Jean-Pierre Barillet-Deschamps

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Ceci est une version archivée de cette page en date du 19 juillet 2009 à 10:06 et modifiée en dernier par ZetudBot (discuter | contributions). Elle peut contenir des erreurs, des inexactitudes ou des contenus vandalisés non présents dans la version actuelle.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Barillet.

Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873) est un jardinier et paysagiste français.

Fils d'un ouvrier jardinier, il devient en 1841 « moniteur » de jardinage, formé à l’école des contremaîtres de « La Paternelle », première colonie agricole et pénitentiaire fondée à Mettray, près de Tours, en juin 1839, par le vicomte de Bretignières de Courteilles et Frédéric-Auguste Demetz. Dans son discours pour la sortie de la première promotion, Bretignières de Courteilles adresse à Barillet-Deschamps ces propos prophétiques: « Ouvrier jardinier comme ton père, tu seras un de nos premiers horticulteurs »[1] .

Il fonde plus tard un établissement horticole à Bordeaux. Appelé à Paris par le préfet Haussmann, il participe, sous l'autorité des ingénieurs Jean-Charles Alphand et Eugène Belgrand, avec le titre (dont il sera le premier titulaire) de « Jardinier en chef du Service des Promenades et Plantations de la Ville de Paris », à la transformation de la capitale au sein de la remarquable équipe de professionnels dont avait su s'entourer le préfet, parmi lesquels on compte Victor Baltard, Gabriel Davioud, Jacques Hittorff... Barillet-Deschamps redessine les bois de Boulogne et de Vincennes, et par la suite crée le jardin du Luxembourg, le parc Monceau, celui des parc des Buttes-Chaumont et le parc Montsouris. En 1865, il crée le jardin anglais du jardin des plantes du Mans. À Lille il dessine le jardin Vauban, et à Roubaix le parc Barbieux.

Il crée une Maison d’Architecte Paysagiste, ouvre une pépinière et un jardin à La Muette et entame une carrière internationale : on l'appelle à Marseille, à Hyères, à Milan et Turin, en Belgique, en Autriche, en Prusse, et jusqu'en Égypte où il est mandé au Caire par le khédive. Il y arrive en 1870 et y travaille jusqu’en 1875, date il contracte la maladie pulmonaire dont il meurt dans sa cinquantième année.

Il inaugure un type de jardin inspiré du jardin anglais, caractérisé par des pelouses vallonnées et les formes sinueuses des allées et des lacs. La richesse et l'exotisme de la décoration végétale et du mobilier témoignent de la modernité et de la prospérité du Second Empire. On a pu reprocher à Barillet-Deschamps la répétitivité de son style, qualifié parfois d'éclectique et présenté comme une dénaturation du jardin anglais par la standardisation, l'esprit du lieu et les particularités locales étant peu prises en compte. Néanmoins l'œuvre de Barillet-Deschamps, qui servira en province et à l'étranger parfois de modèle, parfois de contre-modèle, caractérisera l’art des jardins du XIXe siècle, et marquera de son empreinte le XXe siècle.

Notes

  1. Discours du vicomte de Bretignières de Courteilles aux agents de Mettray, Archives de l’association « La Paternelle » (aujourd’hui déposées aux Archives départementales d’Indre-et-Loire), Mettray, 1841, non paginé

Bibliographie

  • Luisa Limido, L’Art des jardins sous le Second Empire. Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1873-1924).
  • (en) Luisa Limido, . « The Squares Created by Jean-Pierre Barillet-Deschamps in Turin. A Study Based on the Correspondance Between the French Landscape Architect and the Mayor of the City in the Years Between 1860 and 1864 », Journal of Garden History, vol. 17, n° 2, avril-juin 1997, London, Washington DC, 1997.