Irma Grese

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Irma Grese
Irma Grese peu avant son procès en août 1945.
Irma Grese peu avant son procès en août 1945.

Surnom La hyène d'Auschwitz[1]
Naissance
Wrechen, Pasewalk, Allemagne
Décès 13 décembre 1945, (à 22 ans)
Hamelin, Allemagne
Origine Allemande
Allégeance Flag of the German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Grade Flag of the Schutzstaffel.svg Aufseherin,
Arbeitsdienstführerin
Années de service 1942-1945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Autres fonctions Gardienne dans les camps de concentration de Ravensbrück, Auschwitz, Bergen-Belsen

Irma Grese, née le à Wrechen (Feldberger Seenlandschaft, actuel arrondissement de Mecklembourg-Strelitz) et pendue le à la prison de Hameln, était Aufseherin (gardienne auxiliaire Hilfspersonal SS) dans les camps de concentration nazis de Ravensbrück, Auschwitz et de Bergen-Belsen. Surnommée indifféremment « la hyène d'Auschwitz »[2] ou « la bête de Belsen » à cause de son comportement particulièrement cruel et pervers à l'égard des prisonniers, elle reste l'une des criminelles nazies les plus connues.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

En 1923, Alfred et Bertha Grese, un couple d'agriculteurs allemands, donnent naissance à Irma dans la commune de Wrechen, près de Pasewalk (Mecklembourg). En 1936, Bertha se suicide. En 1938, Irma, qui a alors quinze ans, quitte l'école où elle communique très peu avec ses camarades et semble passionnée par la Bund Deutscher Mädel (« Ligue des Jeunes Filles allemandes », pendant féminin des Jeunesses hitlériennes). Entre 1938 et 1942, elle a plusieurs emplois : elle travaille dans une ferme, est vendeuse dans un magasin pour finalement devenir aide-soignante dans un hôpital de la Schutzstaffel (SS). Ne parvenant pas à devenir infirmière, elle s'engage et pratique ses classes dans l'école des gardiennes auxiliaires SS (Aufseherin) à Ravensbrück. À ce moment, son père, farouche anti-nazi, la renie[3].

Gardienne à Ravensbrück[modifier | modifier le code]

En 1942, Irma Grese est envoyée par la SS comme gardienne dans le camp pour femmes de Rävensbruck. Il semblerait qu'elle se soit liée d'amitié avec Dorothea Binz, considérée comme l'une des femmes SS les plus sadiques du régime[2] qui va l'initier à ce que cette dernière appelle Schadenfreude et qui consiste à battre, torturer et violer les détenues.

« L'Ange blond d'Auschwitz »[modifier | modifier le code]

En mars 1943, Irma termine sa formation et est mutée au camp d'Auschwitz en tant qu'Aufseherin ; elle monte facilement les échelons et devient Oberaufseherin (surveillante-chef) en automne, au camp C de Birkenau. Elle est paradoxalement surnommée « l'ange blond d'Auschwitz »[4]. Lors de sa promotion en mai 1944, elle a sous sa coupe plus de 30 000 déportés, dont 18 000 femmes.

C'est à partir de cette période qu'elle se construit une réputation de sadique, qui lui vaudra le surnom de "Bête" par le commandant Kramer. Elle participe aux sélections, en accordant un soin particulier à envoyer à la chambre à gaz toute personne plus jolie qu'elle. D'après le témoignage de Gisella Perl, médecin juive qui a travaillé dans l'hôpital d'Auschiwitz-Birkenau, Irma Grese coupait les seins des détenues pour qu'elles développent des infections, avant de laisser se rendre à l'infirmerie. Toujours d'après le docteur Perl, Irma était "sexuellement excitée lorsqu'elle voyait des signes de souffrances"[2].

En janvier 1945, après le démantèlement d'Auschwitz, elle retourne un temps servir à Ravensbrück, puis, à partir de mars 1945, à Bergen-Belsen. Ici, elle est nommée Arbeitsdienstführerin (chef du service au travail) en mars 1945, avant d'être arrêtée par l'Armée britannique le 17 avril avec d'autres employés de la SS.

Elle correspondait aux critères raciaux des Nazis : grande, blonde, forte ; elle avait même, selon Olga Lengeyel, « un visage d'ange »[5]. Elle aurait voulu devenir une star de cinéma après la fin de la guerre[2],[6].

Sexualité[modifier | modifier le code]

D'après le récit du docteur Perl, Irma Grese aurait eu une liaison avec un officier SS et aurait exigé du docteur Perl que cette dernière pratique un avortement sur elle. Néanmoins, les déclarations de détenues semblent indiquer qu'elles auraient sexuellement abusé de femmes. Enfin, toujours selon le docteur Perl, Irma Grese avait demandé à assister aux expérimentations médicales, ce qui provoquait chez elle un plaisir sexuel.

On lui a prêté une liaison avec le commandant Kramer mais également avec Josef Mengele.

Sa dernière liaison connue était avec un soldat SS du nom de Hatzinger, travaillant à Bergen-Belsen. Elle aurait demandé sa mutation pour le suivre lorsque ce dernier a été réassigné à ce camp mais il mourut du typhus.

Procès (automne 1945)[modifier | modifier le code]

Irma Grese avec Josef Kramer en détention en 1945.

Elle fait partie des 45 personnes accusées de crimes de guerre au procès de Belsen[7]. Elle est jugée entre le 17 septembre et le 17 novembre 1945 sans reconnaître ce qui lui est reproché. Les témoins l'accusent de mauvais traitements et d'assassinats de détenus, ce qui est contraire à la Convention de Genève de 1929 sur les prisonniers de guerre (en). Elle aurait pratiqué des fusillades massives, des exécutions individuelles au pistolet, donné des coups de fouet, sélectionné des prisonniers pour les chambres à gaz ainsi qu'aux expérimentations de Joseph Mengele, fait subir des humiliations sexuelles et enfin lâché des chiens affamés sur les détenus. Elle reconnaît avoir porté un fouet tressé dans ses bottes ainsi qu'un pistolet mais niera avoir eu un berger allemand, avoir battu à mort des prisonniers ou avoir tiré sur qui que ce soit. Tout au plus reconnaîtra-t-elle avoir donné des coups de matraque pour faire avancer plus vite les prisonniers ou les punir en cas de faute. Elle ne se dira jamais coupable : « C'était notre devoir d'exterminer les éléments anti-sociaux afin d'assurer l'avenir de l'Allemagne ».

Grese et dix autres personnes sont déclarées coupables de crimes à Auschwitz et à Belsen, puis sont condamnées à mort, par pendaison[8]. Parmi elles, on retrouve Johanna Bormann, ainsi qu’Elisabeth Volkenrath. Le 13 décembre, Irma est pendue à 10 h 3 dans la prison de Hamelin par le bourreau britannique Albert Pierrepoint. Son dernier mot a été : « Schnell ! » (« Vite ! »).

Ce jour-là, 3 femmes et 10 hommes furent pendus à 30 minutes d'intervalle, les hommes par paires, les femmes individuellement[9].

Autres criminelles exécutées à l'ouest[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Max.mmvi.de.
  2. a, b, c et d (en) Tyler Gibson, Irma Grese - "The Beast of Belsen" & Other Twisted Female Guards of Concentration Camps, Lulu.com, , 175 p. (lire en ligne)
  3. (en) « Irma Grese Excerpts from the Belsen Trial and Biography », sur http://www.holocaustresearchproject.org/ (consulté le 19 novembre 2016)
  4. Wendy Lower, Les furies d'Hitler, Tallandier, , 352 p. (ISBN 9791021004238)
  5. Olga Lengyel, Souvenirs de l'au-delà, Paris, Le Bateau Ivre, , 300 p.
  6. Caroline Moorehead, Un train en hiver, Cherche Midi, , 592 p. (ISBN 978-2-266-25872-2), p. 337 - 338
  7. (en) « LAW REPORTS OF TRIALS OF WAR CRIMINALS », sur https://www.loc.gov (consulté le 19 novembre 2016)
  8. Tode durch den strang.
  9. Un gibet à double trappe avait été construit spécialement par un bataillon du génie de l'armée britannique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • (fr) Wendy Lower "Les furies d'Hitler. Comment les femmes allemandes ont participé à la Shoah"

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Ilse Koch, « la sorcière de Buchenwald »

Liens externes[modifier | modifier le code]