Gros souper

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Gros souper
Image illustrative de l'article Gros souper
Table du gros souper

Lieu d’origine Provence

Le gros souper (lou gros soupa, en provençal) était le repas maigre traditionnellement pris en famille le 24 décembre, avant la messe de minuit.

Le cacho fio[modifier | modifier le code]

Cérémonie du cacho fio reproduite au Musée Arlaten à Arles

Le réveillon de Noël commence par l'ancienne coutume païenne du cacho fio[1],[2]. Il s'agit d'une cérémonie durant laquelle l'on met une grosse bûche d'arbre fruitier au feu. Selon Frédéric Mistral l'expression cacho fio vient de « mettre au feu ». Cette cérémonie s'accompagne d'une bénédiction, durant le transport de la bûche vers le foyer.

Une triple libation sur la bûche est ensuite pratiquée par le plus jeune de l'assemblée, avec du vin, en prononçant les paroles suivantes :

En provençal En français

Alegre, Diou nous alegre,
Cachofue ven, tout ben ven,
Diou nous fague la graci di veïre l'an que ven
Se sian pas mai que siguen pas men.

Soyons joyeux, Dieu nous garde joyeux,
Cacho feu vient, tout bien vient,
Dieu nous fasse la grâce de voir l'an qui vient,
Si nous sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins.

À la suite d'une procession de la bûche à travers la pièce, elle est mise au feu. La bûche devait durer jusqu'au jour des Rois. Elle était réputée miraculeuse : ses cendres, déposées sur la nappe de Noël, ne la brûlaient pas.

Cette pratique a d'abord disparu dans les villes, puis progressivement en campagne.

Table[modifier | modifier le code]

Table du gros souper de Noël avec ses trois nappes
Blés et lentilles de la Sainte Barbe

La table dressée comportait trois nappes de taille décroissante : une pour le « gros souper », une pour le repas du jour de Noël, le lendemain midi — repas composé de viandes —, et enfin la dernière pour le soir du 25 où les restes trônent sur la table. Sur ces nappes, on dépose les lentilles ou les blés de la Sainte-Barbe (plantés dans une assiette pour les faire germer le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe), une branche de houx pour apporter le bonheur ainsi que trois bougies. Le pain, posé à l’endroit, est coupé en trois : la « part du pauvre », la « part des convives » et la « part fétiche » qu’on conserve dans une armoire. Il ne faut pas oublier de mettre un couvert de plus : le couvert du pauvre. « Pauvre » désigne celui qui est décédé mais ce peut être aussi un mendiant qui passe et demande l’aumône. La part du pauvre est une survivance de la manne que les Romains offraient à leurs ancêtres.

Repas[modifier | modifier le code]

Le repas maigre n'en était pas moins fastueux. Il commençait par l'aigo boulido, se continuait par des plats de poissons dont l'alose à l'étouffée, la morue à la raïto, et de légumes, dont les épinards aux escargots. Après avoir dégusté les sept plats maigres de poissons et de légumes, on pose sur la table les treize desserts que l’on mangeait au retour de la messe de minuit avec le vin cuit et, pour les affamés, on servait la petite oie, dont on apprêtait le cou, les bouts d'ailes, les pieds, le gésier et autres issues, et qui a été remplacée par la dinde de Noël[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Gros Souper, Anita Bouverot-Rothacker, éd. Jeanne Laffitte, p. 16
  2. cacho fio sur Notre Provence.fr
  3. Dictionnaire de la Provence op. cit., p. 374.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benoit, F., La Provence et le Comtat Venaissin, Aubanel, Avignon, 1996 (ISBN 2700600614).
  • Bouverot-Rothacker, A. Le Gros Souper, éditions Jeanne Laffitte (ISBN 9782862760575).
  • Marseille, J. (sous la direction de), Dictionnaire de la Provence et de la Côte d'Azur, Éd. Larousse, Paris, 2002. (ISBN 2035751055)
  • Reboul, J.-B., La Cuisinière provençale, P. Tacussel, première édition 1897, réed. 2000.
  • Royer, J.-Y., Le gros souper, Cave de Cairanne, 1995.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles et catégorie connexes[modifier | modifier le code]


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