Joseph Kramer

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Joseph Kramer
Joseph Kramer en 1945.
Joseph Kramer en 1945.

Surnom La « Bête de Belsen »
Naissance
Munich, Allemagne
Décès (à 39 ans)
Hamelin, Allemagne
Origine Allemagne
Grade Flag of the Schutzstaffel.svg SS-Hauptsturmführer[a]
Années de service 1932-1945
Commandement Camps de concentration du Struthof et de Bergen-Belsen
Conflits Seconde Guerre mondiale

Josef Kramer (, Munich, Hamelin) était un SS-Hauptsturmführer[a], commandant dans plusieurs camps de concentration. Il a aussi commandé une partie du camp d’extermination d’Auschwitz.

Il a dirigé le camp de concentration de Natzweiler-Struthof d’ à , puis celui de Bergen-Belsen du au , moment de la libération du camp par les Britanniques. La même année, il a été reconnu coupable de crimes de guerre, directement responsable de la mort de milliers de déportés essentiellement juifs, et pendu à la prison de Hamelin, en Allemagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une carrière dans les SS[modifier | modifier le code]

Il rejoint le NSDAP en 1931 et la SS en 1932, où ses fonctions l'amènent à travailler dans les prisons allemandes, puis dans les camps de concentration.

En 1934, il est assigné comme simple garde dans le camp de concentration de Dachau mais bien noté, il gravit rapidement les échelons pour finalement obtenir un poste important au sein des camps de concentration de Sachsenhausen puis de Mauthausen. En 1940, il devient l'assistant de Rudolf Höss alors commandant de camp d'Auschwitz et deux ans plus tard (en ), il est nommé commandant du camp de Struthof en Alsace.

Il est promu SS-Hauptsturmführer[a] en 1942.

De à , il est sous l'autorité du Lagerkommandant Fritz Hartjenstein, commandant (Lagerführer) de Auschwitz II (Birkenau) avant finalement d'être muté et promu, le , commandant du camp de concentration de Bergen-Belsen[1] où, dès son arrivée, comme à Birkenau, il inflige aux déportés l'épreuve des interminables appels du petit matin[2].

Surnommé la « Bête de Belsen » par les déportés du camp, il fut l'un des criminels nazis les plus connus car il participa activement à la mort de plusieurs milliers de personnes.

Il est arrêté par la British Army le .

Le procès et l'exécution[modifier | modifier le code]

Josef Kramer, photographié fers aux pieds, extrait de sa cellule à Belsen, avant d'être transféré comme prisonnier de guerre à Celle, le .
Irma Grese avec Josef Kramer en détention en 1945.

Joseph Kramer et 44 autres responsables nazis (dont 15 femmes) furent mis en accusation au procès de Belsen par la cour militaire britannique à Lüneburg. Le procès dura quelques semaines entre et novembre 1945. Kramer fut condamné à mort le et pendu à Hamelin par Albert Pierrepoint le .

Ses propos[modifier | modifier le code]

Déposition de Joseph Kramer enregistrée par le commandant Jadin, juge d'instruction militaire auprès du tribunal militaire de la 10e région militaire, en déplacement à la prison de Celle, le , au sujet du gazage de 86 Juifs au Struthof[3] :

« Au début d', je reçus les 80 internés destinés à être supprimés (...), et je commençai par faire conduire dans la chambre à gaz un certain soir, vers 9 heures, à l'aide d'une camionnette, une première fois, une quinzaine de femmes environ. Je déclarai à ces femmes qu'elles devaient passer dans la chambre de désinfection et je leur cachai qu'elles allaient être asphyxiées.
Assisté de quelques SS, je les fis complètement se déshabiller et je les poussai dans la chambre à gaz, alors qu'elles étaient toutes nues. Au moment où je fermais la porte, elles se mirent à hurler. J'introduisis, après avoir fermé la porte, une certaine quantité de sels dans un entonnoir placé au-dessus à droite du regard. Puis, je fermai l'orifice de l'entonnoir à l'aide d'un robinet qui était adapté dans le bas de cet entonnoir, prolongé lui-même par un tube en métal. Ce tube en métal conduisit le sel et l'eau dans l'excavation intérieure de la chambre dont je viens de vous parler. J'allumai l'intérieur de la chambre à l'aide du commutateur placé près de l'entonnoir et j'observai par le regard ce qui se passait à l'intérieur de la chambre.
Je constatai que ces femmes ont continué à respirer une demi-minute, puis elles tombèrent à terre. Lorsque j'ouvris la porte après avoir fait en même temps marcher la ventilation à l'intérieur de cheminée d'aération, je constatai que ces femmes étaient étendues sans vie et qu'elles avaient laissé échapper leurs matières fécales.
J'ai chargé deux officiers SS infirmiers de transporter ces cadavres dans une camionnette, le lendemain matin, vers h 30, pour qu'ils soient conduits à l’Institut d'anatomie, ainsi que le professeur Hirt me l'avait demandé.
Quelques jours après, dans les mêmes conditions que sus-indiquées, j'ai conduit de nouveau dans la chambre à gaz une certaine quantité de femmes qui furent asphyxiées de la même façon, puis encore quelques jours après, j'ai fait conduire dans la chambre à gaz, en deux ou trois fois, peut-être une cinquantaine d'hommes environ, peut-être cinquante-cinq qui furent supprimés toujours à l'aide de ces sels que je tenais de Hirt.
Demande Vous m'avez, tout à l'heure, parlé des conditions dans lesquelles vous avez exécuté les internés à l'aide de gaz asphyxiants. Au cas où les internés n'auraient pas été tués à la suite de l'introduction des gaz, faite par vous, les auriez-vous achevés à l'aide d'une balle ?
J'aurais tenté de les asphyxier à nouveau en projetant dans la chambre une seconde dose de gaz. Je n'ai éprouvé aucune émotion en accomplissant ces actes, car j'avais reçu l'ordre d'exécuter de la façon dont je vous ai indiqué les 80 internés. J'ai d'ailleurs été élevé comme cela. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Équivalent en France de capitaine, mais il s'agit ici d’un grade dans le corps des gardes de camps de concentration, rattaché à la SS.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Josef Kramer », sur Durham Record Office.
  2. Témoignage d'Anita Lasker (survivante des camps), Law Reports of Trials of War criminals, in Raul Hilberg (trad. Marie-France de Paloméra et André Charpentier), La Destruction des Juifs d'Europe, Paris, Gallimard, coll. « Folio. Histoire », , 759 p. (ISBN 978-2-070-32710-2), p. 21-22.
  3. Robert Steegmann (préf. Hamlaoui Mekachera), Le Struthof : KL-Natzweiler : histoire d'un camp de concentration en Alsace annexée 1941-1945, Strasbourg, Kalédiscope-La Nuée bleue, (ISBN 978-2-716-50674-8), p. 60-61

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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