Erol Gelenbe

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Erol Gelenbe
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Erol Gelenbe en 2010
Naissance
Istanbul[1],[2] (Turquie)
Nationalité Drapeau de la France France
Drapeau de la Turquie Turquie
Diplôme Ph.D., Doctorat d'État
Directeur de thèse Jacques-Louis Lions
Étudiants en thèse 81[3]
Renommé pour Analyse mathématique des performances
Distinctions Fellow IEEE (1986), Fellow ACM (2000)
Grand prix France Télécom (1996)
Prix de l'ACM SIGMETRICS (2008)
Médaille Oliver Lodge (2010) [4]
Prix Dennis Gabor (2013)
Chevalier de la Légion d'honneur (2014)
[5] Officier de l'Ordre national du Mérite (France, 2002)
Grand Officier de l'Ordre de l'Étoile d'Italie (2007)
Commandeur de l'Ordre du Mérite d'Italie (2005)
Prix Mustafa 2017 [6]

Sami Erol Gelenbe (né en 1945 à Istanbul) est un ingénieur, mathématicien et informaticien franco-turc. Sa carrière internationale le conduit depuis la Turquie vers les États-Unis, la France, la Belgique et le Royaume-Uni, et dans chaque pays il est professeur d'université et chef d'équipes parfois importantes. Il est connu pour ses travaux concernant l'évaluation des performances de systèmes et réseaux informatiques. Il a inventé le concept mathématique du réseau aléatoire. Il a aussi inventé des modèles mathématiques tels que les "G-networks", en calculant une solution mathématique explicite de grands réseaux avec éléments de contrôle tels que le re-routage pour des raisons de re-équilibrage de charge, ou l'élimination d'excés de trafic. Il a aussi inventé le "réseau neuronal aléatoire" et son algorithme d'apprentissage de complexité O(n^3) pour un réseau avec n neurones. Ses travaux lui valent le Grand Prix France-Télécom de l'Académie des sciences de France (1996), le ACM SIGMETRICS AWARD (2008), la Médaille Oliver Lodge décernée par l'Institution of Engineering and Technology (2010) de Grande Bretagne, le Prix Dennis Gabor de l'Académie des sciences de Hongrie (2013), le Prix Mustafa décerné par la Fondation Pardis de l'Iran. Il est élu membre de l'Académie des Technologies (France), de l'Académie Royale des Sciences, Arts et Lettres de Belgique (2015), des Académies des Sciences de Hongrie (2010), de Pologne (2013) et de Turquie (2011). Son article "G-networks with signals and batch removal" est parmi les 10 articles les plus cités de la revue éditée par Sheldon M. Ross "Probability in the Engineering and Informational Sciences" (Volume  7 / Issue 03  / July 1993, pp 335 – 342) depuis sa création en 1987, tandis que l'article "A survey of autonomic Communications" (2004) est selon l'ACM, l'article le plus cité de la revue "ACM Transactions on Adaptive and Autonomous Systems". En 1982 il s'intéresse au chômage des jeunes en France et propose le programme des Volontaires pour la Formation à l'Informatique des Jeunes Chômeurs, qu'il met en place au plan national avec le soutien de la Présidence de la République, et qu'il suit pendant plusieurs années dans les banlieues des villes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Erol Gelenbe, né en 1945, descend du mathématicien turc Gelenbevi Ismail Efendi qui travailla avec le Baron de Tott pour créer la première école d'ingénieurs de l'Empire Ottoman à la fin du XVIIIe siècle. Diplômé en 1962 du Ankara Koleji, Erol Gelenbe obtient un diplôme d'ingénieur de la Middle East Technical University (Ankara, Turquie) qui lui accorde un prix pour sa recherche sur les systèmes de mémoire magnétique[7]. Il obtient une bourse Fulbright pour poursuivre ses études à l'Université polytechnique de New York où il obtient le diplôme de Master puis son Ph.D. sur les automates stochastiques avec restrictions structurelles, sous la supervision de Edward J. Smith (1970)[8].

Il rejoint alors l'Université du Michigan en qualité de Assistant professor. En 1971, il est élu à la 2e chaire d'informatique de l'Université de Liège, auprès du professeur Danny Ribbens, mais à la suite de difficultés administratives il n'obtient pas le poste immédiatement. Il passe alors une année à l'INRIA, à Rocquencourt, de 1972 à 1973, où il crée une équipe de modélisation de systèmes qui donne lieu au logiciel industriel QNAP. En 1973, il présente une thèse de doctorat d'État ès Sciences sous la direction de Jacques-Louis Lions qui était également son patron au LABORIA[9].

En 1973, la Belgique valide enfin son élection à la chaire de l'Institut Montefiore de l'Université de Liège, et il s'y rend tout en continuant à diriger son équipe de Rocquencourt à temps partiel. Il reste un grand ami du professeur Ribbens, mais quitte Liège en 1979 avant d'avoir pu obtenir une autorisation régulière de séjour, pour devenir professeur à l'Université de Paris XI (Paris-Sud, Orsay) où il crée un laboratoire d'informatique ainsi qu'une école doctorale et développe une longue collaboration avec France-Télécom. En 1983 il propose avec Pierre Laffitte et Jean-Jacques Servan-Schreiber le programme des Volontaires pour la Formation à l'Informatique des Jeunes Chomeurs qu'il met en place en France entre les années 1982-1986. De 1984 1986 il est Conseiller technique auprès du Ministère de l'enseignement supérieur à Paris, ou il s'occupe notamment de la réforme des écoles normales supérieures, de la réforme doctorale, de l'attribution du doctorat par les grandes écoles, et du programme de formation de << l'nformatique pour Tous >> dans les universités et les grandes écoles.

En tant que chercheur et universitaire, à Paris il forme de nombreux élèves jusqu'au Doctorat d'État, dont plusieurs étudiants de renom: Jacques Lenfant, ancien Président de l'Université de Rennes et membre fondateur de l'Académie des Technologies, Jacques Labetoulle, Centralien, ancien responsable au Centre national de recherches des télécommunications (CNET) et professeur à Eurécom, Philippe Nain de l'INRIA, Catherine Rosenberg qui est élue membre de l'Académie nationale du Canada, Geneviève Jomier, créatrice du logiciel de bases de données PEPIN et professeure a l'Université Paris-Dauphine, Catherine Rosenberg, professeure a l'université de Waterloo au Canada, Guy Pujolle, professeur à l'Institut Universitaire de France, Francois Baccelli, membre de l'Académie des Sciences, et Brigitte Plateau, présidente de Grenoble INP, et ensuite Directrice générale de l'Enseignement supérieur et de la recherche. Il collabore aussi sur le plan scientifique avec la Belgique, ls Turquie, l'Egypte, la Hongrie, l'Italie, la Pologne, Israel, les Etats-Unis et la Russie et travaille avec son ami Isi Mitrani en Grande Bretagne. Il est parmi les fondateurs de l'Académie des sciences et des technologies d'Algérie.

Ses anciens docteurs de renom étrangers qu'il forme aux États-Unis, en France ou Londres, sont Andréas Stafylopatis qui a dirigé pendant plusieurs années le département de génie électrique et d'informatique de la prestigieuse Ecole Polytechnique d'Athènes, Zhen Liu qui fonde et dirige pendant un certain temps le Laboratoire Nokia de Pékin, Yutao Feng qui dirige la société de compression d'images Ambarella en Chine, Anoop Ghanwani ingénieur distingué de la Dell Corp., Vijay Srinivasan PDG de la Willow TV International de San Francisco, Rakesh Kushwaha qui fonde la société de télécommunications mFormation aux États-Unis avant de la vendre à Alcatel-Lucent en 2016, Edith C. H. Ngai de l'université d'Uppsala, Toktam Mahmoodi du Kings College de Londres, et Stelios Timotheou de l'université de Chypre.

En 1986, il devient professeur de l'Université René Descartes Paris V, où il crée une École des Hautes Études en Informatique[10] . Il retourne ensuite aux États-Unis, d'abord de 1991 à 1993 comme professeur à l'Institut de Technologie du New Jersey, puis de 1993 à 1998 comme professeur titulaire de chaire et patron du département d'ingénierie électrique et informatique à l'Université Duke et collabore avec la société IBM. De 1998 à 2003, il crée le département d'ingénierie électrique et informatique à l'Université de Floride centrale, en fusionnant des unités existantes et en réorientant leurs travaux, et il a collaboré avec la société Harris[11] et d'autres entreprises.

Enfin, en 2003, Gelenbe rejoint le Imperial College London comme professeur des réseaux[12],[13] et patron des systèmes intelligents et réseaux. Il a aussi formé plusieurs professeurs des universités d'Uppsala, de Chypre, des Universités de Greenwich, de Kings College, de Houston (USA), et des chercheurs de Microsoft, de Dell et de l'industrie financière de Londres.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Membre des académies suivantes :

Prix et médailles[modifier | modifier le code]

  • Grand prix France Télécom (1996)[18]
  • Prix de l'ACM SIGMETRICS (2008)[19]
  • Médaille Oliver Lodge (2010)[20],[21]
  • Prix Dennis Gabor (2013)[22]
  • Prix Mustafa pour les Sciences et les Technologies de l'Information et des Communications (2017)

Récompenses[modifier | modifier le code]

Étudiants de renom[modifier | modifier le code]

  • Jacques Lenfant, normalien agrégé, ancien Président de l'Université de Rennes, membre fondateur de l'Académie des Technologies,
  • Jacques Labetoulle, Centralien, ancien responsable au Centre national de recherches des télécommunications (CNET) et professeur à Eurécom,
  • Philippe Nain, ancien président du comité d'évaluation de l'INRIA,
  • Catherine Rosenberg, Membre de l'Académie nationale du Canada, professeure à l'Université de Waterloo (Canada)
  • Geneviève Jomier, professeure à l'université Paris Dauphine, qui a conçu l'un des premiers systèmes de gestion de base de données relationnelles pour ordinateurs personnels et petits systèmes informatiques, le système PEPIN
  • Alain Kurinckx, ancien élève de l'Institut Montefiore de l'Université de Liège, responsable d'équipes industrielles et ancien Vice President de Division chez THALES, France
  • Guy Pujolle, professeur d'informatique à l'Institut Universitaire de France, Université Pierre et Marie Curie
  • Andréas Stafylopatis, qui a longtemps dirigé le département de génie électrique et d'informatique de la prestigieuse Ecole Polytechnique d'Athènes,
  • Francois Baccelli, membre de l'Académie des Sciences,
  • Brigitte Plateau, normalienne agrégée, présidente de l'Université Joseph Fourier de Grenoble, Directrice générale de l'enseignement supérieur et de la recherche au Ministère des Universités
  • Zhen Liu, ancien élève de l'Université Tsinghua de Pékin, qui fonde et dirige pendant un certain temps le Laboratoire Microsoft de Pékin
  • Volkan Atalay, professeur et ancien Vice-President Recherche (Provost) de la Middle East Technical University d'Ankara
  • Yutao Feng, ancien élève du département de physique de l'Université de Pékin, qui dirige la société de compression d'images Ambarella en Chine
  • Rakesh Kushwaha, fondateur de le société mFormation qui fait désormais partie d'Alcatel-Lucent
  • Georges Hébrail, polytechnicien, chercheur senior au Centre de recherches EDF de Clamart

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Javier A. Barria, Communication networks and computer systems: a tribute to Professor Erol Gelenbe, Imperial College Press, , 1–8 p. (ISBN 1-86094-659-3)
  2. (en) Adrian Gaster, The international authors and writers who's who, International Biographical Centre (ISBN 0-900332-45-X).
  3. (en) Mathematics Genealogy Project
  4. https://www.sigmetrics.org/achievementaward-2008.shtml
  5. http://annales.org/archives/x/gelenbe/gelenbe.html
  6. http://mustafaprize.org/page/?id=20
  7. (en) Erol Gelenbe's Carrier and Contributions, by Ufuk Caglayan
  8. (en) « Biographicon: Erol Gelenbe » (consulté le 29 janvier 2011).
  9. Institut de Recherche Informatique et Automatisme (IRIA) était présidé jusqu'en 1980 par le professeur Laudet (de Toulouse). En son sein, le centre de recherche de Rocquencourt s'appelait le LABORIA et était dirigé par Jacques-Louis Lions. L'équipe créée par Erol Gelenbe à partir de 1972 faisait partie du LABORIA.
  10. (en) « The Computer Science division ».
  11. (en) « Harris Corporation Engineering Center ».
  12. (en) « Minutes of Senate Meeting » [PDF], Imperial College London, (consulté le 20 juin 2009).
  13. (en) « Council: Staff Matters », Imperial College London, (consulté le 20 juin 2006).
  14. « Fellows: Erol Gelenbe », Academie des Technologies (consulté le 12 novembre 2013).
  15. (en) « HAS General Assembly Elects New Honorary Members » (consulté le 12 novembre 2013)
  16. (en) « Profile: Gelenbe, S. Erol », Hungarian Academy of Sciences (consulté le 12 novembre 2013).
  17. « Member: Gelenbe, Erol », Academia Europaea (consulté le 12 novembre 2013).
  18. (en) [PDF] « Prix France Telecom: Laureats de L'Annee 2012 », Academie des Sciences (consulté le 12 novembre 2013).
  19. (en) « ACM SIGMETRICS Life-Time Achievement Award 2008 ».
  20. (en) Chris Edwards, « Profile: Professor Erol Gelenbe », IET, (consulté le 12 novembre 2013)
  21. (en) « The IET Achievement Medal Winners 2013 », IET (consulté le 12 novembre 2013).
  22. (en) « In Memoriam Dennis Gabor Award 2013 ».
  23. « Séance académique de remise des insignes de Docteur Honoris Causa », Universite de Liège, (consulté le 12 novembre 2013).
  24. (en) « DHC2006 : Présentation de M. Erol GELENBE », Universite de Liege (consulté le 12 novembre 2013).
  25. (it) Erol Gelenbe, « Grande Ufficiale dell'Ordine della Stella d'Italia (già Stella della solidarietà italiana) »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Presidenza della Repubblica (consulté le 12 novembre 2013)
  26. Erol Gelenbe, « Décret du 18 avril 2014 portant promotion et nomination », Journal officiel de la République française

Liens externes[modifier | modifier le code]