Jean du Plessis de Grenédan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille du Plessis de Grenédan.

Jean du Plessis de Grenédan est un officier de marine français, né à Rennes le , décédé le 21 ou 22 décembre 1923 dans le ciel de Sicile, en tant que lieutenant de vaisseau, commandant du dirigeable Dixmude.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean, Joseph, Anne-Marie du Plessis est le deuxième fils d'un avocat au barreau de Rennes, le comte Jachim du Plessis de Grenédan. Son père participant à la création de la Faculté catholique d'Angers, Jean fait ses études secondaires, à partir de la classe de cinquième, au collège Saint-Maurille.

Le 5 octobre 1907, il entre au cours de Flotte[note 1] du collège Vaugirard à Paris pour préparer le concours d'entrée à l'École navale. À la suite de la disparition des classes préparatoires aux grandes écoles du collège Vaugirard, il effectue sa deuxième année de Flotte au lycée Saint-Louis[note 2] à partir d'octobre 1908. Il est reçu au concours quarante et unième sur cinquante-neuf en août 1909. Il intègre l'École navale et embarque sur le Borda[note 3], le 30 septembre 1909.

Il sort vingt et unième de l'École navale en juillet 1911.

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1911-1912 il effectue une campagne aux Antilles et une campagne en Méditerranée puis en mer Baltique sur le Duguay-Trouin.

Pilote de ballon dirigeable breveté en 1917, il s'est rendu célèbre en commandant le Dixmude, l'un des deux zeppelins français, et surtout en établissant des records mondiaux à son bord. Sa disparition en mer Méditerranée, à bord du Dixmude, le 21 ou 22 décembre 1923, a donné lieu à une formidable polémique.

Le dirigeable LZ-114 (ex-L-72) a été construit en 1917. Il s'agit, à l'époque, du plus grand dirigeable au monde. Ses caractéristiques sont les suivantes : longueur 226 m, volume de 68 500 m3 d'hydrogène, diamètre 24 m, hauteur totale 28 m, poids total 85 tonnes, charge utile 55 tonnes, 7 moteurs Maybach à essence de 260 chevaux, 6 hélices propulsives, vitesse maximale de 80 km/h, vitesse de croisière maximale 60 km/h.

En 1920, en conséquence de l'armistice, le dirigeable est livré par les Allemands aux autorités françaises à Maubeuge. Jean du Plessis de Grenédan (lieutenant de vaisseau) le baptise Dixmude en souvenir des fusiliers-marins morts en défendant la ville belge de Dixmude. Le , il est en état de marche. Il arrive le 11 août en 3 h sur Paris, survole la Concorde et les Champs-Élysées, et part vers le centre aéronautique de Cuers-Pierrefeu (près de Toulon).

Dans la nuit du 21 au 22 décembre 1923, revenant de Tunisie, le dirigeable 21-12L-72 disparaît dans un orage avec 50 hommes à bord (équipage : 43, passagers : 7). Le 26 décembre, des pêcheurs de Sciacca (Sicile) remontent dans leur filet le corps de Jean du Plessis de Grenédan. On trouvera dans les poches du grand manteau qu'il portait : un chapelet, quelques médailles, un porte-monnaie, un sachet contenant une relique de sainte Marguerite-Marie du Sacré-Cœur, une image de Saint Christophe, quelques menus objets et, attachée à une chaîne en or, une montre en acier arrêtée à 2h 27.

Ce drame marqua la fin de l'usage à titre militaire de dirigeables.

Jean du Plessis eut droit à des obsèques nationales célébrées à Toulon le 5 janvier 1924. Décoré de l'Ordre national de la Légion d'Honneur, avec citation à l'Ordre du jour de l'Armée de mer : "Officier d'élite, technicien consommé, communiquant à tous son esprit de devoir, ses qualités d'audace réfléchie, son ardeur courageuse et son mépris du danger. Depuis trois ans, avait fait preuve à un haut degré des plus belles qualités militaires dans le commandement du dirigeable Dixmude, sur lequel il est mort glorieusement à son poste de devoir."

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Grands dirigeables dans la paix et dans la guerre (2 volumes) :
    • tome I : Leur passé, leur avenir, l'expérience du Dixmude
    • tome II : Leur technique ; P., Plon, 1925. (édition posthume procurée par son père).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Dixmude est-il perdu ?, La Libre Parole, n° 11359, 27 décembre 1923
  • Le Dixmude signalé en dérive vers le Hoggar, La Libre Parole, n° 11360, 28 décembre 1923
  • Le sort du Dixmude, le corps du Commandant du Plessis de Grenédan, La Libre Parole, n° 11361, 29 décembre 1923
  • La catastrophe du Dixmude, La Libre Parole, n° 11362, 30 décembre 1923
  • La perte du Dixmude, L'Illustration, 5 janvier 1924
  • Du Plessis de Grenédan (comte joachim), La vie héroïque de Jean du Plessis, Commandant du "Dixmude" 1892-1923, P., Plon, 1924 (rrédition, 1949), 364 pp, cartes.
  • Jacquet (bernard, La base aéronautique de Cuers-Pierre feu, du crash du Dixmude à nos jours ; Hyères les palmiers, éd. du Lau, 2007, 224 p.
  • Michel Vaissier, L'épopée des Grands Dirigeables et du Dixmude, Mens Sana éditions, 2011. Ouvrage retenu pour concourir au prix Guynemer 2013( lors du salon du Bourget 2013).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Classe préparatoire à l'École Navale
  2. où il est externe. Il est en internat à l'école Massillon, tenue par des prêtres de l'Oratoire qui assurent en outre les répétitions et l'instruction religieuse
  3. Navire école qui abrita l'École Navale de 1840 à 1913.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]