John Maeda

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John Maeda
John Maeda at Davos.jpg
John Maeda au Forum de Davos en 2009
Naissance
Nationalité
Activités
Formation
Massachusetts Institute of Technology
Université de Tsukuba
MIT School of Architecture and Planning (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Maître

John Maeda (né en 1966 à Seattle, dans l’État de Washington) est un artiste, graphiste, enseignant et chercheur de renommée internationale. Il a enseigné pendant 12 ans au Media Lab du MIT (1996-2008), puis a tenu des postes administratifs chez RISD, KPCB, et Automattic. En 2019, il rejoint l'agence Publicis Sapient en tant que Chief Experience Officer[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

John Maeda a été l’élève de Muriel Cooper au Massachusetts Institute of Technology ("MIT"), dont il est diplômé et où il dirige le département Aesthetics and Computing Group. Il est également titulaire d’une thèse doctorale en design de la Tsukuba University Institute of Art and Design au Japon.

Pendant 12 ans, de 1996 à 2008, John Maeda est professeur au Media Lab du MIT. Son livre Creative Code (2004) offre un aperçu des travaux réalisés par ses étudiants.

De manière surprenante, Maeda est choisi en 2008 pour devenir le 16e président de la Rhode Island School of Design[2]. Cinq ans plus tard, il quitte la RISD fin 2013 pour devenir "Design Partner" de Kleiner Perkins Caufield Byers (KPCB)[3].

En 2016, Maeda quitte KPCB pour rejoindre Automattic, l'entreprise qui développe le système de publication open-source WordPress. Il adopte le titre de Responsable de la Conception Computationnelle et de l'Inclusion[4]. Entre 2016 et 2018, il participe fréquemment à des conférences WordPress, sur des sujets tels que le design inclusif[5]. Au printemps 2019, il présente une exposition intitulée Design in Tech à la Cité du design de Saint-Étienne, collaboration entre Automattic et Google.

En 2019, il quitte Automattic et rejoint Publicis Sapient[1] pour y occuper le poste de Chief Experience Officer .

Travaux et publications[modifier | modifier le code]

John Maeda a créé en pionnier dans un registre mêlant les arts plastiques, le design, la typographie et l’interactivité, une œuvre originale faite de travaux de commande en design (pour Sony, Shiseido, Cartier) d'expérimentations personnelles parues sur CD-ROM (Tap, Type, Write en 1998 ; 12 O’Clocks en 1997 ; Flying Letters en 1996 ; Reactive Square en 1995 ; tous chez Digitalogue co). Son travail n'est pas sans rappeler les formes pionnières de l'abstraction géométrique. On pense par exemple à Vera Molnar (née à Budapest, Hongrie en 1924).

Reactive Books (1993-1999)[modifier | modifier le code]

Entre 1993 et 1998, John Maeda réalise une série de travaux interactifs expérimentaux, s'intéressant aux différentes manières d'interagir avec un ordinateur. Ces travaux sont édités comme livres d'artiste combinant les formats papier et numériques (applications sous environnement Mac OS Classic), regroupés sous le titre "Reactive Books" (livres réactifs). Seuls les quatre premiers ont connu une édition physique, l'éditeur Digitalogue ayant cessé son activité en 2000[6].

  1. The Reactive Square (1995). 10 pièces visuelles réagissant au microphone. Edité sous forme de livret et disquette[7].
  2. Flying Letters (1996). 10 pièces typographiques monochromes, réagissant au mouvement de la souris. Edité sous forme de leporello et CD-ROM[7].
  3. 12 o'clocks (1997). Une série de 12 horloges numériques[8].
  4. Tap, Type, Write: (1998). 10 pièces en noir-blanc réagissant au clavier, en hommage à la machine à écrire.
  5. Mirror Mirror. 10 variations utilisant la capture vidéo en temps réel comme source d'interaction. Non-publié.

Design by Numbers[modifier | modifier le code]

Il a mis au point une méthode d’apprentissage de la programmation nommée design by numbers qui est le titre d’un livre, ainsi que d’un programme éponyme. Cette méthode s'adresse particulièrement aux non informaticiens que sont souvent les designers graphiques. Deux de ses anciens étudiants, Benjamin Fry et Casey Reas, ont poursuivi dans cette direction pour réaliser Processing, un environnement de design interactif très prometteur, basé sur la plate-forme Java.

Livres[modifier | modifier le code]

John Maeda est l’auteur de plusieurs livres majeurs sur le design interactif : Design by Numbers (1999), maeda@media (2000) et Creative Code (2004). Son quatrième livre, De la simplicité, connaît un grand succès et sera traduit dans 14 langues[2].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Le travail de John Maeda a été honoré de plusieurs prix, dont les Japan's Mainichi Design Prize en 2002, Smithsonian Institution's National Design Award en 2001, le Design Management Institute Muriel Cooper Prize en 2001 et le Daimler Chrysler Design Prize en 2000.

En 2010, il est médaillé par l'organisation graphique AIGA[9].

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Design Machines. Axis Gallery Annex, Tokyo, 1994[10].
  • Deconstructing Cyberspace, Axis Gallery Annex, Tokyo, 1995.
  • Paper and Computer, Ginza Graphic Gallery, Tokyo, 1996. L'exposition comporte 50 lithographies et 20 ordinateurs PowerBook[11].
  • The One Line Project, Ginza Graphic Gallery, Tokyo. Août 1999. Cette exposition présente une ligne continue imprimée sur 80m de papier, accompagné de 10 ordinateurs iMac présentant les données du projet[12].
  • Post Digital, NTT InterCommunication Center, Tokyo, 2001. Cette exposition rétrospective de mi-carrière (à 35 ans) comporte 100 imprimés, 70 projections et 80 ordinateurs[13]. Curateur: Shoji Itoh.
  • F00D (F-zero-zero-D). Cristinerose / Josee Bienvenu Gallery, 2003. Cette exposition présente 27 nouvelles créations, sur le thème de la nourriture[13].
  • Nature, Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris, 2005. Première exposition personnelle de John Maeda en Europe, Nature se compose de sept motion paintings, "des peintures en mouvement évoquant des phénomènes naturels comme la pluie qui tombe ou l’herbe qui pousse"[14].
  • Maeda/MySpace, Riflemaker Gallery, Londres, 2007. Dans sa première exposition au Royaume-Uni, Maeda présente de nombreuses pièces interactives[15].
  • John Maeda is the Fortune Cookie, Riflemaker Gallery, Londres, 2011. Pendant cette performance de quatre jours, Maeda accorde 10 minutes à chaque visiteur de la galerie, avant de conclure par un message de sagesse énigmatique, à la manière des fortune cookies[16].
  • Atoms + Bits = the neue Craft (ABC), Adobe Museum of Digital Media, 2011[17]. Dans cette exposition en ligne, Maeda donne une conférence interactive.
  • Design in Tech, Biennale Internationale de Design, Saint-Etienne, 2019. Invité à produire une exposition, Maeda (travaillant alors pour Automattic) collabore avec Rachel Been (Google) pour présenter une exposition physique du système Material Design élaboré par Google pour ses applications numériques[18].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Design by Numbers, MIT Press, 1999.
  • maeda@media, Thames and Hudson / Rizzoli / Bangert Verlag en 2000,
  • Creative Code : Aesthetics + Computation, Thames and Hudson, 2004
  • De la simplicité, Éditions Payot, 2007 (ISBN 2-228-90156-3)
  • Redesigning Leadership, MIT Press, (ISBN 9780262015882)
  • How to Speak Machine: Computational Thinking for the Rest of Us, Portfolio, 2019.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en-US) Katharine Schwab, « 5 years ago, this design guru went to work in Silicon Valley. Here’s why he’s done », sur Fast Company, (consulté le 14 janvier 2020)
  2. a et b (en) Steven Heller, « Out of the Lab: An Interview with John Maeda », sur AIGA | the professional association for design (consulté le 23 janvier 2020)
  3. (en) « 2020 - MAEDASTUDIO », sur MAEDASTUDIO (consulté le 6 août 2020).
  4. « John Maeda, Why Automattic? », sur Design.blog, (consulté le 15 décembre 2016)
  5. (en) « Videos of John Maeda », sur WordPress.tv (consulté le 23 janvier 2020)
  6. (en-US) « The 5 Reactive Books (1993 to 1999) », sur MAEDASTUDIO (consulté le 22 février 2020)
  7. a et b Maeda, John, Maeda@media, Thames & Hudson, (ISBN 0-500-28235-8 et 978-0-500-28235-9, OCLC 45735758, lire en ligne), p. 112-117
  8. « 12 o'clocks (1996) », sur Vimeo (consulté le 22 février 2020)
  9. « 2010 AIGA Medalist: John Maeda », sur AIGA | the professional association for design (consulté le 23 janvier 2020)
  10. (en) « ICC | John MAEDA », sur NTT InterCommunication Center [ICC] (consulté le 22 février 2020)
  11. Maeda, John., Maeda@media, Thames & Hudson, (ISBN 0-500-28235-8 et 978-0-500-28235-9, OCLC 45735758, lire en ligne), p. 220-221
  12. Maeda, John, Maeda@media, Thames & Hudson, (ISBN 0-500-28235-8 et 978-0-500-28235-9, OCLC 45735758, lire en ligne), p. 328-329
  13. a et b Maeda, John., Creative code, Thames & Hudson, (ISBN 0-500-28517-9 et 978-0-500-28517-6, OCLC 57576005, lire en ligne), p. 6
  14. (en) « John Maeda, nature + eye’m hungry », Fondation Cartier pour l'art contemporain,‎ (lire en ligne, consulté le 23 février 2020)
  15. « Riflemaker Contemporary Art | The Riflemaker Gallery | », sur www.riflemaker.org (consulté le 23 février 2020)
  16. (en-US) Leonora Oppenheim, « John Maeda Is The Fortune-Cookie », sur COOL HUNTING, (consulté le 23 février 2020)
  17. (en) « Adobe Museum of Digital Media Announces New Exhibition: John Maeda: Atoms + Bits = the neue Craft (ABC) », sur Adobe Newsroom (consulté le 23 février 2020)
  18. « Biennale Internationale Design Saint-Étienne 2019 | Programmation | Design in Tech », sur www.biennale-design.com (consulté le 23 février 2020)