Franz Reichelt

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François Reichelt
Description de cette image, également commentée ci-après
Franz Reichelt portant la voilure de son invention.
Nom de naissance Heinrich Franz Reichelt
Naissance
Wegstädtl, Royaume de Bohême, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Décès (à 33 ans)
Paris 7e, Drapeau de la France France
Profession
Autres activités
inventeur
Film du saut du 4 février 1912.

Henry François Reichelt, né Heinrich Franz Reichelt le à Wegstädtl (aujourd'hui Štětí), en Bohême autrichienne (aujourd'hui en République tchèque), est un tailleur autrichien devenu français, connu pour s'être tué à l'âge de 33 ans le [1], en sautant du premier étage de la tour Eiffel pour tester un costume-parachute de sa fabrication.

Biographie[modifier | modifier le code]

Franz Reichelt s'installe à Paris en 1900, obtient la nationalité française en 1911 et fait franciser ses 2 prénoms. Il est tailleur pour dames dans le quartier de l'Opéra. L'époque est aux débuts de l'aviation et les premiers accidents ont lancé différentes études sur la mise au point du parachute. Dès 1910, il travaille sur la mise au point d'un costume-parachute en toile caoutchoutée, inspiré de la physionomie des chauves-souris. Reichelt procède à des essais avec des mannequins depuis la cour de son immeuble, au 8 rue Gaillon à Paris, puis se lance lui-même depuis une hauteur d'une dizaine de mètres à Joinville. La tentative est un échec mais sa chute est amortie par de la paille au sol[La 1]. Le Petit Journal rapporte qu'il a aussi réalisé un essai avec un mannequin depuis le premier étage de la tour Eiffel mais apparemment peu concluant[2].

Saut depuis la tour Eiffel[modifier | modifier le code]

Photomontage du Petit Parisien (5 février 1912).

Au début du mois de février 1912, Reichelt annonce à la presse qu'il va réaliser lui-même un saut depuis la tour Eiffel pour prouver l'efficacité de son invention. Ainsi, le dimanche 4 février, alors qu'il a rédigé son testament[3] la veille, il arrive à h au pied de la tour. Il fait froid, autour de 0 °C. La préfecture de police de Paris a donné son accord à la condition que l'inventeur utilise un mannequin. Quelques policiers sont présents pour assurer le service d'ordre, cependant, aucun n'intervient pour empêcher François Reichelt, venu sans mannequin, de se jeter lui-même de la première plate-forme du 1er étage de la tour Eiffel.

À h 22, devant une trentaine de journalistes et de badauds, et après une quarantaine de secondes d'hésitation, Reichelt saute du premier étage, haut de 57 mètres. Malheureusement, son appareillage, qui ne semble qu'à demi-ouvert, se replie sous lui et il tombe alors en chute libre durant quelques secondes avant de s'écraser sur le sol gelé (aucun dispositif amortisseur n'a été installé).

Aucune autopsie n'a été réalisée à l'époque. Un médecin de l'hôpital Laennec a simplement constaté la mort de François Reichelt. Rien ne permet donc d'affirmer que le parachutiste est mort d'une crise cardiaque avant de toucher le sol. Les quotidiens du lendemain en font leur une, avec photographies de la chute de la « tragique expérience ».

La tentative de François Reichelt a été filmée, ce qui a contribué à sa notoriété posthume. On le voit ainsi hésiter durant quarante secondes avant de se laisser tomber dans le vide. La fin du film montre un témoin mesurant la profondeur du trou formé par l'impact du malheureux au sol. Celle-ci semble être de 15 à 20 cm.

Aucun policier ne sera poursuivi pour non-assistance à personne en danger. Le service d'ordre avait pourtant l'ordre de s'assurer qu'un mannequin allait être utilisé, et surveiller les actes de l'inventeur. Le préfet de Paris parlera à ce propos d'« attitude irresponsable », et une note précise que l'expérience de Reichelt devait être considérée comme un suicide[4].

Testament[modifier | modifier le code]

Le testament, rédigé par François Reichelt la veille de son saut, a été retrouvé chez un notaire parisien[3]. Le testament est ainsi rédigé :

« Fait a Paris le 3 février 1912
Je soussigne fait don de tout ce que je possède à Madame Louise Schillmann employée depuis de longues années pour le dévouement et les services qu'elle me rendit. Et je l’autorise de toucher toutes le factures restées non payées et garder le montant en plus, je voudrais que dans le cas mon invention porterai le fruit que l'on verse à cette personne une rente anuelle de quinze cent-francs dans le cas mon invention rapporterait moisn de trois mille franc, Madame Louise Schillmann ne doit partager qu'avec mes parents en 2 partis égales. mais je vous prie de faire savoir à mes parents que je ne voudrais jamais que ma seur Katarina ne touche quelque chose.
je vous prie donc Madame Schillmann de bien exécuter ma derniere volonté et excusez-moi de la douleur que je pourrais vous causer.
envoyez mes vêtements à mon père ainsi que mes bijou
ma bague et montres.
en vous embrassant bien sincèrement,
Reichelt
8 rue Gaillon »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. État-civil du 7e arrondissement de Paris : acte de décès n°231, enregistré le 5 février 1912
  2. « L'inventeur Reichelt s'est tué hier », Le Petit Journal,‎ , p. 1, lire en ligne sur Gallica
  3. a et b David Darriulat, Un tailleur pour dames au temps des aéroplanes, Edilivre,
  4. lire en ligne sur Gallica
  1. Paragraphe "Tailleur pour dames"

Liens externes[modifier | modifier le code]

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