Aller au contenu

Guy de Nevers

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Gui de Nevers
Titres de noblesse
Comte de Nevers
-
Prédécesseur
Successeur
Comte d'Auxerre
-
Prédécesseur
Successeur
Comte de Tonnerre
-
Prédécesseur
Successeur
Biographie
Naissance
Entre et Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Activité
Famille
Père
Mère
Ida de Carinthie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Enfants
Blason.

Gui ou Guy de Nevers, né v. 1149/1150 et mort le 18/, est comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre (1168-1175), appartenant à la maison de Nevers.

Gui[1],[2] ou Guy[3] de Nevers naît vers 1149[4]/1150[5]. Il est le deuxième enfant de Guillaume III, comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, et d'Ide de Sponheim ( )[6],[4]. Il fait partie de la Maison de Nevers[7],[6],[8].

Il a un frère aîné, Guillaume IV[9],[6].

Frère du comte et croisé

[modifier | modifier le code]

En 1161, son frère Guillaume est en conflit tant avec l'abbaye de Vézelay, qu'avec l'évêque d'Auxerre. Il est excommunié et blâmé par le roi[2].

Guy accompagne son frère Guillaume en Palestine, en 1168[5]. Leur père avait participé à la deuxième croisade[2]. En préparation pour ce voyage, Guillaume fait en 1164 une donation à Reigny[2], grevée d'une réserve qu'il destine au mariage de sa fille, à son voyage à Jérusalem ("pro via Hyerosolimitana"), ou s'il est mis à rançon[N 1]. Guy est témoin de la donation[2].

Son frère meurt à Acre en [5],[2]. Guy revient, probablement en 1170, et succède à son frère à la tête des comtés de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre[7],[5],[8],[2].

Il épouse, en 1170, Mathilde/Mahaut de Bourgogne, comtesse de Grignon et de Tonnerre, dame de Vitteaux, veuve d'Eudes III (†  ), seigneur d'Issoudun[10]. Elle est la fille de Raymond de Bourgogne, fils du duc Hugues II de Bourgogne[10].

Il reçoit, en 1170, à Auxerre, Louis VII le Jeune, qui a convoqué ses vassaux, afin d'attaquer Hervé III, baron de Donzy, accusé d'avoir livré ses forteresse au roi d'Angleterre, Henri II[5],[11]. La château est assiégé, pillé et rasé[10],[11].

Vers 1171, il fait des dons à l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre, en réparation d'exactions causées par ses gens à Escamps[10].

Il confirme, dans une acte de 1171, l'autonomie du prieuré de La Charité-sur-Loire[10], ou encore la donation du droit de sauvegarde de la terre de Diges[12], données par son frère.

Toutefois, il semble changer d'attitude vis-à-vis des coutumes de l'Auxerrois ou encore des privilèges obtenus par les églises[10]. Il cherche ainsi à imposer les nouveaux pressoirs ou encore établir une nouvelle taxe sur le vin[10]. Il s'oppose plusieurs fois à l'évêque d'Auxerre, Guillaume de Toucy, qui va jusqu'à l'excommunier à la suite de l'histoire de la dîme sur le vin[10]. Il échoue face à l'évêque lorsqu'il souhaite créer une commune d'Auxerre, l'affaire allant jusqu'au roi[10]. L'affaire se conclue en 1175 où le roi reconnaît que tout changement devrait recevoir l'aval de l'évêque[10].

Cherchant à se venger, Guy commet des exactions contre les biens du chapitre et les églises relevant d'Autun, d'Auxerre, de Nervers, ou encore de Vezelay, ce qui lui vaudra pour cette dernière une nouvelle excommunication[10].

Il tombe malade à Clamecy, dans le Nivernais[10],[13]. Il cherche à se faire pardonner et obtient le pardon[10].

En guerre contre son beau-père le duc de Bourgogne, Hugues III, car il refuse de lui rendre l'hommage, il est battu et fait prisonnier le [10],[14]. Il est emmené au château de Beaune[10],[14]. Libéré, il doit toutefois signe un traité « humiliant » par lequel il reconnaît les droits du duc sur son comté de Tonnerre, abandonnant plusieurs terres en Chalonnais et la destruction de ses châteaux d'Argenteuil-sur-Armançon, de Saint-Cyr-les-Colons, de Bar et du gué de Vézelay[10],[14].

Il fait plusieurs donation au cours de l'année 1175[15] Son dernier acte connu est une donation, au cours de l'année 1175, approuvée par sa mère Ida, sa femme Mathilde et son frère Renaud, à l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre[16]. Peu après, sa mère, Ida, fait une promesse de donation à l'Église d'Auxerre, voyant son fils mourir peu à peu (videns Guidonem comitem Nivernensem, filium meum, in extremis laborantem)[17].

Mort et succession

[modifier | modifier le code]

Guy meurt le 18[18],[15],[5], voire le [4]. Certains auteurs, comment Georges Richard de Soultrait (1879)[3], placent sa mort l'année suivante, en 1176. Ses enfants sont encore jeunes ; Agnès n'a que 6 ans.

Les enfants deviennent pupilles du roi[4],[N 2].

Son épouse, Mathilde/Mahaut de Bourgogne ( ), s'occupe de la régence au nom de son fils, Guillaume ( )[19],[8]. Elle est l'héritière des trois comtés qu'elle apportent à son quatrième mari, le comte Robert II de Dreux ( ), cependant le roi Philippe-auguste prend Auxerre et Nevers[10]. Mathilde ne conserve que Tonnerre et Mailly[10].

Guy de Nevers épouse, en 1170 Mathilde/Mahaut de Bourgogne ( )[10],[8],[20]. Ils ont pour enfants :

Armoiries et sceaux

[modifier | modifier le code]
Les armes de la maison de Nevers.

À la suite de son frère, premier à les porter les armes de la maison de Nevers, les de Guy se blasonnent D'azur, semé de billettes d'or, au lion de même, armée et lampassé de gueules, brochant sur le tout.[3]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Charte de 1164 (cartulaire de Saint-Étienne de Nevers, IX et XII, pp. 86 et 89) : donation par son frère Guillaume IV, comte de Nevers, de concessions à Saint-Étienne de Nevers, "avec l'assentiment de Wido frater eius" ("mon frère Guy"). Cité dans « Guillaume V de Nevers (-1168) » (Guillaume IV) et « Guy de Nevers (-1175) », p. sur MedLands.
  2. Pupilles du roi - Chronologia Roberti Altissiodorensis, RHGF, t. XVIII, p. 249 : "Guido comes" ("le comte Guy") laissa deux enfants par sa femme "Mathildis", notant qu'ils devinrent pupilles du roi après la mort de leur père. » Voir note 193 sur MedLands.

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Lebeuf 1743, vol. 2, p. 100.
  2. a b c d e f et g Louis Carolus-Barré, « Chartes de Guillaume IV, comte de Nevers (1161-1168), pour l'abbaye cistercienne de Reigny. Remarques sur « une charte en langue française de 1164 ? » », Bibliothèque de l'École des chartes, nos 131-2,‎ , p. 569-586 (lire en ligne).
  3. a b et c Georges Richard de Soultrait, Armorial historique et archéologique du Nivernais, Nevers, Michot Libraire, (lire en ligne).
  4. a b c d e et f (en) Charles Cawley, « Guy de Nevers », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025.
  5. a b c d e et f Dugenne 1997, p. 998.
  6. a b et c Dugenne 1997, p. 994, 998.
  7. a et b Fromageot 1973, p. 17, 20.
  8. a b c et d Dugenne 2000, p. 1780, Comtes de Tonnerre.
  9. Fromageot 1973, p. 47.
  10. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s Dugenne 1997, p. 999.
  11. a et b « Etape n°8 », L’Escapade : parcours écotouristique, sur Mairie de Donzy (consulté en ).
  12. (la) Institut de Recherche et d'Histoire des Textes (Telma), « Acte n°130129 », Chartae Galliae,‎ (lire en ligne)
  13. René de Lespinasse, Le Nivernais et les contes de Nevers : tome 1 (1909) : le Nivernais gaulois, romain, barbare, rois, comtes régionaux, maison de Nevers, fin du XIIe siècle, Paris, Librairie ancienne, H. Champion, éditeur, (lire en ligne), p. 377-379.
  14. a b et c René de Lespinasse, Le Nivernais et les contes de Nevers : tome 1 (1909) : le Nivernais gaulois, romain, barbare, rois, comtes régionaux, maison de Nevers, fin du XIIe siècle, Paris, Librairie ancienne, H. Champion, éditeur, (lire en ligne), p. 379-381.
  15. a et b René de Lespinasse, Le Nivernais et les contes de Nevers : tome 1 (1909) : le Nivernais gaulois, romain, barbare, rois, comtes régionaux, maison de Nevers, fin du XIIe siècle, Paris, Librairie ancienne, H. Champion, éditeur, (lire en ligne), p. 384-387.
  16. (la) Institut de Recherche et d'Histoire des Textes (Telma), « Acte n°130129 », Chartae Galliae,‎ (lire en ligne)
  17. (la) Institut de Recherche et d'Histoire des Textes (Telma), « Acte n°130127 », Chartae Galliae,‎ (lire en ligne)
  18. Lebeuf 1743, vol. 2, p. 88.
  19. Fromageot 1973, p. 47, 56-57.
  20. (en) Charles Cawley, « Mathilde de Bourgogne », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025.
  21. (en) Charles Cawley, « Agnes de Nevers », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025.
  22. (en) Charles Cawley, « Guillaume [VI] de Nevers », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne. t. III. L.-N., Société généalogique de l'Yonne, , p. 994-999, Nevers (Auxerre, Tonnerre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne. t. V. S.-U., Société généalogique de l'Yonne, , p. 1779-1781, Comtes de Tonnerre. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Jean Fromageot, Tonnerre et son comté des origines à la Révolution de 1789, Le Livre d'histoire, coll. « Monographies des villes et villages de France », (réimpr. 2000), 540 p. (ISBN 2-84435-156-5).
  • Abbé Jean Lebeuf, Mémoires concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre..., vol. 2, Auxerre, Perriquet, , 923 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]