Ghetto de Shanghai

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Le ghetto de Shanghai en 1943.

Le ghetto de Shanghai est une zone d'environ 1,5 km2 dans le district de Hongkou à Shanghai et où environ 20 000 réfugiés juifs[1] vécurent durant la Seconde Guerre mondiale, ayant fui l'Allemagne nazie, l'Autriche après l'Anschluss, la Pologne et la Lituanie. Environ 17000 réfugiés avaient rejoint la Chine à la suite des persécutions en Allemagne et en Autriche entre 1935 et 1937. Les autres rejoignirent le ghetto en 1941, après avoir fui la Lituanie.

Les réfugiés étaient installés dans la zone la plus pauvre et la plus peuplée de la ville. Des familles juives locales et des associations caritatives juives américaines leur fournirent des abris, des vêtements et de la nourriture[1]. Pendant l'occupation japonaise, l'armée impériale japonaise durcit considérablement les restrictions mais le ghetto ne fut jamais clôturé et la population locale chinoise, vivant dans des conditions souvent aussi mauvaises, ne quitta pas la zone[2],[3]. Le ghetto était dirigé par l'officier de marine Tsutomu Kobota, secondé par les officiers Ghoya et Okura. Si l'officier ne rencontrait jamais en personne les réfugiés, Ghoya, notamment, était réputé pour son sadisme et son instabilité mentale[4].

Après la guerre, la plupart des réfugiés juifs du ghetto de Shanghai partirent pour la Palestine et pour les États-Unis d'Amérique. Parmi eux se trouvaient les survivants de la yechiva de Mir, dont beaucoup rejoignirent la yechiva à Jérusalem.

Liste partielle des survivants connus du ghetto[modifier | modifier le code]

  • Morris Cohen, connu sous son surnom Two-Gun Cohen, il servit comme garde du corps et aide de camp de Sun Yat-sen, peut-être devenu général chinois.
  • Dr. Jakob Rosenfeld, qui passa 9 ans à superviser les soins médicaux de l'armée communiste.
  • Michael Medavoy, un dirigeant hollywoodien de Columbia, Orion et TriStar Pictures.
  • Peter Max, artiste pop américain.
  • W. Michael Blumenthal, secrétaire américain du Trésor.
  • Eric Halpern, cofondateur de la Far Eastern Economic Review.
  • Shaul Eisenberg, qui créa et dirigea le groupe des compagnies Eisenberg en Israël.
  • Karl Kasiel Blitz, ingénieur chimiste et sémioticien autrichien-australien.

Galerie[modifier | modifier le code]


Histoire[modifier | modifier le code]

Une petite fille juive et ses amies chinoises, ghetto de Shanghai.

Films[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Sigmund Tobias, Strange Haven : A Jewish Childhood in Wartime Shanghai, University of Illinois Press, 1999. (ISBN 0-252-02453-2)
  • (en) Vivian Jeanette Kaplan, Ten Green Bottles : The True Story of One Family's Journey from War-torn Austria to the Ghettos of Shanghai, St. Martin's Press, 2004. (ISBN 0-312-33054-5)
  • (en) Samuel Iwry, Leslie J.H. Kelley (Éditeur), To Wear the Dust of War : From Bialystok to Shanghai to the Promised Land, an Oral History, Palgrave Studies in Oral History, Palgrave Macmillan, 2004. (ISBN 1-4039-6576-5)
  • (en) Rabbi Marvin Tokayer, The Fugu Plan, New York, Weatherhill, Inc., 1979.
  • Naoki Maruyama, La guerre du Pacifique et les réfugiés juifs de Shanghai [en japonais], Tokyo, Hosei Univ. Press., 2005
  • (en) Berl Falbaum (textes rassemblés et édités par), Shanghai Remembered... Stories of Jews Who Escaped to Shanghai from Nazi Europe, Momentum Books, 2005. (ISBN 1-879094-73-8), (ISBN 978-1-879094-73-4)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Shanghai Jewish History (Shanghai Jewish Center)
  2. (en) Shanghai Ghetto Shows a Hidden Piece of WWII History By Kimberly Chun (AsianWeek)
  3. (en) The Jews of Shanghai. The War Years by Murray Frost
  4. Nadine Perront, Etre juif en Chine, Albin Michel, , 224 p. (ISBN 978-2-226-20104-1, lire en ligne), p. 187

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]