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Intégrale de Stieltjes

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Thomas Stieltjes (1856-1894).

L'intégrale de Stieltjes constitue une généralisation de l'intégrale ordinaire, ou intégrale de Riemann. En effet, on considère deux fonctions réelles bornées f et g définies sur un intervalle fermé [a, b], ainsi qu'une subdivision a = x0 < x1 < x2 < ... < xn = b de cet intervalle. Si la somme de Riemann

avec ξi ∈ [xi–1, xi], tend vers une limite S lorsque le pas max(xi xi – 1) tend vers 0[1], alors S est appelée l'intégrale de Stieltjes (ou parfois l'intégrale de Riemann-Stieltjes[2]) de la fonction f par rapport à g. On la note

ou simplement b
a
f
dg
.

Propriétés

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L'intégrale de Stieltjes est linéaire :

Si les fonctions f et g possèdent un point de discontinuité en commun, alors l'intégrale n'existe pas.

Cependant, si f est continue et g à variation bornée, cette intégrale est bien définie[3],[4]. Elle l'est également si f est seulement Riemann-intégrable mais g est absolument continue, et elle coïncide alors avec l'intégrale de fg' au sens de Lebesgue[5] (ou de Riemann si de plus g' est Riemann-intégrable) :

De plus, dans ces conditions suffisantes d'existence, f et g sont interchangeables. En effet :

Théorème d'intégration par parties[6] — Si l'une des deux intégrales de Stieltjes ou existe alors l'autre aussi, et leur somme est égale à

On a ainsi que si f est Stieltjes-intégrable, on a :

Formules de la moyenne[7] — Si f est continue sur [a, b] et si g est monotone, il existe un réel c de [a, b] tel que

  • Première formule :
  • Deuxième formule :

La première formule se démontre comme dans le cas où g est continûment dérivable. La deuxième s'en déduit grâce au théorème d'intégration par parties. Un corollaire de cette deuxième formule est : si h est intégrable sur [a, b] et si g est monotone, il existe un c ∈ [a, b] tel que

Si g est non seulement monotone mais décroissante positive, on peut la rendre nulle en b avant de lui appliquer ce corollaire (cela ne change pas la valeur de b
a
g
(x)h(x) dx
).

Exemples et cas spéciaux

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Intégrale de Riemann

L'intégrale de Riemann classique est une intégrale de Riemann-Stieltjes avec g(x) = x.

Fonction de Heaviside

Si g(x) est la fonction de Heaviside H(x). Alors l'intégrale de Stieltjes pour f vaut

Redresseur

On considère la fonction g(x) = max {0, x}, utilisée dans l'étude des réseaux neuronaux, appelée Unité Linéaire Rectifiée (ReLU). Alors l'intégrale de Riemann–Stieltjes pour g vaut

où l'intégrale du terme de droite est l'intégrale de Riemann classique.

Cas où g est une fonction constante par morceaux croissante finie

On considère une subdivision finie de l'intervalle [a , b], soit a = a1 < a2 < ... < an = b, et une suite de valeurs réelles α1 < α2 < ... < αn, de sorte que :

.

Ainsi, sur tout l'intervalle, g est constante par morceaux et croissante en tout point. Alors dans ce cas, on a :

.

Cette définition peut être étendue afin d'exprimer des séries convergentes comme des intégrales de Stieltjes[8].

Cas où g est dérivable

Si g est dérivable et de dérivée continue sur , on peut démontrer que

,

où l'intégrale du terme de droite est l'intégrale de Riemann usuelle, en supposant que f admet une intégrale de Riemann-Stieltjes.

Plus précisément, il y a égalité entre l'intégrale de Riemann et celle de Riemann-Stieltjes si g est l'intégrale de Lebesgue de sa dérivée (donc si g est absolument continue). Il est possible que g soit discontinue ou de dérivée nulle presque partout, auquel cas l'intégrale de Riemann-Stieltjes n'est pas calculable en utilisant l'expression de la dérivée de g.

Application à la théorie de probabilités

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Si G est la fonction de répartition de la loi d'une variable aléatoire X qui admet une densité par rapport à la mesure de Lebesgue, et f est une fonction quelconque d'espérance finie, alors la fonction de densité de X est la dérivée de G et on a :

Cependant, cette égalité n'est pas vérifiée si X n'admet par de densité Lebesgue-intégrable, ce qui est le cas pour toute variable suivant une loi discrète (auquel cas la densité est une somme pondérée de distributions de Dirac), ou si G est continue mais pas absolument continue (comme la fonction de Cantor). Toutefois, l'identité

est vraie pour toute fonction réelle g représentant une fonction de répartition, peu importe ses propriétés. En particulier, peu importe les propriétés de la fonction de répartition G d'une variable aléatoire X, si le moment E(Xn) existe, alors il vaut

Notes et références

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  1. (en) Tom M. Apostol, Mathematical Analysis, Pearson, , 2e éd., p. 141-142 (Def. 7.1 et Note), donne une autre définition : pour tout réel ε > 0, il existe une subdivision Pε de [a, b] telle que pour tout raffinement P = (xi) de Pε et tout marquage (ξi) de P, , et souligne qu'elle n'est pas équivalente à celle donnée ici. Son contre-exemple (p. 174, exercice 7.3.b) est f = χ]c, b], g = χ[c, b].
  2. (en) Einar Hille et Ralph S. Phillips, Functional Analysis and Semi-groups, vol. 1, AMS, (1re éd. 1957) (lire en ligne), p. 62.
  3. (en) Jie Xiao, Integral and Functional Analysis, Nova Science Publishers, , 287 p. (ISBN 978-1-60021-784-5, lire en ligne), p. 54.
  4. (en) Hugh L. Montgomery et R. C. Vaughan, Multiplicative Number Theory I : Classical Theory, Cambridge (GB), CUP, , 552 p. (ISBN 978-0-521-84903-6, lire en ligne), « Appendix A: The Riemann–Stieltjes integral », p. 486.
  5. (en) Norman B. Haaser et Joseph A. Sullivan, Real Analysis, Dover, (présentation en ligne), p. 255.
  6. Hille et Phillips 1996, p. 63.
  7. Xiao 2008, p. 60.
  8. (en) G.H. Hardy, J.E. Littlewood et George Pólya, Inequalities, Cambridge University Press, , p. 157

Articles connexes

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Bibliographie

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  • (en) H. Jeffreys et B. S. Jeffreys, Methods of Mathematical Physics, CUP, , 3e éd., 718 p. (ISBN 978-0-521-66402-8, lire en ligne), chap. 1, §10 (« Integration: Riemann, Stieltjes »), p. 26-36
  • (en) H. Kestelman, Modern Theories of Integration, New York, Dover Publications, , chap. 11 (« Riemann-Stieltjes Integration »), p. 247-269

Liens externes

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