Grommelot

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Le grommelot (ou gromelot[1]) est un style de langage utilisé dans le théâtre satirique, un charabia composé de langage macaronique et d'éléments onomatopéiques, utilisé en lien avec le mime et l'imitation. L'usage satirique d'un tel style semble dater de la commedia dell'arte du XVIe siècle ; le groupe de termes apparentés semble quant à lui appartenir au XXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans un article intitulé « L'Art du grommelot » (Le Figaro du 20 avril 2006[2]), l'universitaire français Claude Duneton suggère que le mot, et non la technique - dans sa forme française « grommelot » -, trouve ses origines dans le théâtre français dérivé de la commedia dell'arte dans la première moitié du XXe siècle. Duneton travailla brièvement avec Léon Chancerel (1886-1965), qui fut une figure majeure de ce genre de théâtre. Chancerel utilise le mot dans son livre Le Théâtre et la jeunesse (Paris, Bourrellier, 1946-47). D'autres, tels que le spécialiste du théâtre John Rudlin, dans Commedia dell'arte : An Actor's Handbook (Londres, Routledge), suggère lui aussi cette origine.

Alors que son origine historique est incertaine, le terme a notamment été popularisé par le dramaturge italien Dario Fo, lauréat du Prix Nobel. Son spectacle de 1969, Mistero Buffo, était une représentation satirique itinérante incluant des sketches fondés sur des sources médiévales, racontés dans les propres grommelots de Dario Fo construits à partir de dialectes archaïques de la vallée du Pô et de phonèmes de langages modernes (il a inventé des grommelots italiens, français et américains). Dans son discours de réception du prix Nobel, Dario Fo fait référence à l'invention, par le dramaturge italien du XVIe siècle Ruzzante, d'un langage similaire fondé sur des dialectes italiens, le latin, l'espagnol, l'allemand, et des sons onomatopéiques[3].

L'acteur et écrivain italien Gianni Ferrario (né à Milan) est un autre représentant contemporain important du grommelot[4]. Des comiques traditionnels ont également utilisé un langage ressemblant au grommelot, comme Stanley Unwin. Le Cirque du Soleil utilise dans ses numéros des formes similaires de ce langage, que les journalistes qualifient souvent de « cirquish[5] », tandis que l'équipe de la compagnie canadienne utilise le mot « grommelot »[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]