Élisabeth Martens

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Élisabeth Martens
Naissance (59 ans)
Nationalité belge
Pays de résidence Belgique
Diplôme
licenciée en sciences biologiques
Profession
biologiste
Activité principale
thérapeute, essayiste
Autres activités
organisatrice de voyages
Formation
cours de langue chinoise, formation en médecine traditionnelle chinoise, formation en arts martiaux internes
Conjoint
Jean-Paul Desimpelaere

Élisabeth Martens est une biologiste belge, née le [1], spécialisée en médecine traditionnelle chinoise et auteur d'ouvrages sur le Tibet[2] et sur la Chine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Élisabeth Martens est licenciée en sciences biologiques de l'Université libre de Bruxelles en Belgique (1977-1982 [1] ou 1980-1984[3]).

Elle a suivi durant une année des cours de langue chinoise à l'université de pédagogie de Nankin en République populaire de Chine (1988-1989)[1] puis s'est spécialisée durant deux ans, de 1988 à 1991[4], en médecine traditionnelle chinoise: approche théorique de la médecine chinoise à l'université de pharmacologie de Nankin, pratique d'acupuncture et de tuina (massage chinois) à l’hôpital Gulou de Nankin, et une formation en qi gong (gymnastique traditionnelle chinoise) à l'université de médecine traditionnelle de Nankin)[1].

Elle poursuit également une formation en arts martiaux internes avec le maître Tian Liyang qu'elle rencontre lors d'un voyage dans le Wudangshan dans la province du Hubei[1].

Jeunesse, voyages, vie personnelle et professionnelle[modifier | modifier le code]

Élevée dans une famille catholique stricte, Élisabeth Martens connaît une adolescente mystique et noue ses premiers contact avec le bouddhisme tibétain à l'âge de 14 ans dans un des premiers temples dédiés à Sakayamuni ouverts à Bruxelles, à l'époque « baba cool » du début des années 1970 [5]. À 17 ans, elle se tourne à nouveau vers le catholicisme et est tentée d'entrer dans les ordres cisterciens[6].

Elle déclarera avoir mis quelques décennies à se remettre de son éducation chrétienne, au terme d'un long chemin avant de pouvoir dire s'en être sortie, « comme d’une grave maladie qui, de fait, est incurable pour encore un grand nombre d’Occidentaux ». Pour Élisabeth Martens, c'est la rencontre entre la pensée de la Chine (de culture matérialiste) et les sciences occidentales (qui portent en elles leur matérialisme) qui lui a permis de se délivrer du Dieu de ses ancêtres, et des dieux en général[7].

Lors de son séjour en Chine de 1988 à 1991, elle y découvre en 1988[8] ou 1990[9] la culture tibétaine et fait sa deuxième rencontre avec le bouddhisme tibétain au monastère de Labrang dans la préfecture autonome tibétaine de Gannan de la province du Gansu.

Rapatriée en Belgique par le corps diplomatique en juin 1989 juste avant les événements de la place Tian'anmen, elle retourne en Chine en octobre 1989, et poursuit ses études à Nankin et ses voyages à travers la Chine. C'est à cette époque qu'elle rencontre son compagnon de route, Jean-Paul Desimpelaere, ingénieur civil, coadministrateur de l’Association Belgique Chine de 1982 à 1998[10], manager de l'agence de voyage « Belgique-Chine » (1985 à 1998) et président de l'association « Euro-China ».

De retour en Europe en 1991, Élisabeth Martens se dit avoir été saisie du décalage entre le discours sur le Tibet de ce qu'elle appelle « la bienséance politique » et ce qu'elle a constaté sur place[11], et crée l'association "Tian-di" pour promouvoir une meilleure connaissance de la Chine, car elle se dit consternée par l'écart existant entre le discours européen concernant la Chine et la réalité chinoise, ceci principalement à propos de deux événements survenus en 1989 et qui l'ont touché de près, étant en Chine à ce moment-là: le Manifestations de la place Tian'anmen et l’octroi au dalaï-lama lama du prix Nobel de la Paix.

En octobre 1995, elle découvre avec Jean-Paul Desimpelaere la région autonome du Tibet lors d'un voyage de Lhassa vers la frontière de la province du Sichuan et retour en longeant la frontière de la province du Qinghai, puis de Lhassa vers Shigatsé et retour. Par la suite, elle et son compagnon organisent et accompagnent plusieurs voyages dans les régions tibétaines (région autonome du Tibet, Qinghai, Gansu, Sichuan, Yunnan), rédigent ensemble des livres et organisent des conférences[12].

Parallèlement, Elisabeth Martens officie comme thérapeute spécialisée en médecine, massage et gymnastique traditionnelle chinoise. Elle donne également des cours d’initiations aux thérapies traditionnelles chinoises, notamment le Qi Nei Zang (« massage de l'interne »)[13].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En 2008 elle publie, aux éditions L'Harmattan, Histoire du Bouddhisme tibétain, la Compassion des Puissants, livre rédigé à partir d'un travail de documentation auquel a participé son mari Jean-Paul Desimpelaere.

En 2009, elle publie, en collaboration avec son mari, « Tibet : au-delà de l'illusion », aux Éditions Aden.

En 2013, elle publie Qui sont les Chinois ? Pensées et paroles de Chine aux éditions Max Milo.

Opinions[modifier | modifier le code]

Séjournant en Chine à l'époque du printemps de Pékin en 1989, Élisabeth Martens note comme différence « entre l'avant et l'après Place TianAnMen, c'est qu'avant, on ne trouvait qu'un seul shampoing dans les grands magasins d'Etat. Après, on avait le choix entre une bonne douzaine. En quelques mois, les citadins chinois découvraient Palmolive, L'Oréal, Yves Rocher, Panthène, etc. Le Marché libre s'installait insideusement. » [12]

Elle attribue les émeutes de mars 2008 moins à des causes ethniques qu'à la colère sociale de jeunes Tibétains laissés pour compte des progrès économiques de la Chine et désavantagés par rapport aux travailleurs Han mieux formés et plus qualifiés[14].

Pour elle, une scission est de plus en plus évidente au sein de la communauté tibétaine en exil: d'une part, il y a les modérés, dont le dalaï-lama, qui parlent d'autonomie poussée. C'est une fraction majoritaire au sein du gouvernement en exil, et il y a les radicaux qui exigent une indépendance totale. Jusqu'à présent la demande d'indépendance a été sans suite : ni les Nations unies ni aucun pays n'ont jamais reconnu le Tibet comme état indépendant[14].

Critique[modifier | modifier le code]

Elle est présentée comme amie de la Chine et historienne du bouddhisme tibétain[15] dans un entretien au quotidien suisse Le Courrier en mars 2008[16].

Le journaliste belge Philippe Dutilleul, qui a rédigé une série d'article sur le Tibet dans le quotidien belge Le Soir en 2009, signale qu'Elisabeth Martens a écrit un article défendant la politique au Tibet du régime communiste chinois[17].

Après que la revue Sciences Humaines eut publié, en novembre 2011, un entretien avec Elisabeth Martens[18], divers universitaires spécialistes du bouddhisme, dont Marie Holzman, s'indignèrent qu'un journaliste ait interviewé Élisabeth Martens et contestèrent sa légitimité en des termes virulents [19].

Héloïse Lhérété, rédactrice en chef de Sciences humaines, indique concernant les propos d'Elisabeth Martens : « une telle thèse ressemble singulièrement au discours de propagande diffusé par le régime chinois »[20].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Site personnel d'Elisabeth Martens: http://www.tiandi.be/index.php/formateurs/3-formateur-elisabeth-martens
  2. La manipulation de la presse occidentale, sur le site de l'Ambassade de la République populaire de Chine au Mali, , http://ml.china-embassy.org/fra/zxxx/t575419.htm, citation: «  Elisabeth Martens, auteur de plusieurs publications sur le Tibet et le Bouddhisme »
  3. Site personnel d'Elisabeth Martens: http://www.tiandi.be/index.php/medecine-massages/formation-2-ans/11-medecine-massages-formation-courte-2-ans
  4. Débat sur le Tibet, Ce soir (ou jamais !), 23 avril 2008.
  5. http://tibetdoc.org/index.php/accueil/qui-sommes-nous
  6. Elisabeth Martens, "Ma traversée du bouddhisme", juin 2009
  7. Elisabeth Martens, "Ma traversée du bouddhisme", juin 2009, citation « Bref, nous avons reçu une éducation aussi horlogée qu’évangélisée, une éducation de laquelle j’ai mis quelques décennies à me remettre. Je crois que ce sont mes études de biologie qui m’y ont aidé : une fois acquise la compréhension des mécanismes de l’évolution, les dieux des diverses religions se cassent inévitablement la figure devant tant de créativité inopinée. Il n’empêche que l’utérus maternel m’avait gavé d’une culpabilité toute révérencielle. Lorsqu’on a reçu Dieu avec le lait de son biberon, on a beau raisonner, c’est un long chemin avant de pouvoir se dire : « ouf ! je m’en suis sortie », comme d’une grave maladie qui, de fait, est incurable pour encore un grand nombre d’Occidentaux. Il y eut donc des études de biologie à l’ULB, qui m’ont ouvert certaines portes et fenêtres, et puis il y eut la Chine ; et cela fut un excellent mariage !... que je suis encore en train de consommer avec allégresse, curiosité, gourmandise, mais aussi parcimonie, pour faire durer le plaisir. C’est finalement cette rencontre entre la pensée de la Chine (de culture matérialiste) et les sciences occidentales (qui portent en elles leur matérialisme) qui m’a permis de me délivrer du Dieu de mes ancêtres, et des dieux en général. »
  8. "Par une nuit sans lune, tapie dans le fond d'une fourgonette de la voie publique du Henan, j'ai franchi incognito la frontière du Gansu, direction Lanzhou, puis Xiahe. C'était en juillet 1988, une période durant laquelle il n'était pas facile de franchir certaines frontières en République populaire de Chine, ni dans un sens ni dans l'autre. Le chauffeur audacieux m'a fait descendre tout contre le mur du monastère de Labulang (...)" http://tibetdoc.org/index.php/accueil/qui-sommes-nous
  9. Les coulisses de la révolte tibétaine, Élisabeth Martens interviewée par Bénito Perez pour Le Courrier de Genève du 27 mars 2008 : « Je suis partie durant trois années en Chine, après des études de biologie en Belgique, pour me spécialiser en médecine traditionnelle chinoise. J’ai bien sûr profité de mon séjour là-bas pour voyager du nord au sud et d’est en ouest. Un de ces voyages m’a amené pour la première fois dans une région tibétaine (c’est-à-dire habitée, ea, par des tibétains) en 1990, à XiaHe au Gansu, au grand monastère du Bouddhisme tibétain de Labulang. »
  10. Daniel Ernult, Jean-Paul Desimpelaere : Un autre regard sur le Tibet (deuxième partie), Tout sur la Chine, site radio86.com, 10 juin 2008.
  11. Élisabeth Martens, L'exaspération sociale est le ressort du mouvement au Tibet, entretien recueilli par Dominique Bari, L'Humanité, 8 avril 2008.
  12. a et b http://tibetdoc.org/index.php/accueil/qui-sommes-nous/288-elisabeth-martens
  13. http://www.tiandi.be/index.php/medecine-massages/formation-courte/25-medecine-massages-f-qineizang-massage-de-l-interne
  14. a et b Élisabeth Martens, L'exaspération sociale est le ressort du mouvement au Tibet, op. cit.
  15. Benito Perez, Les coulisses de la révolte tibétaine, Le Courrier, 28 mars 2008.
  16. Liberté d’expression et concentration économique, « Benito PEREZ, journaliste au Courrier »
  17. Réponse de Philippe Dutilleul à une Lettre ouverte à Philippe Dutilleul à la suite de ses carnets de route tibétains : « Quant à savoir si le dalaï-lama est sponsorisé par la CIA, il s’agit d’une littérature d’extrême-gauche de propagande, relayée notamment par Mme Elisabeth Martens dont j’ai lu récemment un papier défendant la politique au Tibet du régime communiste chinois »
  18. Entretiens avec Elisabeth Martens : Le bouddhisme tibétain, otage d'un conflit mondial, propos recueillis par Laurent Testot, Sciences Humaines, No 229, août-septembre 2011.
  19. Héloïse Lhérété, Restons zen !, Sciences Humaines, No 231, novembre 2011.« Nous avons reçu quelques lettres enflammées de la part de spécialistes du bouddhisme, sujet dont on soupçonne peu qu’il puisse susciter la polémique. Ces universitaires s’indignent que l’un de nos journalistes ait interviewé Élisabeth Martens, auteure d’une Histoire du bouddhisme tibétain, dont ils contestent la légitimité. « Pour la réputation de votre magazine, je vous encourage vivement à interviewer quelqu’un d’autre… », écrit ainsi Marie Holzmann, sinologue respectée. « Inepte », « désolant », « débile », « confus », font partie des noms d’oiseaux qui ont également atterri dans notre boîte aux lettres. »
  20. Héloïse Lhérété, Restons zen !, Sciences Humaines, No 231, novembre 2011.« Aurions-nous dû accompagner cette interview de davantage de précautions ? Sans doute. Car sur de tels sujets, quand le militantisme, dans un sens ou dans un autre, imprègne le discours des chercheurs, il devient difficile de démêler le vrai et le faux, le savoir et l’opinion. Sciences Humaines aurait ainsi pu présenter le parcours atypique d’Élisabeth Martens, la controverse que son livre suscite, les autres points de vue et enfin le contexte politique qui entoure le conflit sino-tibétain. Par manque de temps et de place, ces précisons n’ont pas été apportées. Voilà qui est réparé. »

Liens externes[modifier | modifier le code]