Enrique Vila-Matas

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Enrique Vila-Matas
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Enrique Vila-Matas en 2007

Naissance
Barcelone en Espagne
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Espagnol
Genres

Enrique Vila-Matas, né le à Barcelone, est un romancier et essayiste espagnol.

Biographie[modifier | modifier le code]

À dix-huit ans, il commence une série de collaborations pour la revue de cinéma Fotogramas, avec de fausses interviews, qui annoncent ses futurs vrais-faux romans. En 1970, il réalise deux courts métrages puis, l'année suivante, part accomplir son service militaire à Melilla, où il rédige son premier roman publié, Mujer en el espejo contemplando un paisaje (Femme dans le miroir regardant un paysage, 1973). De retour à Barcelone en 1972, il écrit des critiques de films pour des revues.

À cette époque, Barcelone vit les derniers soubresauts du franquisme. C’est pourquoi, en 1974, il décide de partir pour Paris, et s’installe dans une chambre de bonne occupée auparavant par le dramaturge argentin Copi, que lui loue Marguerite Duras dans les combles de son appartement, 5 rue Saint-Benoît. Une période dont il rendra compte, bien plus tard, dans son bildungsroman París no se acaba nunca (Paris ne finit jamais, 2003). Il met à profit ce séjour de deux ans pour écrire La asesina ilustrada (1977), son deuxième roman. Il rencontre entre temps en 1976 Paula de Parme, qui deviendra son épouse.

De retour à Barcelone, il se plonge dans l’intense vie sociale et culturelle de la « gauche divine », jusqu’à atteindre un statut d´auteur « confidentiel » avec un troisième récit, Al sur de los párpados (Au sud des paupières), paru à Madrid en 1980, et un premier recueil de nouvelles, Nunca voy al cine (Je ne vais jamais au cinéma, 1981), avant de devenir un auteur-culte avec Impostura (1984) et surtout grâce à son premier véritable succès, Historia abreviada de la literatura portátil (1985), déjà sous l’aile protectrice de l’éditeur à la mode Jorge Herralde (Editorial Anagrama). Ses textes (romans et recueils de nouvelles) rencontrent un succès d’estime — en Espagne et aussi à l’étranger — qui ne se dément pas au fil des titres, toujours axés sur trois thèmes majeurs : la figure de l’écrivain et sa difficulté, voire son impossibilité, à écrire ; les rapports d’affrontement/soumission, en prolongement de la Lettre au père de Kafka, entre pères et fils ; l’éloignement des autres et de soi-même jusqu’à la disparition.

Dans Una casa para siempre (Une maison pour toujours, 1988), un ventriloque prend congé du monde pour pouvoir assouvir une vengeance amoureuse ; Suicidios ejemplares (1991), se présente comme un manuel du ratage permanent ; Hijos sin hijos (Enfants sans enfants, 1994), aspire à rendre compte du refus obsessionnel de la répétition ; Lejos de Veracruz (1995) est le roman de la haine familiale et de la fuite comme nourriture littéraire ; Extraña forma de vida (Étrange façon de vivre, 1997) exprime le désir de métamorphose qu’habite tout écrivain ; El viaje vertical (2000, prix Rómulo Gallegos), se veut le roman du « désapprentissage » dans un voyage à rebours, vers la non-intention, le non-vouloir, le non-voyage ; Bartleby y compañía (2001), enfin, bercé par le célèbre « I would prefer not to » (Je préfère mieux pas) du personnage de Melville (voir Bartleby), est un parcours empreint de mélancolie vers le non-agir et l´ascétisme littéraire.

Style d'écriture[modifier | modifier le code]

La consécration définitive arrive avec El mal de Montano (2003) qui obtient, coup sur coup, le prix Herralde de novela, le prix Nacional de Literatura, le prix Internazionale Ennio Flaiano et, en 2003, le Prix Médicis étranger. Ce roman est un condensé de l’univers vila-matien, où la littérature devient le personnage principal du récit à travers les deux personnages principaux, un père et un fils atteints de la maladie de la littérature. Une conception pathogène que le romancier devait compléter brillamment trois ans plus tard avec Doctor Pasavento (2005, prix Fundación Lara et prix de la Real Academia Española), où la disparition est traitée comme l’une des modalités de l’écriture.

L’œuvre de Vila-Matas apparaît comme un exercice virtuose et ironique, où l’auteur, tel un funambule confronté au vide d’une « littérature qui parle de littérature », s’installe dans une véritable mise en abîme peuplée d’êtres réels ou fictionnels sur lesquels planent les anges tutélaires de Larbaud, Bove, Walser, Kafka...

Le funambulisme dans la vie est le thème de son livre, Explorateurs de l´abîme, recueil de contes, où brille spécialement Parce qu'elle ne l´a pas demandé, dans lequel l´artiste Sophie Calle est le cœur de l'action.

C'est probablement le caractère anti-traditionnel de son écriture, ainsi qu’une attitude quelque peu provocatrice, que l’on retrouve aussi dans ses chroniques et essais (El viajero más lento, 1992 ; El traje de los domingos ; Para acabar con los números redondos, 1997 ; Desde la ciudad nerviosa, 2000 [version française : Mastroianni-sur-Mer, 2005] ; Extrañas notas de laboratorio, 2003 ; Aunque no entendamos nada (2004); El viento ligero en Parma, 2005), qui font de Vila Matas un « oiseau rare » dans la République des lettres en langue espagnole, à côté du Chilien Roberto Bolaño et de l’Argentin César Aira.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres traduites en français :

  • Abrégé d’histoire de la littérature portative (trad. Éric Beaumatin), Paris, Ch. Bourgois, 1990
  • Bartleby et compagnie (trad. Éric Beaumatin), Paris, Ch. Bourgois, 2002, rééd. 2009.
  • Docteur Pasavento (trad. A. Gabastou), Paris, Ch. Bourgois, 2006
  • Enfants sans enfants (trad. A. Gabastou), Paris, Ch. Bourgois, 1999
  • Étrange façon de vivre (trad. A. Gabastou), Paris, Ch. Bourgois, 2000, Rééd. 2009
  • Imposture (trad. Éric Beaumatin avec le concours de l'auteur), Paris, Ch. Bourgois, 1996
  • La lecture assassine (La asesina ilustrada ; trad. P.-O. Sanchez), Albi, Passage du Nord-Ouest, 2002
  • Le Mal de Montano (trad. A. Gabastou), Paris, Ch. Bourgois, 2003
  • Mastroianni-sur-Mer (Desde la ciudad nerviosa ; trad. P.O. Sanchez), Albi, Passage du Nord-Ouest, 2005
  • Paris ne finit jamais (trad. A. Gabastou), Paris, Ch. Bourgois, 2004
  • Pour en finir avec les chiffres ronds : chroniques littéraires (trad. P.O. Sanchez), Albi, Passage du Nord-Ouest, 2004
  • Suicides exemplaires (trad. Éric Beaumatin)), avec la participation de l'auteur), Paris, Ch. Bourgois, 1995
  • Le Voyage vertical (trad. A. Gabastou), Paris, Ch. Bourgeois, 2002
  • Loin de Veracruz (trad. D. Laroutis), Paris, Christian Bourgois, 2000
  • Le Voyageur le plus lent (trad. A. Gabastou et D. Laroutis), Nantes, le Passeur-Cecofop, 2001. Col de poche Titres, Bourgois editeur 2007)
  • Explorateurs de l’abîme (trad A. Gabastou) Bourgois éditeur, 2008)
  • De l’imposture en littérature (De la impostura en literatura) Vila-Matas / Echenoz. Un dialogue. (Meet, 2008)
  • Journal volubile (trad A. Gabastou), Paris, Christian Bourgois Editeur, 2009
  • Dublinesca (trad. A. Gabastou), Paris, Ch. Bourgois, mars 2010.
  • Perdre des théories (trad. A. Gabastou), Paris, Ch. Bourgois, mars 2010.
  • Vila-Matas, pile et face, rencontre avec André Gabastou (trad. A. Gabastou), Argol, mars 2010.
  • Chet Baker pense à son art (trad. A. Gabastou), Le Mercure, octobre 2011.
  • Air de Dylan (trad. A. Gabastou), Ch. Bourgois, septembre 2012.
  • Impressions de Kassel (trad. A.Gabastou), Ch. Bourgois, mai 2014.
  • Marienbad électrique (trad. A.Gabastou), Ch. Bourgois, septembre 2015.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

  • Bartleby et compagnie : Premio Ciudad de Barcelona (Prix Ville de Barcelone) (2000), Prix au meilleur livre étranger (2000) et Prix Fernando Aguirre-Libralire (2000), traduit en français par Eric Beaumatin
  • Le Voyage vertical : Premio Rómulo Gallegos (2001)
  • Le Mal de Montano : Premio Nacional de la Critica (Prix de la Critique espagnole) (2003), Prix Herralde de Novela (2002), Prix Médicis etranger (2003), Premio del Círculo de Críticos de Chile (2003), Premio Internazionale Ennio Flaiano (2006)
  • Docteur Pasavento : Premio Fundación Lara 2006 et Premio de la Real Academia Española 2006. Premio Internazionale Mondello Cittá de Palermo 2009.
  • Le Voyageur le plus lent (Il viaggatore piu lento) : Premio Internazionale Elsa Morante 2007
  • Dublinesca: Prix Jean-Carrière 2010. (Nimes, France), Prix Leteo décembre 2010. (León, Espagne), Premio Internazionale Bottari Grinzaine. Mars 2011. (Torino, Italia)
  • Air de Dylan : Premio Argital, ville de Bilbao 2012
  • Explorateurs de l’abîme : Premio Gregor von Rezzori 2012. (Firenze; Italia)
  • Impressions de Kassel : Premio Formentor de las Letras 2014 et Prix 2015 de littérature en langue romane de la Foire de Guadalajara (México)


Autres distinctions[modifier | modifier le code]

  • Chevalier de la Légion d'honneur (France)
  • Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres (à Paris le 18 avril 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vila-Matas, pile et face, rencontre avec André Gabastou (trad. A. Gabastou), Argol, mars 2010.
  • Enrique Vila-Matas: Grand séminaire de Neuchâtel, Coloquio internacional, 2 y 3 de diciembre del 2002, Neuchâtel, Université de Neuchâtel, 2002
  • Vila-Matas portátil. Un escritor ante la crítica, Candaya 2007; edición de Margarita Heredia; el libro incluye un DVD con Café con Shandy (30’), charla entre Vila-Matas y Juan Villoro[1]
  • Les exercices spirituels de Vila-Matas par Yves Leclair, in La Nouvelle Revue Française, n°580, Paris, éditions Gallimard, janvier 2007
  • Los espejos de la ficción en V-M. Puebla, México. Ensayos de Felipe A. Ríos Baeza, Christopher D. Michael, Sorina Dora Siminio, Alvaro Enrigue, Rodrigo Fresán, Alejandro García Abreu, J.A. Masoliver Ródenas, Cris Oñoro, J.M Pozuelo Yvancos, Domingo Ródenas Moya
  • Géographies du vertige dans l’œuvre d'Enrique Vila-Matas. Badia, Alain; Blanc, Anne-Lise; Garcia, Mar (éd.). Perpignan: Presses universitaires de Perpignan, 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Página de Vila-Matas portátil. Un escritor ante la crítica en la editorial Candaya con enlaces a reseñas sobre el libro; acceso 03.10.2011