Discours de Marbourg

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le discours de Marbourg (Marburger Rede en allemand) est une allocution faite par le vice-chancelier allemand Franz von Papen à l'université de Marbourg le . Elle est considérée comme la dernière intervention publique contre le nazisme d'un important homme politique à l'époque du Troisième Reich.

Histoire[modifier | modifier le code]

Papen, encouragé par le président de la République Paul von Hindenburg, s'exprime publiquement sur les excès du régime nazi, à la montée au pouvoir duquel il avait lui-même contribué dix-sept mois plus tôt, lorsque Adolf Hitler devint chancelier de l'Allemagne. Le discours de Marbourg appelle à la fin des violences de la SA, dénonce le risque d'une « seconde révolution » et appelle à un retour à la dignité et la liberté.

Le discours a été rédigé par l'un des proches conseillers de Papen, Edgar Julius Jung, avec l’aide d'Herbert von Bose, secrétaire personnel de Papen, et du chef de l'Action catholique Erich Klausener.

Il est prononcé dans le Landgrafenhaus, un des bâtiments de l'université de style 1920 néo-rococo, plus précisément dans la principale salle de conférence. La salle, sous le nom de « salle 101 », existe toujours avec son mobilier d'origine. Le bâtiment appartient désormais à la faculté de droit. Il n'y a pas de plaque commémorative ou tout autre renseignement concernant ce discours.

Le discours, une fois prononcé, rend Adolf Hitler furieux. Son ministre de la Propagande Joseph Goebbels tente d'en éviter la publication. Mis en colère par le blocage de la publication de son discours, Papen insiste sur le fait qu'il parle au nom du président Hindenburg et menace de présenter sa démission du cabinet Hitler, après avoir promis d'informer Hindenburg de la suppression de son discours.

Deux semaines plus tard, au cours de la nuit des Longs Couteaux, Hitler, sous l'influence principalement de Göring et Himmler, fait assassiner par la SS et la Gestapo nombre de ses opposants politiques au sein du parti, parmi lesquels Jung, Bose et Klausener. Le bureau de Papen est saccagé ; lui-même n'est pas tué mais placé en résidence surveillée. Papen présente sa démission de son poste de vice-chancelier ; celle-ci est acceptée une fois la purge terminée. Néanmoins, il continue de servir l'Allemagne nazie en tant que diplomate jusqu'en 1944.

Références[modifier | modifier le code]