Histoire des sciences (discipline)

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L'histoire des sciences, parfois en lien avec des disciplines proches telles que l'épistémologie et la philosophie des sciences ou la théorie de la connaissance, s'intéresse aux sources, aux modalités, aux logiques et aux conséquences historiques du mouvement de production des connaissances scientifiques, bien au-delà de la simple collection de grandes dates ayant marqué le développement de la science. Eudème de Rhodes, élève d'Aristote qui publia les travaux de son maître, est considéré comme le premier historien des sciences.

Origines de la discipline[modifier | modifier le code]

Depuis longtemps, de nombreux universitaires et scientifiques se sont fait les chroniqueurs du développement de leur discipline respective, de la science en général. Mais ce n'est qu'à partir du XXe siècle que se constitue l'histoire des sciences en tant que discipline.

William Whewell, fondateur de la philosophie des sciences, tente de retracer et cartographier le développement des sciences dans son Histoire des sciences inductives en 1837.

C'est en particulier à George Sarton, fondateur et éditeur de la revue Isis (il est considéré comme le père du développement de l’histoire des sciences aux États-Unis après avoir écrit plusieurs classiques de l’histoire des sciences[1]), et en France à Paul Tannery et Alexandre Koyré, fondateur du centre du même nom, que l'on doit la création et le développement de cette nouvelle discipline[2].

Avec les travaux d'I. Bernard Cohen à Harvard, l'histoire des sciences est devenue une sous-discipline de l'histoire après 1945[3]. En France, René Taton dirige la rédaction collaborative de son Histoire générale des sciences, qui est une synthèse des connaissances des années 1950 à 1980. Dans les années 1970 se produit un débat entre les tenants de l'histoire épistémologique et des science studies[4]. L'histoire des sciences depuis les années 1980 est marquée par le décentrement opéré par les études post-coloniales[5].

Internalisme et externalisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Externalisme.

Historiens des sciences[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catégorie:Historien des sciences.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eugène-Humbert Guitard, « Georges Sarton, Henri-E. Sigerist et Charles Beaulieux », Revue d’histoire de la pharmacie, no 154,‎ , p. 121 (lire en ligne)
  2. c'est par exemple en 1957 qu'est créée, grâce à Alexandre Koyré et Fernand Braudel, la section Histoire des Sciences de l'EHESS
  3. (en) Joseph W. Dauben, ML Gleason, GE Smith, « Seven Decades of History of Science », ISIS : Journal of the History of Science in Society, vol. 100, no 1,‎ , p. 4–35 (DOI 10.1086/597575)
  4. « Des Sciences et des Techniques : un débat », sous la direction de Roger Guesnerie, François Hartog, Cahier des Annales, eds. de l'EHESS, 1998, 349 p.
  5. Marie-Claude Smouts, La situation postcoloniale : les postcolonial studies dans le débat français, Fondation nationale des sciences politiques, , p. 91

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • ACOT (Pascal), L'Histoire des sciences, Paris, PUF, Que sais-je ?, 1999. Traite de la discipline, et non du développement des sciences.
  • BAUDET (Jean C.), Histoire générale des sciences, neuf volumes parus chez Vuibert, Paris, de 2002 à 2009.
  • BAUDET (Jean C.), Les plus grandes dates de la science, La Boîte à Pandore, Paris, 2016.
  • GRIMOULT (Cédric), Histoire de l'histoire des sciences. Historiographie de l'évolutionnisme dans le monde francophone, Genève, Droz, 2003. Contrairement à son titre, cet ouvrage n'aborde que l'évolution de l'histoire des sciences biologiques.

Voir aussi[modifier | modifier le code]