Examen de conscience

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L'examen de conscience est un exercice spirituel, religieux ou pas, par lequel une personne examine, en conscience, dans quelle mesure elle a fait ou promu le Bien et résisté - ou succombé - au Mal dans les démarches, attitudes et pensées de sa vie quotidienne. Ceci en vue d’améliorer la qualité morale ou religieuse de sa vie.

Cette pratique a des précurseurs dans les traditions pythagoricienne et stoïque de la Grèce antique. Elle est reprise dans la tradition chrétienne depuis les temps les plus anciens. Cependant, si l’examen de conscience est fait dans une perspective religieuse, particulièrement dans le christianisme, succomber au mal est considéré comme une offense à l’amour de Dieu et est donc un ‘péché’ qui demande que l’on sollicite Son pardon. Le pardon divin peut être obtenu par le sacrement de réconciliation.

Pratique chrétienne de l’examen[modifier | modifier le code]

L’examen de conscience fut fortement encouragé dans la tradition spirituelle catholique. Des questionnaires détaillés furent préparés et circulaient, permettant aux fidèles d’examiner leur conscience avec ordre et méthode, de distinguer les ‘péchés’ des imperfections’, les ‘péchés veniels’ des ‘péchés mortels’, les péchés ‘par commission’ des péchés ‘par omission’, etc.

L’examen de conscience n’est pas par lui-même lié au sacrement de pénitence, mais il est nécessaire de le pratiquer si l'on se prépare à recevoir ce sacrement car celui-ci comporte nécessairement un aveu des péchés commis. L'examen de conscience est mentionné dans le catéchisme de l'Église catholique comme faisant partie d'une démarche de conversion, en prélude à l'exercice du sacrement de pénitence et de réconciliation[1].

Les maîtres spirituels chrétiens insistent sur l’importance de la foi en un Dieu, Père miséricordieux, comme élément essentiel de la pratique de l’examen de conscience. Hors de cette perspective il y a danger que l’examen tourne en une introspection morbide qui peut conduire à une scrupulosité maladive et psychologiquement débilitante qui n’a rien d’une attitude spirituelle.

Ordre et méthode[modifier | modifier le code]

Dans une perspective chrétienne l'exploration ne doit pas nécessairement étre exhaustive. Mais elle doit conduire à une attitute intérieure d'humilité, de repentir et de dépendance de Dieu. Il est inutile de chercher à se justifier devant Dieu.

Un ordre d'examen possible, et parfois adopté, est le suivant[2] :

  1. Les fautes commises contre les commandements de Dieu (le Décalogue)
  2. Celles commises contre les Commandements de l’Église
  3. Les 'Péchés capitaux'. Une importance particulière est accordée à l'orgueil, opposé à la vertu d'humilité recherchée par le christianisme. Aussi examine-t-on cinq de ses formes : La vaine gloire (vantardise, dissimulation/duplicité) ; l'ambition ; le mépris d'autrui ; les formes de vengeance ; l'entêtement et l'obstination)
  4. Les fautes commises contre le Devoir d'état, eux-mêmes répartis en 5 classes :
    1. en ce qui concerne soi-même
    2. envers le prochain
    3. envers sa famille
    4. dans le domaine professionnel
    5. comme citoyen responsable (les devoirs civiques)

Régularité[modifier | modifier le code]

S’il est fait en présence de Dieu et dans l’ouverture à l’Esprit-Saint, l’examen de conscience est un exercice spirituel qui est ‘prière’ et, comme d’autres prières, peut se pratiquer en toutes circonstances et n’importe où, bien que beaucoup préféreront l’atmosphère d’un lieu sacré tel un oratoire ou une église.

Un maître du progrès méthodique dans la vie spirituelle tel qu’Ignace de Loyola recommande l’examen de conscience ‘particulier’ deux fois par jour (Ex.Spir. N°25-26). Celui-ci a pour but la correction systématique d’un péché ou d’un penchant mauvais. Tandis que l’examen de conscience ‘général’ (Ex.Spir.N°32-44) – plusieurs fois par an – a pour but la purification intérieure et la préparation au sacrement de pénitence. Comme toujours, Ignace insiste sur la nécessité d’adapter cette pratique spirituelle à la situation particulière et à la psychologie d’un chacun.

Une 'confession des péchés' (dans le cadre du sacrement de pénitence) étant requise au minimum une fois l'an, en vertu du deuxième commandement de l'Église[3], c'est le nombre minimal de fois où un chrétien sera censé effectuer son examen de conscience ‘général’, et établir en collaboration avec le prêtre un plan pour remédier à ses défaillances répétées. L'exercice est naturellement considéré comme plus utile et plus formateur s'il a lieu plus fréquemment, pour autant que le danger de verser dans les scrupules soit clairement prévenu.

Dangers concernant l'examen de conscience[modifier | modifier le code]

In medio stat virtus, rappelaient les Anciens. De la même façon, un examen de conscience est censé se tenir à égale distance de deux extrêmes :

Le quiétisme[modifier | modifier le code]

Les quiétistes estiment l’examen de conscience inutile, notre propre cœur étant inscrutable par tout autre que Dieu, et ne pouvant que très superficiellement nous être connu[4].

Une opinion exprimée dans les rangs du quiétisme était même : « toute réflexion sur nous-mêmes est nuisible, même l’examen de nos fautes ». Rome a condamné cette dernière attitude.

Le scrupule[modifier | modifier le code]

On nomme ainsi la recherche trop pointilleuse des moindres fautes, ce qui peut conduire dans la complexité qui résulte... à l’oubli des choses vraiment importantes[4] ! Il est admis que l'important est pour le croyant de distinguer des grandes tendances et lignes de clivage, afin de pouvoir (comme il le demande en confession lorsqu'il récite son acte de contrition) agir sur lui-même pour s'améliorer.

Références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]