Julien Landeau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Julien Landeau
Naissance
Guérande
Décès
Saint-Lyphard
Nationalité Français
Profession
Curé et maire de Saint-Lyphard

Julien Landeau, né le à Guérande et mort en à Saint-Lyphard, est un ecclésiastique français, prêtre réfractaire et unique rescapé de la première des « noyades de Nantes ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative, située sur le quai de la Fosse à Nantes, au niveau du ponton Belem à l'aval du pont Anne-de-Bretagne.

Julien Landeau, fils de Jean Landeau et de Françoise Malenfant, voit le jour dans le village de Queniquen de la paroisse de Guérande le [1].

Ordonné prêtre à 25 ans le , il est tout d’abord vicaire dans la paroisse de Moisdon-la-Rivière, où son frère Jacques est recteur — ou curé[N 1] — de la paroisse[1]. Il est nommé recteur de la paroisse de Saint-Lyphard le [1].

Les lettres patentes du roi Louis XVI et les décrets de l’Assemblée constituante, datés du , ne parviennent à la connaissance de la commune et de son corps municipal qu’en [3]. Lors de la réunion des citoyens actifs — ayant contribué trente sols pour obtenir cette prérogative —, le , six membres du corps municipal, dont le maire, sont nommés compte tenu de la population de 1 143 personnes de la paroisse[4]. Julien Landeau devient le premier maire de la commune, et son substitut est le vicaire de la paroisse, Jean Gougeon[4]. Refusant tous les deux de prêter serment d’allégeance au roi, à la Loi et à la Nation[5], les deux ecclésiastiques sont privés de leurs droits de citoyens actifs et démis de leurs fonctions le , Julien Landeau continuant d’exercer son sacerdoce[6].

L'arrêté départemental du enjoint les municipalités d’exiger des prêtres réfractaires qu'ils fixent leur résidence à Nantes, mais Saint-Lyphard ne donne pas suite et le prêtre continue d’assurer son ministère[7]. Las, l’arrêté départemental du obligent tous les prêtres non assermentés de se présenter à Nantes sous huitaine, à la maison Saint-Clément[7]. Julien Landeau et son ancien vicaire Jean Gougeon rentrent alors dans la clandestinité[8].

Julien Landeau est arrêté dans le village de Kerloumet (Saint-Lyphard) et est interné à Nantes le (20 pluviôse de l'an I)[9]. Le de la même année, les autorités du département de Loire-Inférieure décident de transférer les prêtres réfractaires sur un navire à quai sur la Loire afin de désengorger les prisons et le , ceux-ci sont embarqués sur le navire La Gloire[10]. Le Jean-Baptiste Carrier qui dirige la police de Nantes, décide de déplacer une centaine de ces prêtres — 87 en réalité[11] ; attachés deux à deux, ils embarquent sur une gabare[12]. À hauteur de Chantenay, le navire sombre. Julien Landeau parvient à gagner la rive où les gardiens pourchassent les survivants et tentent de les noyer[12]. Il s’éloigne à nouveau et s’agrippe à une barque qui lui vient en aide[12]. Seuls trois autres prêtres parviennent également à s’échapper[13], qui sont recueillis par des matelots de L’Imposant qui leur donnent de l’eau-de-vie pour les réchauffer. Informé, le Comité révolutionnaire ordonne au capitaine Lafloury, commandant du navire, de faire transférer les trois prêtres dans une galiote hollandaise le . Selon Fourier, directeur de l’hospice révolutionnaire, « ces prêtres furent repris et noyés le lendemain, le fait m’a été certifié par Foucault, qui était présent à la noyade[14] ». Cette noyade organisée est la première des « noyades de Nantes » dont le nombre, selon les sources, varie de huit à vingt-trois[13]. Julien Landeau en est l'unique survivant[15].

Julien Landeau se réfugie dans son village de Queniquen, où il continue à assurer un culte clandestin[16]. Il demeure en proie aux recherches de la police de Guérande[17].

Le , la liberté de culte étant progressivement restaurée depuis le début de l’année, Julien Landeau obtient l’autorisation de regagner la paroisse de Saint-Lyphard[18]. Il meurt en à Kernogan, un village de Saint-Lyphard[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En Bretagne, le curé est également appelé « recteur »[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Julien Landeau », sur le site de l’association Archives et histoire de Saint-Lyphard (consulté le 18 juin 2020).
  2. « Définition de recteur », sur le site du centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) (consulté le 2 juin 2020).
  3. Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 72.
  4. a et b Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 73.
  5. Pierre Collenot, « La Constitution civile du clergé du  : titres 1 et 2 », sur un site de l’auteur (consulté le 2 juin 2020).
  6. Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 77.
  7. a et b Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 78.
  8. Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 79.
  9. Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 80.
  10. Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 87.
  11. Laillié, 1878, p. 149.
  12. a b et c Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 88.
  13. a et b Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 89.
  14. Laillié, 1878, p. 16.
  15. Laillié, 1878, p. 151.
  16. Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 92.
  17. Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 93.
  18. Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 99.
  19. Saint-Lyphard dans l'histoire, p. 100.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liens externes[modifier | modifier le code]