Hilde Holger

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Hilde Holger
HH Dancer 1925-Anton Josef Trcka.jpeg
Hilde Holger en 1925
Naissance
Décès
Sépulture
Golders Green Crematorium (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Hilde Boman-BehramVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres noms
Hilde Boman-Behram
Nationalité
Activité
Maître
Gertrud Bodenwieser
Élève
Mouvement
danse expressionniste
danse intégrée
Conjoint
Ardershir Kavasji Boman-Behram (1940-1975, 1989-2000)
Distinctions
Goldener Rathausmann (d)
Médaille d’or pour services rendus à la ville de Vienne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web

Hilde Boman-Behram (née Hilde Sofer le à Vienne et morte le à Londres) était une danseuse expressionniste, chorégraphe, et maître à danser connue sous le nom de scène de Hilde Holger, dont le travail de pionnière dans la danse a transformé la danse moderne[1],[2].

Famille[modifier | modifier le code]

Holger vient d’une famille juive libérale. Née en 1905, elle est la fille d’Alfred et d’Elise Sofer Schreiber[3]. Son père était poète et décéda en 1908. Son grand-père fabriquait des chaussures pour la Cour d’Autriche.

Après que l’Allemagne nazie ait envahi l’Autriche et comme son entrée en Angleterre lui fut refusée, Holger fuit Vienne en 1939 pour l’Inde[4]. À Mumbai, elle rencontra l’homéopathe et amateur d’art, le Docteur Ardershir Kavasji Boman-Behram. Ils se marièrent en 1940[5]. Sa mère, son beau-père ainsi que quatorze de ses proches ont péri dans l’Holocauste.

Hilde Holger a eu deux enfants. Son premier-né, sa fille Primavera Boman-Behram est née en 1946 en Inde. Elle est danseuse, sculptrice et designer de bijoux à New York. En 1948, la famille de Holger émigra en Angleterre. Le deuxième enfant de Holger fut un garçon nommé Darius Boman-Behram. Il naquit en 1949 et fut atteint du syndrome de Down, ce qui inspira Holger à travailler avec les personnes physiquement handicapées.

Carrière[modifier | modifier le code]

Hilde Holger commença la danse à l’âge de 6 ans. Étant trop jeune pour intégrer la Vienna State Academy of Music and Dramatic Art, elle prit des cours de danse de salon avec sa sœur Hedi Sofer jusqu’à ce qu’elle soit acceptée pour étudier avec le danseur radical Gertrud Bodenweiser[6], alors professeur à la Vienna State Academy. Ils étaient admiratifs du travail d’Isadora Duncan et d’Ruth Saint Denis. Rapidement, Holger devint danseuse étoile et amie de Bodenwieser et partit en tournée avec la troupe de Bodenwieser à travers toute l’Europe de l’Ouest et de l’Est. Elle partit également en tournée pour sa propre troupe, la Hilde Holger Dance Group. À dix-huit ans, elle interpréta son premier solo à la Viennese Secession. Par la suite, son style de danse expressionniste fut très acclamé à la Viennese Hagenbund ainsi que dans les théâtres de Vienne, Paris et Berlin. En 1926, par passion pour la danse, elle fonda dans le Palais Ratibor, au centre de Vienne, la New School for Movement Arts. Les représentations de ses enfants furent interprétées dans les parcs et les monuments environnants.

Le , l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler envoya ses troupes en Autriche et adopta une loi pour unifier le pays avec l’Autriche. Il était alors interdit aux Juifs de faire des représentations. Holger reçut l’aide de son ami Charles Petrach pour fuir d’Autriche. Elle décida alors de s’installer en Inde car selon ses termes, l’art indien était le plus attrayant pour les personnes de l’ouest en ce temps-là.

En Inde, elle eut l’occasion de découvrir et d’inclure de nouvelles expériences dans son œuvre, notamment les mouvements de main de la danse indienne. La danse classique indienne comprend plus de trois cents mouvements de main pour exprimer la vie et la nature. En 1941, Holger fonda une nouvelle école de danse à Bombay. Elle choisit sans préjudice, des élèves de toute race, religion ou nationalité. Comme à Vienne, Holger fut intégrée dans la communauté artistique. Parmi ses amis, le danseur indien Ram Gopal interpréta pour l’école de danse de Holger. En 1948, en raison de la partition en Inde et de l’animosité grandissante entre musulmans et hindous, elle émigra de nouveau, mais cette fois-ci en Angleterre.

Une fois en Angleterre, sa troupe, la Holger Modern Ballet Group donna de nombreuses représentations dans les parcs, églises et les théâtres. Ensuite, de nouveau, elle ouvrit une nouvelle école de danse, The Hilde Holger School of Contemporary Dance, où elle resta fidèle à son enseignement que corps et esprit ne doivent faire qu’un pour être un bon danseur. En 1951, Holger perça à Londres lors de la première de "Under the Sea", composé par Camille Saint-Saens.

En 1972, elle interpréta un morceau intitulé « Man against flood » en hommage au membre du parti communiste chinois Rewi Alley. La pièce consistait en des danseurs formant un mur humain contre les inondations[7].

En 1983, sa représentation « Apsaras » s’inspira de ses expériences en Inde. Lors de l’été 1983, elle retourna en Inde, où elle avait été pour la dernière fois en 1948. Là-bas, elle travailla comme chorégraphe pour une grande troupe de danseurs, dirigée par Sachin Shankar.

Holger fut particulièrement fière de son travail avec les handicapés mentaux. Elle créa une forme de thérapie par la danse pour les enfants atteints, comme son fils Darius, du syndrome de Down. Holger fut la première chorégraphe à mélanger des danseurs professionnels avec des jeunes adultes aux lourds handicaps. En 1968, à la Sadler's Wells Theatre, Holger dirigea "Towards the Light" avec la musique d’Edvard Grieg. Ce fut une pièce pionnière, innovante et l’une des toutes premières pièces de la danse intégrée interprétée sur une scène professionnelle[8].

Œuvres et héritage[modifier | modifier le code]

Hilde Holger a laissé un impact sur trois générations de danseurs et chorégraphes. Son enseignement fut d’une grande qualité et elle ne fut jamais effrayée de prendre des risques. Elle accepta les élèves sans préjudice, incluant ceux ayant des handicaps, tant qu’ils étaient sincères. Un de ses élèves, Wolfgang Stange, poursuivit son travail avec les personnes à déficience mentale (syndrome de Down ou autisme) ou aux handicaps physiques. L’Amici Dance Theatre Company de Stange, qui fut la première compagnie de la danse intégrée en Grande Bretagne, a créé une pièce intitulée Hilde, jouée au Riverside Theatre à Londres en 1996 et à l’Odeon de Vienne en 1998. Ensuite, cette pièce Hilde à Vienne inspira grandement le Ballet Master de la Vienna State Opera Ballet, qui, à son tour, créa une pièce avec des personnes handicapées sur la scène de l’Opera House. Ces représentations furent un énorme succès.

Au cours des dernières semaines de sa vie, Holger continua à donner des cours de danse de son studio de Camden à Londres, où elle vécut pendant plus de cinquante ans. Parmi ses élèves figurent Liz Aggiss, Jane Asher, Primavera Boman, Carol Brown, Carl Campbell, Sophie Constanti, Jeff Henry, Ivan Illich, Luke Jennings, Thomas Kampe, Claudia Kappenberg, Cecilia Keen Abdeen, Lindsay Kemp[9],[10], Juliet Miangay-Cooper, Royston Maldoom OBE, Anna Niman, David Niman, Litz Pisk, Kristina Rihanoff, Kelvin Rotardier, Feroza Seervai, Rebecca Skelton, Marion Stein, Sheila Styles, Jacqueline Waltz et Vally Wieselthier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)http://www.hildeholger.com/ Hilde Holger
  2. (en)http://50yearsindance.com/category/hilde-holger/
  3. (en)http://jwa.org/encyclopedia/article/holger-hilde Les archives des Femmes Juives
  4. (en)http://www.guardian.co.uk/news/2000/mar/08/guardianobituaries2 The Guardian Nécrologie
  5. (en)http://sueyounghistories.com/archives/2008/12/22/ardeshir-kavasji-boman-behram-1909-2000/
  6. (en)Vernon-Warren, B. and Warren, C. (Eds) (1999) Gertrud Bodenwieser and Vienna's Contribution to Ausdruckstanz. Routledge. (ISBN 90-5755-035-0), pg. 22
  7. (zh)Lei, W. (28 October 1972) Man Against Flood. The New Evening Post.
  8. (en)http://www.guardian.co.uk/news/2001/sep/26/guardianobituaries1 The Guardian Nécrologie
  9. « Lindsay Kemp obituary », The Guardian, (consulté le 9 septembre 2018)
  10. « British choreographer and mime Lindsay Kemp dies », The Guardian, (consulté le 9 septembre 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]