Jean-François de La Porte d'Anglefort

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Jean-François de La Porte d'Anglefort
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Autres informations
Grade militaire

Jean-François de La Porte, seigneur d'Anglefort est né en 1749 à Anglefort et est décédé en 1784, à Kaminiek, en Russie. Il est le premier fils de François-Joseph de La Porte d'Anglefort et de Jacqueline Carrely de Bassy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-François se faisait appeler comte d'Anglefort. Louis XV et Louis XVI ne lui ayant jamais octroyé de lettres patentes, ce titre semble vraisemblablement usurpé mais ce n'est pas l'avis de Victor Bizot, qui dans son livre atteste Jean-François comme comte[1].

Dans l'armée[modifier | modifier le code]

Il fut d'abord officier dans l'artillerie. Le , il donne sa démission et devient capitaine puis lieutenant-colonel dans le corps des volontaires du prince de Nassau-Siegen[2].

Il participe aux campagnes navales françaises dans la manche où il se distingue par son héroïsme[3]. Il participe avec son corps de volontaires, à une expédition navale française destinée à prendre Jersey et Guernesey aux Anglais. De cette campagne qui dure du au , on ne retient que l'épisode de Cancale. Au combat naval de Cancale, Jean-François se distingue en prenant dans ses bras une bombe enflamée et en jetant à la mer une bombe qui était arrivée sur le pont d'un de ses bateaux : le Danae. Ce geste, sauvant l'équipage et le bateau, lui vaut d'être décoré de la croix de chevalier de Saint-Louis[4]. Il est attesté comme capitaine de la compagnie d'artillerie du bataillon auxiliaire de l'île de Ré de 1780 à 1783[5] et comme protagoniste de l'expédition de Gibraltar menée par les français en 1782[6].

L'expérience du ballon Montgolfier à Lyon[modifier | modifier le code]

Jean-François de La Porte est particulièrement célèbre pour avoir accompagné Pilatre de Rozier et les frères Montgolfier dans leur troisième vol en ballon à Lyon le 19 janvier 1784[7].

Joseph Montgolfier veut construire un énorme ballon, pour pouvoir couvrir de longues distances, de Lyon à Paris par exemple. Le succès de ses premières expériences lui permet d'ouvrir une souscription. Un ballon de 23 270 m3, un des plus grands jamais construits, d'un poids de sept tonnes, capable d'emmener sept personnes, est mis en chantier. La construction est assurée par un ami de Joseph, un dénommé Fontaine, avec sous ses ordres 150 tailleurs et couturiers. Jean-François Pilâtre de Rozier arriva à Lyon en décembre, appelé par Jacques de Flesselles et/ou recommandé par Étienne Montgolfier. Il y eut quelques frictions entre lui et Joseph, entre l'aéronaute expérimenté et l'inventeur.

Les essais captifs ont lieu du 7 au 15 janvier 1784. Le ballon a souffert de l'hiver rigoureux cette année-là. De plus, du fait de sa taille, le gonflement est très délicat, surtout avec des aides aérostiers peu expérimentés. Le temps peu favorable et une lutte entre les souscripteurs pour savoir qui volerait faillit faire capoter le projet. Enfin, le 19 janvier, le temps est propice et les esprits calmés, 100 000 Lyonnais sont présents et même Pierre, le père des deux inventeurs est là. Prennent place à bord du Flesselles, Joseph dont c'est le seul et unique vol, Pilâtre, le comte de Laurencin qui avait amené une grande partie des fonds, le comte de Dampierre, le marquis de Laporte d'Anglefort, le prince de Ligne et le jeune Fontaine. Un resquilleur est évacué tel un sac de sable. Le décollage est laborieux mais il se déroule normalement tout de même. Au bout de douze minutes de vol, le vent change et ramène le ballon au point de départ. C'est alors qu'une déchirure apparaît au sommet, le ballon perd rapidement de l'altitude et atterrit brutalement à une centaine de mètres de son point de départ. Les voyageurs sont choqués mais indemnes, ce qui n'est pas le cas du ballon à moitié brûlé qui est irrécupérable. Une estampe relate cet événement[8].

La mort[modifier | modifier le code]

Il meurt le 4 août 1784[9] d'une manière tragique. L'événement est relaté dans le Mercure de France. Lors d'une reconnaissance du fleuve Dniestr avec son ami le prince de Nassau, ils sont invités à se reposer chez le seigneur local de Kaminiek. Le lendemain matin, le comte d'Anglefort décide de partir plus tôt que son ami, pour vérifier l'état du navire avec lequel ils naviguent. Il s'égare et son absence est remarquée, le seigneur de Kaminiec fait battre la campagne par ses soldats cosaques. Les cosaques le retrouvent finalement, mais le comte ne comprenant pas leur langue, se sauve, persuadé de faire face à des voleurs. Il tente, pour leur échapper, de traverser le Dniestr à la nage mais épuisé, se noie[10]. Selon le Journal Politique, le noble serait mort des suites d'une dispute avec des nobles polonais[11].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Victor Bizot, Les Delaporte d'Anglefort: notes et souvenirs, 1894.
  2. Généalogie des comtes d'Anglefort [1] Consulté le 25/04/2014
  3. Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la république des lettres en France, p. 190
  4. Le Bugey sur Gallica, p. 638 [2]
  5. Archives nationales [3] Consulté le 10/05/2014
  6. Lamouille 1975, p. 98
  7. Mairie d'Anglefort [4] Consulté le 25/04/2014
  8. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85092172
  9. Antoine Péricaud, Tablettes chronologiques pour servir à l'histoire de la ville de Lyon. 1751-1789, 1832, p.36
  10. Mercure de France de juillet 1784, p. 135-136
  11. Journal politique ou Gazette des gazettes de 1785, p. 64-65

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles Connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Lamouille, Anglefort et le Val du Rhône,
  • Victor Bizot, Les Delaporte d'Anglefort: notes et souvenirs,