Erich Klausener

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Erich Klausener en 1933.
Timbre à l'effigie d'Erich Klausener.

Erich Klausener (Düsseldorf - Berlin ) est un haut fonctionnaire allemand catholique, apparenté au parti catholique Zentrum, assassiné lors de la nuit des Longs Couteaux dans son bureau au ministère du Reich aux Transports, à Berlin. En tant que directeur de l’Action catholique à Berlin depuis 1928 il s'oppose à la politique anticléricale d’Hitler. Dans un discours au 32e congrès catholique régional du Brandebourg du 24 juin 1934, Klausener critique la mise à l'écart des adversaires idéologiques du national-socialisme et met en cause la politique raciale du gouvernement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Klausener est né le à Düsseldorf, dans une famille très catholique. Son père, Peter Klausener, était issu d'une famille commerçante d'Aix-la-Chapelle; sa mère, Elisabeth Biesenbachs, d'une famille patricienne de Düsseldorf proche du Zentrum. Erich Klausener poursuit ses études secondaires à Düsseldorf. Il étudie ensuite le droit, à Bonn, Berlin et Kiel, avant d'obtenir le titre de docteur en droit à l'université de Wurtzbourg en 1911. Sa thèse porte sur la présentation systématique et critique du droit d'association des travailleurs en vertu du droit du Reich et du droit régional prussien.

Après ses études, il suit les traces de son père en commençant une carrière dans le service public. Après un premier emploi dans l'administration du Land de Neustadt, en Haute-Silésie, il entre, en 1913, au ministère prussien du Commerce à Berlin.

Pendant la Première Guerre mondiale, il sert comme officier d'ordonnance, en Belgique, en France et sur le front de l'Est. Il est décoré de la croix de fer de seconde classe en 1914, puis de première classe en 1917, année au cours de laquelle il est libéré de ses obligations militaires.

En 1917, Klausener reprend son service dans l'administration de l'arrondissement d'Adenau, dans l'Eifel. Deux ans après, il est nommé Landrat, soit fonctionnaire en chef de l'administration centrale de l'arrondissement de Recklinghausen, le plus important de Prusse. En raison de ses convictions catholiques et de son engagement social, il est surnommé le Landrat rouge.

En 1923-1924, il participe au mouvement d'opposition à l'occupation de la Ruhr par les troupes françaises et belges, ce qui lui vaut une condamnation à deux mois d'emprisonnement.

Début 1924, il travaille au ministère prussien des Affaires sociales ; il est ensuite nommé, en 1926 à la tête de la division de la police du ministère prussien de l'Intérieur. De cette date à 1933, il soutient énergiquement les actions menées par la police contre les activités illégales du parti national-socialiste. Après l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler, Hermann Göring est nommé ministre de l'Intérieur de Prusse. Il écarte immédiatement Klausener en le mutant au ministère des Transports pour faciliter la nazification de la police.

Dirigeant de l'Action catholique depuis 1928 et proche du vice-chancelier Franz von Papen, Klausener contribue à la rédaction du discours de Marbourg prononcé par von Papen le . Même s'il est d'un ton relativement modéré, ce discours critique la violence et la répression mises en place depuis l'accession d'Hitler à la chancellerie.
Lors d'un rassemblement catholique à Berlin, le , Klausener se livre, devant plus 60 000 personnes, à une critique passionnée et argumentée de la répression menée par les nazis contre les opposants, ce qui le fait considérer comme un adversaire du national-socialisme.

Six jours plus tard, c'est sur l'insistance personnelle de Heydrich qu'il est assassiné[1]. Kurt Gildish, chargé de l'assassinat abat Klausener par derrière, d'une balle dans la tête, pendant que celui-ci enfile sa veste[1]. Il téléphone ensuite, de la maison de la victime, à Heydrich qui lui ordonne de maquiller le crime en suicide[1]. Pour Hermann Göring, « ce fut une action vraiment sauvage de Heydrich »[1].

Un monument à la mémoire de Klausener est érigé après la guerre à Berlin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. a, b, c et d Mario R. Dederichs, Heydrich, Tallandier, Paris, 2007, p 80-81