Jinjer

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Jinjer
Description de l'image Jinjer2014.jpg.
Informations générales
Pays d'origine Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Genre musical metalcore, death metal, metal progressif, djent
Années actives Depuis 2009
Labels Napalm Records
Site officiel jinjer-metal.com
Composition du groupe
Membres Tatiana Shmailyuk
Roman Ibramkhalilov
Eugene Abdiukhanov
Vladislav Ulasevich
Anciens membres Dmitriy Oksen
Maksym Fatullaiev
Oleksandr Koziychuk
Yevhen Mantulin
Dmitriy Kim

Jinjer est à l'origine un groupe de groove metal ukrainien formé en 2009. Combinant brutalité, vitesse, groove et mélodie, de nos jours Jinjer se présente lui-même plutôt comme un groupe de progressive groove metal. Bien que les musiciens soient de langue maternelle russe, la langue parlée dans l'est de l'Ukraine, le chant, tantôt guttural, tantôt clair, est en anglais (à l'exception d'un titre de l'album Cloud Factory, Желаю значит получу, "I want it I'll get it", chanté en russe).

Se produisant souvent en concert, surtout depuis 2013, pour assurer sa promotion et délivrant des prestations scéniques techniques et puissantes, le quatuor ukrainien fidélise et renforce sa base de fans sur les réseaux sociaux et monte progressivement en notoriété. Le groupe a donné environ 130 concerts en 2018 et terminera l'année 2019 avec plus de 150 dates. Il a joué dans presque tous les pays d'Europe, plusieurs fois en Amérique du Nord (printemps et automne 2018, automne 2019), en Amérique du Sud (2018), en Israël (), à Dubaï (), aux Philippines (), en Turquie (), au Japon () et en Afrique du Sud () et il est régulièrement à l'affiche de nombreux festivals de metal[1].

Depuis sa création, le groupe a sorti quatre albums studio, trois extended play (EP), un live et un DVD live.


Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts et Inhale, Do Not Breathe (2009-2012)[modifier | modifier le code]

Jinjer est créé en 2009 par le guitariste Dimitry Oksen, avec Maksym Fatullaiev au chant, Vyacheslav Okhrimenko à la batterie et Oleksiy Svinar à la basse. Choisi par son fondateur, le nom du groupe, "Jinjer", n'a pas de réelle signification[2]. Les musiciens sont originaires de la ville d'Horlivka, dans la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine. Le groupe n'a alors pas d'ambition commerciale et cherche seulement à se produire dans des clubs locaux d'Horlivka et des villes avoisinantes. Il réalise néanmoins un premier EP de quatre titres, auto-produit : Objects in Mirror are Closer Than They Appear.

En 2010, peu de temps après la sortie de l'EP, le chanteur Maksym Fatullaiev émigre aux États-Unis d'Amérique. Il est alors remplacé par une chanteuse, Tatiana Shmailyuk, qui au départ n'entendait pas rester dans le groupe, mais seulement aider quelque temps des amis musiciens qui avaient besoin d'une voix. Le groupe sort alors deux singles, auto-produits : Hypocrites and Critics et Objects in Mirror Are Closer Than They Appear (à ne pas confondre avec l'EP du même nom). A peu près au même moment, un nouveau guitariste rejoint le groupe, Roman Ibramkhalilov, tandis qu'un nouveau batteur, Oleksandr Koziychuk, remplace Vyacheslav Okhrimenko.

L'arrivée en 2011 d'Eugene Abdiukhanov à la basse va apporter une plus grande stabilité au groupe, ce dernier prenant aussi en charge sa direction et sa promotion. Jinjer commence alors à se faire connaître sur la scène metal underground d'Ukraine. En 2012, grâce à sa victoire dans une compétition musicale locale, le groupe gagne la possibilité d'enregistrer gratuitement quelques titres en studio. La sortie de Inhale, Do Not Breathe, un EP de cinq titres, est suivie de celle de la première vidéo officielle de Jinjer, Exposed as a Liar, ce qui permet à ce groupe totalement absent des plateformes de diffusion modernes d'être remarqué, notamment à l'étranger. Un label grec, The Leaders Records, leur offre de produire officiellement leur album et l'année suivante, Inhale, Do Not Breathe devient un LP¨de dix titres, dont trois live. Dans le même temps, la société roumaine Cavaleria Events leur permet de se produire pour quelques dates en Roumanie et en Moldavie.

Best Ukrainian Metal Band et Cloud Factory (2013-2015)[modifier | modifier le code]

L'année 2013 commence avec une tournée de quinze concerts en Ukraine, Moldavie et Roumanie, mais un mois avant la tournée, le batteur Oleksandr Koziychuk annonce qu'il quitte le groupe. Il est remplacé dans l'urgence par Eugene Mantulin. Cette tournée est néanmoins un tournant dans l'histoire de Jinjer : les musiciens décident alors de se lancer à fond dans l'aventure et de s'en donner les moyens. La musique metal n'étant guère populaire en Ukraine et ne permettant pas aux musiciens d'en vivre, la seule solution qui s'offre à eux est de tourner intensivement à l'international pour se faire connaître. Mais pour un groupe encore quasiment inconnu, ces débuts sont très difficiles, les musiciens devant organiser eux-mêmes leurs tournées et financer les coûts de transport, de logement et de restauration[3].

Durant l'été 2013, Jinjer se produit dans plusieurs festivals, jouant devant des publics plus importants.

Jinjer sur scène lors du concours pour le Best Ukrainian Metal Band à Kiev en 2013.

A l'automne 2013, Jinjer remporte le Prix du Meilleur Groupe de Metal Ukrainien du label InshaMuzyka de Kiev. La veille de la compétition, alors qu'ils étaient en route pour Kiev, ils sont victimes d'un accident de circulation, leur van tombant dans un fossé de quatre mètres de profondeur. Par chance, personne ne fut sérieusement blessé et ils parviendront à réparer leur véhicule et arriver juste à temps pour leur balance audio[3].

Le reste de l'année 2013 est passée en studio, à composer et enregistrer leur second album, Cloud Factory, comportant huit titres. Celui-ci sort en et pour assurer sa promotion, Jinjer part pour une tournée d'un mois en Europe (Pologne, Allemagne, République tchèque, Belgique, France et Suisse). Mais au cours de l'été 2014, avec le début de la Guerre du Donbass, les musiciens doivent précipitamment quitter leur foyers en abandonnant quasiment tout sur place pour se réfugier dans un premier temps à Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine. Sans ressource, ils n'ont d'autre choix que de se produire le plus possible dans les clubs locaux pour faire face aux besoins du quotidien et leurs conditions de vie sont alors très précaires. Ils se produisent aussi dans divers festivals au cours de l'été, mais un drame survient. Le batteur Eugene Mantulin fait une chute du troisième étage, se blessant très gravement et restant paralysé, obligeant le groupe à annuler une large tournée en Europe. Le futur de Jinjer est alors des plus incertains, mais un nouveau batteur, Dimitri Kim, prend la relève, permettant au groupe de poursuivre son activité.

Mais les évènements politiques et militaires en Ukraine compliquent les choses. Au début de l'année 2015, Jinjer se produit en Russie, où le groupe reçoit un bon accueil, en dépit des tensions entre les deux pays. En retour, il reçoit des violentes critiques et des menaces de la part des milieux ultra-nationalistes ukrainiens et des concerts doivent être annulés. D'autre part, une tournée en Pologne est annulée pour des problèmes de visas, mais Jinjer parvient néanmoins à résoudre ces tracasseries administratives pour une tournée européenne de 25 concerts au printemps, qui fera l'objet de la sortie du DVD Crowd Factory.

Jinjer est programmé dans sept festivals pour l'été 2015, mais au milieu de l'été, Dimitry Oksen, le guitariste fondateur de Jinjer, annonce soudainement qu'il quitte non seulement le groupe, mais qu'il arrête la musique pour se consacrer à d'autres projets. Cette décision inattendue surprend les autres musiciens, qui, après avoir cherché quelque temps un remplaçant apte à supporter l'intense activité du groupe et les contraintes du style de vie qui en découle, décident de poursuivre l'aventure à quatre[3].

En , le clip du morceau Sit Stay Roll Over est vu plus de 100 000 fois en une semaine, ce qui permet à Jinjer de recevoir de nombreuses offres de la part de labels, avant de finalement signer chez Napalm Records [3], l'un des plus gros labels de musique metal. Les musiciens quittent alors Lviv pour Kiev, la capitale de l'Ukraine.

Napalm Records et King of Everything (2016-2018)[modifier | modifier le code]

Tatiana Schmaylyuk, chanteuse de Jinjer, en 2019.

L'année 2016 commence avec un intense travail en studio pour la composition et l'enregistrement de King of Everything, un album de dix titres. Alliant complexité et simplicité, douces mélodies et passages brutaux, l'album reçoit un excellent accueil dans la presse spécialisée lors de sa sortie en [4], le qualifiant parfois de "une version moderne de Pantera" (Metalized). 

La vidéo du morceau Pisces, l'un des titres phare de l'album, contribue grandement à faire sortir Jinjer de son statut de groupe underground : à fin , elle totalise plus de 27 millions de vues sur Youtube, un chiffre totalement inhabituel pour un groupe de metal encore largement méconnu en dehors de sa fan base[5]. Dans ce titre, Tatiana Shmaylyuk fait une brillante démonstration de sa capacité à alterner chant clair sur les passages calmes et chant growl sur les passages plus forts.

Pour la quatrième fois, un changement de batteur a lieu, Dimitri Kim quittant le groupe. Il est remplacé par Vladislav Ulasevich. Le line-up est depuis stable, avec Tatiana Shmailyuk, Roman Ibramkhalilov et Eugene Abdiukhanov présents depuis huit à neuf ans dans le groupe.

A la fin de l'année 2016, Jinjer remporte pour la deuxième fois le Prix du Meilleur Groupe de Metal Ukrainien à Kiev, tandis que la vidéo du morceau I Speak Astronomy, un autre titre phare de King of Everything, remporte le Prix du Meilleur Clip Vidéo.

En 2017, le groupe fait la première partie des deux tournées européennes d'Arch Enemy[6] ainsi que la première partie de Cradle of Filth en Amérique du Nord en 2018[7]. Le groupe annonce aussi la réédition de leur album de 2014, Cloud Factory sur leur nouveau label en [8].

Micro et Macro (2019)[modifier | modifier le code]

Un nouvel EP de cinq titres, Micro, est sorti en , suivi d'une tournée promotionnelle de deux mois en Europe, où Jinjer a joué en première partie d'Amorphis et de Soilwork. Il confirme l'évolution musicale du groupe et sa maturité et reçoit un accueil enthousiaste[9]. Macro, un album de neuf titres présenté par Jinjer comme "une sorte de succession à Micro, similaire, mais en même temps différent"[10], est sorti le .

Durant la période des grands festivals d'été de l'année 2019, on notera notamment leur présence au Wacken Open Air[11], l'un des plus grands festivals d'Europe à être uniquement consacrés au metal. Jinjer, qui jusqu'ici se produisait essentiellement en première partie de groupes plus connus, est pour la première fois programmé en tête d'affiche pour sa tournée nord-américaine de l'automne 2019 (septembre-octobre), avec The Browning et Sumo Cyco en première partie[12], ainsi que pour la tournée européenne qui suit (novembre-décembre), avec The Agonist en première partie[13]. Leur notoriété grandissante est confirmée par de très nombreux concerts données à guichets fermés parfois plusieurs semaines à l'avance.

Le 20 novembre 2020, Jinjer sort son album live "Alive in Melbourne". Dans une interview donnée à Hard Force Magazine, la chanteuse Tatiana Shmailyuk déclare : "Alive in Melbourne est un produit directement lié à la Covid et on l'a seulement sorti pour donner aux fans et à nous-mêmes un peu d'espoir et un signal pour de meilleurs moments à venir."[14]

Style et influences[modifier | modifier le code]

Eugene Abdyukhanov, bassiste de Jinjer, en 2019.

Depuis leurs débuts, la musique de Jinjer a progressivement évolué, de metalcore à groove metal, puis progressive metal. Difficile à classer, la musique de Jinjer fusionne des éléments du groove metal, du death metal, du metal progressif, du djent, du hardcore avec des mélodies puissantes et n'hésite pas à incorporer des passages atmosphériques, jazzy, rap-rock ou encore reggae. Lors de la sortie de King of Everything, les musiciens ont qualifié leur album de "metal progressif extrême avec de fortes influences groove metal, hardcore et djent". Jinjer accorde aussi une grande importance aux paroles de leurs morceaux, rédigées essentiellement par Tatiana Shmaylyuk, mais aussi par Eugene Abdiukhanov.

Parmi leurs influences, les musiciens de Jinjer citent généralement d'autres groupes de metal tels que Opeth, KarnivoolLamb of God, Pantera, Death, Periphery ou encore Meshuggah. Mais ils ne limitent pas leurs influences au seul domaine du metal et avouent être ouverts à beaucoup d'autres genres musicaux : rock, R&B, funk, soul, jazz, reggae, hip-hop [15]. ...

Tatiana Shmaylyuk, "Tati" pour les fans, est une grande admiratrice d'Otep Shamaya, chanteuse du groupe Otep, de Sandra Nasic, chanteuse du groupe Guano Apes, de Pink, mais aussi d'Amy Winehouse, d'Aretha Franklin et d'Ella Fitzgerald. Elle est actuellement considérée comme l'une des meilleures chanteuses de la scène metal[16], sa forte présence scénique ajoutée à ses qualités de vocaliste contribuant beaucoup à la popularité grandissante du groupe.

Si son groupe préféré est Opeth, Eugene Abdiukhanov porte un intérêt particulier à d'autres joueurs de basse virtuoses tels que Victor Wooten, Marcus Miller ou Jaco Pastorius, classés jazz, jazz-rock ou jazz-fusion.


Membres[modifier | modifier le code]

Membres actuels[modifier | modifier le code]

Anciens membres[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]


Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

  • Inhale, Do Not Breathe (réédition) (2013) - The Leaders Records
  • Cloud Factory (2014) - The Leaders Records
  • King of Everything (2016) - Napalm Records
  • Cloud Factory (réédition) (2018) - Napalm Records
  • Macro (2019) - Napalm Records

Extended Play[modifier | modifier le code]

  • Objects in Mirror Are Closer Then They Appear (2010) - auto-produit
  • Inhale, Do Not Breathe (2012) - auto-produit
  • Micro (2019) - Napalm Records

Live[modifier | modifier le code]

  • Alive in Melbourne (2020) - Napalm Records

DVD Live[modifier | modifier le code]

  • Crowd Factory (2015) - The Leaders Records

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Jinjer », sur Bandsintown (consulté le 24 juillet 2019)
  2. (en) « JINJER - INTERVIEW », sur JZA Crew (consulté le 24 juillet 2019)
  3. a b c et d « JINJER - Official Band Website », sur web.archive.org, (consulté le 24 juillet 2019)
  4. Front View Magazine, « Jinjer Releases King of Everything » (consulté le 18 décembre 2017)
  5. « Pisces has overcome the point of 20 000 000 views! », sur jinjer-metal.com (consulté le 24 juillet 2019)
  6. Metal Injection, « JINJER Shows Ukraine Brings The Heaviness with "Who Is Gonna Be The One" Live Clip » (consulté le 15 décembre 2017)
  7. Joe Divita, « Cradle of Filth Bring ‘Cryptoriana’ to North America With 2018 Tour » (consulté le 15 décembre 2017)
  8. thePRP, « Jinjer to Reissue "Cloud Factory" In February » (consulté le 30 janvier 2018)
  9. (en-GB) « Jinjer – Micro – EP Review », sur R o c k 'N' L o a d, (consulté le 31 juillet 2019)
  10. (en) Lauryn Schaffner, « Jinjer Have Finished Recording New Album », sur Loudwire (consulté le 31 juillet 2019)
  11. « Band », sur W:O:A - Wacken Open Air (consulté le 31 juillet 2019)
  12. (en) Joe DiVita, « Jinjer Announce Fall 2019 Headlining Tour With The Browning », sur Loudwire (consulté le 24 juillet 2019)
  13. (en) VV, « Jinjer: European Tour 2019 », sur Metal Goddesses, (consulté le 24 juillet 2019)
  14. par Aude Paquot, « JINJER • Interview Tatiana Shmailyuk », sur HARD FORCE, (consulté le 27 novembre 2020)
  15. Blabbermouth.net, « Ukraine's Jinjer Doesn't Like Being Compared to Other Female-Fronted Metal Bands » (consulté le 13 décembre 2017)
  16. (en-US) sudupereviewer, « Top 30 The Best Female Vocalist in Metal! », sur SudupeReviewer, (consulté le 25 juillet 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]