Gérard Ier de Lorraine

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Gérard de Lorraine
Portrait de Gérard d'Alsace, duc de Lorraine.jpg
Titre de noblesse
Duc de Lorraine
-
Prédécesseur
Successeur
Biographie
Naissance
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Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Sépulture
Activité
Famille
Père
Fratrie
Conjoint
Hadwide de Namur (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Thierry II de Lorraine
Béatrice de Lorraine (d)
Gérard Ier de Vaudémont
Gisèle de Lorraine (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Gérard de Lorraine[1], né vers 1030, mort le à Remiremont, fut seigneur de Châtenois, puis duc de Lorraine de 1048 à 1070. Les textes de l'époque le désignent sous les noms de Gérard d'Alsace, Gérard de Chatenoy du nom d'un château qu'il possédait à Châtenois (Vosges) près de Neufchâteau ou Gérard de Flandre (car son épouse, Hedwige de Namur, est aussi nommée Hedwige de Flandre).

Son père est Gérard de Bouzonville († 1045), comte de Metz, et selon une charte de 1038 de l'abbaye de Remiremont comte d'Alsace[2]. Sa mère est Gisèle de Franconie, qui est probablement la fille de Conrad le Vieux, duc de Franconie et margrave de Vérone, et de Mathilde de Souabe[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Adalbert d'Alsace, son frère, fut investi du duché de Haute-Lotharingie au début de 1047 par l'empereur Henri III, qui venait de le confisquer à Godefroy II. Celui-ci ne s'avoua pas vaincu et tua Adalbert dans une bataille près de Thuin, le . Henri III donna alors le duché à son frère, Gérard d'Alsace.

Godefroy continua la lutte, aidé par des seigneurs lorrains qui s'inquiétaient de la puissance territoriale du nouveau duc, et fit rapidement prisonnier Gérard. Mais Gérard était soutenu par Bruno (un ancien évêque de Toul élu pape sous le nom de Léon IX), qui, en voyage en Lorraine, obtint la libération de Gérard en 1049. De plus l'empereur le soutint et lui fournit des troupes qui lui permirent de vaincre ses adversaires. Toutefois la noblesse lorraine continua à plusieurs reprises à créer des troubles contre le duc, soutenue par le clergé.

Tout son règne fut marqué par la fidélité aux empereurs Henri III, puis Henri IV, et par une collaboration régulière avec l'Église. Il fut avoué des abbayes de Moyenmoutier, de Saint-Mihiel et de Remiremont

Il fit construire le château de Prény, ainsi qu'une petite cité en position centrale du duché sur un lieu nommé Nancy. Cette cité se développera et deviendra la capitale du duché.

Il résidait habituellement au château fortifié de Châtenois, château dont les fortifications seront détruites par Condé en 1634[4]. Parmi ses biens, certains font partie du patrimoine foncier de l'abbaye de Saint-Denis, notamment au Stoufin, futur Haut-Koenigsbourg[5].

Gérard de Lorraine mourut à Remiremont alors qu'il s'apprêtait à mater une révolte des nobles lorrains, et un empoisonnement n'est pas à exclure[6]. Il fut enterré dans l'abbaye de Remiremont. Des fouilles eurent lieu au XIXe siècle dans la crypte pour retrouver son tombeau mais, les sépultures trouvées étant anépigraphes, elles restèrent vaines.

Descendance[modifier | modifier le code]

Il avait épousé Hadwide de Namur[7], fille d'Albert Ier, comte de Namur, et d'Ermengarde de Basse-Lotharingie. Ce mariage le rapprocha de la noblesse Lorraine (voir l'ascendance de son fils). Ils eurent pour enfants :

Gérard de Lorraine et son épouse Hadwide de Namur

Représentations[modifier | modifier le code]

Glorification de la Maison de Lorraine, Ecole française (XVIIIe siècle)

Il n'existe à l'heure actuelle aucune représentations contemporaines du duc Gérard Ier de Lorraine. Son sceau n'est pas connu et les monnaies qu'il a frappé ne portent pas son effigie. Aussi, lorsqu'au XVIIIe siècle, Ferdinand de Saint-Urbain réalisa la médaille qui se rapporte à lui pour son Médaillier de Lorraine, il s'inspira des traits de caractères mentionnés par le chroniqueur Jean de Bayon[8]. En raison de son statut de fondateur de la Maison de Lorraine, le duc fut coiffé d'une couronne de laurier. Cette création de Ferdinand de Saint-Urbain constitua dès lors le portrait canonique de Gérard de Lorraine. Il fut repris par le graveur Carlo Faucci, par le peintre de la Glorification de la Maison de Lorraine ou par les restaurateurs de la Chapelle Ronde de Nancy.

En 1926, le prince d'Hénin-Liétard offrit au prieuré de Châtenois un vitrail commémorant sa fondation par les premiers ducs de Lorraine. Le peintre Pierre-Dié Mallet y représenta Gérard de Lorraine, ainsi que son épouse et son fils, agenouillés devant Saint Pierre, patron du lieu. S'éloignant du portrait romanisant de Ferdinand de Saint-Urbain, ce vitrail montre le duc vêtu du riche manteau ducal tandis que que sa couronne repose sur un coussin.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Gérard sur le site Medieval Lands
  2. Gérard de Bouzonville sur la FMG.
  3. Gisèle de Franconie est parfois donnée comme fille du duc Thierry Ier de Lorraine, mais rien ne permet de l'affirmer.
  4. Jacqueline Carolus-Curien, Pauvres duchesses, l'envers du décor à la cour de Lorraine. Éditions Serpenoise, Metz, 2007. (ISBN 978-2-87692-715-5). p. 9.
  5. Georges Poull, La Maison ducale de Lorraine, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, , 575 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-86480-517-0), p. 21.
  6. Il est peut-être mort le 14 avril 1070 (nécrologie de Châtenois) empoisonné, selon la chronique de Jean de Bayon, édition Belhomme dans Historia Mediani in monte Vosago monasterii, Strasbourg. 1724. Pages 255 et 256 : « Dux Lothariensis ambiguis venani signis moritur... ». G. Poull, op. cit. page 22
  7. Généalogie d'Hedwige sur le site Medieval Lands
  8. Dom Augustin Calmet, Dissertation historique et chronologique sur la suite des médailles des ducs et duchesses de la Maison royale de Lorraine, Nancy, , p. 25

Liens externes[modifier | modifier le code]