ISBN 9782204101981), p. 7-16.
- ↑ Robert Cheaib (enseignant en théologie), « Benoît XVI : "Il a su concilier la rigueur réflexive et la profondeur spirituelle, le sens du recul et l’enracinement" », sur Université catholique de Lyon, (consulté le ).
- ↑ Juliette Bénabent, « Le pape François : un fol engouement », sur Télérama, 19 avril 2014, mis à jour le 8 décembre 2020 (consulté le ).
- ↑ Rino Fisichella, « Présentation de l'Exhortation apostolique « Evangelii gaudium » du Pape François », sur Église catholique en France, (consulté le ).
- ↑ « Evangelii gaudium : l'envoi en mission », Famille chrétienne, no 1873, , p. 18-20 (lire en ligne).
- ↑ Sébastien Maillard, « « Evangelii gaudium », le programme du pape pour stimuler l’Église », La Croix, (lire en ligne).